‹ Edition des œuvres de Blaise PascalChapitre 17 sur 34 · L„ LES PROVINCIALES · texte numérisé non relu

L„ LES PROVINCIALES

n'a pas révélé.... » Page 6, ligne 39 : « .... ne laissent pas de passer outre — » au lieu de : « ne

laissassent pas de passer outre.... » ,

Page 8, ligne 12 : «... Tous les méchants ignorent ce qu'ils doivent faire et ce qu'ils doivent fuir; et c'est cela même qui les rend méchants et vicieux. C'est pourquoi on ne peut pas dire que son action soit involontaire. »

Il y a dans cette dernière phrase une omission qui nuit à la clarté du sens et à la correction grammaticale. Dans les exemplaires de la réimpression, ce passage rectifié se termine ainsi : « C'est pourquoi on ne peut pas dire que parce qu'un homme ignore ce qu'il est à propos qu'il fasse pour satisfaire à son devoir, son action soit involontaire. »

Même page, ligne 36 de la première impression : « on vint à l'avertir. ... » au lieu de : «... on vint l'avertir. »

On pourrait ajouter aux différences de rédaction que je viens de signaler pour ces quatre Lettres, d'autres indications purement typographiques. Ces indices, d'un ordre en quelque sorte matériel, pourraient servir à distinguer en général les uns des autres les exemplaires d'une même Lettre ; mais lors même que l'on parviendrait à se rendre un compte exact du nombre des tirages de chaque Lettre, ce

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résultat n'offrirait qu'un intérêt de curiosité. Une pareille recherche serait donc ici superflue. En résumé, je pense que tous les exemplaires in-4°, pris dans leur ensemble, doivent être considérés, quelle que soit leur diversité, comme une première édition.

Ces Lettres qui avaient été publiées successivement, chacuneavec une pagination distincte, furent, l'année même où parut la dernière, réimprimées par les soins de Nicole dans le format petit in-12, sous ce titre : Les Provinciales ou les lettres écrites par Louis de Montalte* à un Provincial de ses amis et aux R. R. P. P. jésuites sur le sujet de la Morale et

1. Sainte-Beuve, avec la recherche sinueuse et parfois un peu raffinée qui était le faihle de ce rare et sensible esprit, dit après avoir cité le commencement de la Première Provinciale : « Nous retrouvons tout de suite.... l'honnête homme à la mode qui avait sur sa cheminée Montaigne. — Les noms mêmes sembleront le dire : Montalte est voisin de Montaigne. » — Et plus loin : « Il (Pascal) s'alla cacher sous le nom de M. de Mons (encore Montalte) dans une auberge de la rue des Poirées... » Port-Royal, tome III, p. 47 et 60.

Ce rapprochement n'est que dans les mots, et n'a aucun fondement. Pascal, en prenant le pseudonyme de Montalte, n'avait pas plus songé à Michel Montaigne qu'il n'avait pensé au cardinal du nom de Montalte qui figura dans le conclave de 1655. Il s'était uniquement souvenu des

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de la Politique de ces Pères. — A Cologne, chés Pierre de la Vallée 1 657 i . »

Après le titre venait un « Advertissement sur les XVII lettres, où sont expliquez les sujets qui sont traitez dans chacune : » et à la suite de l'Avertissement une pièce de vers intitulée Rondeau aux Révérends pères jésuites sur leur morale accommodante. Cet Avertissement, qui avait été écrit par Nicole, commence ainsi : « L'avantage que toute l'Eglise a receu de « ces lettres qui ont paru sous le nom de YAmy du « Provincial, m'a fait juger qu'il seroit utile de les

montagnes d'Auvergne, du Puy de Dôme, qui lui rappelait sa plus célèbre expérience sur la pesanteur de l'atmosphère.

Le nom de Mons était simplement celui de la grand'mère de Pascal. — Voir la Généalogie publiée dans mon édition des Lettres, Opuscules, etc., des Sœurs et de la Nièce de Pascal. Paris, 1845, in-8.

1. Ce n'est pas à Cologne, mais à Amsterdam, chez Louis et Daniel Elzevier, que cette édition fut imprimée. Pierre de la Vallée n'est qu'un pseudonyme, et il n'y a eu aucun imprimeur de ce nom. C'est ce qui résulte d'une recherche faite à ma demande dans les archives de Cologne, où se trouve un manuscrit contenant la liste de tous les imprimeurs établis dans cette ville, depuis l'époque la plus ancienne jusqu'en 1709.

Divers pamphlets hostiles au cardinal Mazarin et au gouvernement du Roi ayant été imprimés en Hollande, avaient donné lieu à des réclamations diplomatiques. C'est ce qui explique comment les éditeurs et les imprimeurs des Provinciales jugèrent prudent de recourir ainsi à l'emploi du pseudonyme.

