Voir plus haut l'extrait du Journal de Saint-Gilles
2. « En ce temps-là (mai 1656), le roi s'étant fait lire la septième Lettre provinciale par M. l'abbé Le Camus, l'un de ses aumôniers, qui depuis est devenu évèque de Grenoble a, il y prit un très grand plaisir; et le P. Annat, son confesseur, s'en étant plaint hautement, s'appliqua de tout son pouvoir à empêcher l'impression de ces lettres humiliantes. » (Mémoires inédits à'Hermant.)
a. Il fui plus lard promu au cardinalat.
INTRODUCTION. xxxm
premier Ministre avait été curieux de savoir par lui-même ce que renfermaient ces feuilles volantes que tout le monde lisait. Il avait d'ailleurs assez d'esprit et comprenait assez bien les délicatesses de la langue française pour goûter autant que personne, excepté Mme de Sévigné et peut-être Nicole, l'exquise saveur des petites Lettres1.
Mazarin, il est vrai, ayant, ou croyant avoir à Rome des ennemis ou des envieux qui cherchaient à le faire passer aux yeux du Pape pour Janséniste, se défendait contre cette imputation en s' attribuant trop complaisamment, dans ses correspondances avec l'ambassadeur du Roi près le Saint-Siège et les agents secrets qu'il entretenait à Rome, l'initiative de la plupart des mesures prises en France contre les partisans de Jansénius. Mais au fond le premier Ministre était assez indifférent pour les
1. Les dépêches de Mazarin ont été comme de raison écrites pour la plupart par des secrétaires, Lionne surtout, qui fut son collaborateur le plus éminent et, devenu ministre à la mort du Cardinal, continua pour son propre compte de mettre sa plume habile et féconde au service des affaires. Mais on rencontre fréquemment dans les nombreuses correspondances françaises de Mazarin, conservées aux Archives des Affaires étrangères, des lettres et des notes rédigées ou corrigées de sa main, qui montrent qu'il écrivait notre langue avec une remarquable justesse, tout en y mêlant son orthographe et pour ainsi dire son accent italien.