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« ramasser en un corps pour les rendre plus durables « et même plus fortes par cette union, parce qu'il « est sans doute qu'elles se confirment et se sou- « tiennent l'une l'autre. C'est ce qui m'a porté à « en faire imprimer ce Recueil, où j'ai joint aussi « quelques autres pièces qui y ont du rapport. »

A la fin du volume se trouvent en effet imprimées avec les mêmes caractères et la même justification, mais sous une pagination séparée, les pièces suivantes : Avis de MM. les Curés de Paris à MM. les Curés des autres diocèses de France, sur le sujet des mauvaises maximes de quelques nouveaux casuisles. — Requête présentée par les curés de Rouen à leur Archevêque. — Table des propositions contenues dans l'Extrait de quelques-unes des plus dangereuses propositions de la morale de plusieurs nouveaux casuistes, fidèlement tirées de leurs ouvrages. — Lettres d'un curé de Rouen à un curé de campagne sur le procédé des Curés de la dite ville, contre la doctrine de quelques casuistes, pour servir de réfutation à un libelle intitulé Response d'un théologien, etc. — Requête des curés de Rouen, présentée à Monsieur l officiai, le 26 d'octobre 1 656 ; et quelques autres pièces ayant également trait à la morale des casuistes.

L'intitulé de l'Avertissement placé en tête de cette édition s'applique, comme on vient de le voir, aux

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dix-sept premières Provinciales seulement, quoique la dix-huitième figure également dans l'édition. Il n'y a pas là une erreur typographique, comme la plupart des bibliographes l'ont supposé, car on voit en lisant l'Avertissement que chacune des dix-sept lettres y est l'objet d'une mention particulière, tandis que la XVIIIe n'y est pas mentionnée. Il est donc permis de supposer que l'édition in-12 de 1657 avait été préparée et mise sous presse pendant que les feuilles in-4° étaient encore en cours de publication ; et il y a tout lieu de penser que Y Avertissement se trouvait écrit et imprimé avant que Pascal eût composé la XVIIIe Lettre, ou du moins avant qu'il l'eût publiée. On avait même pu croire qu'il s'arrêterait après la XVIIe, puisque dans le post-scriptum qu'il y avait ajouté, il disait en s'adressant au P. Annat et faisant allusion aux difficultés qu'on avait rencontrées pour l'imprimer : « Si vous avez peine <c à lire cette Lettre pour ne pas être en assez beau « caractère, ne vous en prenez qu'à vous-même. « On ne me . donne pas des privilèges comme à « vous1 Vous ne me conseilleriez pas vous-

1. Parmi les écrits privilégiés auxquels Pascal fait ici allusion, on peut citer celui qui a pour titre : Les Jansénistes CONVAINCUS D'ERREUR ET DE MENSONGE, en Ce qu'il*

ont soutenu depuis la Bulle d'Innocent X, que les cinq

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« même de vous écrire davantage dans cette diffi- « culte. Car c'est un trop grand embarras d'être a réduit à l'impression d'Osnabruck. »

L'auteur de la première édition in-12 de 1657 avait donc pu présumer que cette édition ne comprendrait que XVII Lettres, et il avait rédigé Y Avertissement en conséquence. Certaines circonstances matérielles attestent même que l'impression du volume était déjà terminée quand la XVIIIe Provinciale parut. En effet cette dernière Lettre y figure, mais elle ne fait pas corps avec les autres ; elle est imprimée en belle pctge\ tandis que les autres ne le sont pas ; il est évident qu'elle a été ajoutée lorsque Y Avertissement était déjà imprimé.

Bientôt après, et la même année, parut dans le même format, le même caractère, et sous le même titre, une nouvelle édition. Cette édition, qui, d'après le titre, aurait paru également à Cologne, chez Pierre de la Vallée, sortait comme l'autre des presses de

propositions condamnées ne sont point de Jansénius.

Par Mre Claude Morel, docteur en théologie de la Société de Sorbonne, prédicateur ordinaire du Roy. — A Paris, chez P. Rocolet, imp. et libr. ordinaire du Roy. — m.d.c.lvii. avec Privilège du Roy, et approbation des Docteurs.

1. Elle commence page 369, tandis que la XVIIe finit à la page 367 dont le verso est en blanc. — De là vient que la dernière page des Lettres est numérotée 398 dans la première édition, et 396 seulement dans la seconde.

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Louis et Daniel Elzevier à Amsterdam. Les amateurs et les libraires la distinguent habituellement de la précédente en faisant remarquer qu'elle porte à la première page les mots Faculté de théologie de Paris au lieu de Faculté de Paris ; et à la page 3 les mots Religieux mendiants, au lieu de Moines mendiants. Mais ces modifications sans importance ne sont pas les seules qui aient été introduites dans cette deuxième édition in-12. Outre un certain nombre de corrections typographiques, on y rencontre beaucoup de petites modifications de style, et on trouve dans la IIe Lettre, page 16, un changement de rédaction assez considérable1. Les deux éditions de 1657 sont d'ailleurs entièrement identiques quant au texte à partir de la Ve Lettre ; et pour la pagination, à partir de la VIe. Enfin il y a encore lieu de remarquer que l'Avertissement, par l'effet d'une simple inadvertance de l'éditeur, ou par suite de la rapidité avec laquelle fut publiée cette seconde édition, s'y trouve reproduit sans aucun changement, en sorte que la XVIIIe Provinciale n'y est pas non plus mentionnée.

1. Voir au sujet de ce changement la note de la page 29 du tome Ier de la présente édition. — Les diverses notes mises au bas des pages des cinq premières lettres indiqueront au lecteur le degré d'importance de tous les autres changements dont il est ici question.

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