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2. Catalogue des livres imprimés de la Bibliothèque du Roy. — Théologie, seconde partie, p. 93, n° 1569.
Dom Glémencet, dans son Histoire littéraire de Port- Royal, a commis la même erreur. Cette histoire, dont je possède une copie, est restée manuscrite.
INTRODUCTION. lxi
Nicole avait réimprimé dans le format in 4° les Provinciales en 1657, c'est-à-dire au moment même où elles finissaient de paraître. Mais, comme à l'appui de son opinion il invoquait le passage même de Y Avertissement qui aurait dû la faire écarter, et qu'en réalité il n'avait sous les yeux qu'un simple recueil des Lettres originales, il est allé jusqu'à prétendre que Nicole avait imité autant que possible le premier tirage, en donnant à chaque lettre une pagination particulière1 . C'était prêter à Nicole une étrange fantaisie, et il eût été singulièrement ébahi si quelqu'un était venu lui proposer de réimprimer les Lettres Provinciales sous la forme d'un fac-similé, alors surtout qu'elles étaient encore aux mains de tout le monde dans leur première nouveauté.
L'opinion émise par M. Lesieur au sujet de la prétendue édition des Provinciales donnée par Nicole dans le format in-4° en 1657 est donc uniquement fondée sur une simple préoccupation de sa part ; elle ne soutient pas le plus léger examen et je n'y insisterai pas davantage.
Ce qui me semble hors de doute, c'est que, parmi
1. Texte primitif des Lettres Provinciales, par Biaise Pascal, d'après un exemplaire in-4° (1656-1657), où se trouvent des corrections en écriture du temps, etc. Paris, Hachette, 1867, gr. in-8° [Avertissement, p. I).
lxu LES PROVINCIALES.
les milliers de lecteurs qui avaient en leur possession les exemplaires primitifs des Provinciales, un grand nombre les conservèrent en les réunissant ensemble en un seul volume. L'édition in-12 de 1657 ayant paru, la pensée vint naturellement à un imprimeur, ou à Nicole lui-même, de reproduire dans le format in-4° le titre et l'avertissement placés en tête de cette édition, pour les ajuster aux recueils factices conservés dans une foule de bibliothèques ; quelquefois même le titre et l'avertissement furent écrits à la main pour le même usage1.
En comparant entre eux les textes de cet avertissement tels qu'on les rencontre en tête des Recueils, on constate qu'ils ne furent d'abord que la reproduction pure et simple du texte qui figure en tête des deux éditions in-12 de 1657. Les XVII pre-
1. On en voit un exemple dans le Recueil des Provinciales in-4° qui se trouve à la Bibliothèque de l'Université (T. H. j. 1). Le titre manuscrit de ce volume a cela de particulier qu'il porte Amsterdam, 1657, au lieu de : A Cologne, chez Pierre de La Vallée, m.d.c.lvii, que porte le titre des éditions in-12 de 1657.11 était évidemment superflu de faire figurer une indication de lieu sur le titre d'un pareil Recueil. Toutefois cette mention d' Amsterdam montre que le possesseur de ce Recueil était bien renseigné sur le véritable lieu où les éditions in-12 avaient été publiées. Il y a sur la garde du volume un nom effacé qui me paraît être celui de Mme Baudouin, qui était liée à la famille de Domat et à celles de Pascal et de son beau-frère Perier.
INTRODUCTION. lxiii
mières Lettres y sont seules mentionnées, et on y laisse subsister les passages, bien qu ils fussent là tout à fait inutiles, dans lesquels il est fait mention des documents qui dans ces mêmes éditions se trouvent réellement annexés aux Provinciales. Un peu plus tard, après que Y Avertissement eut été modifié à l'occasion de la traduction latine des Provinciales et de l'édition de 1659, ainsi que nous lavons indiqué plus haut, on le réimprima dans le même format in-4° avec l'addition relative à la XVIIIe Lettre, mais en ayant soin d'en retrancher la partie qui ne convenait point à un recueil qui ne devait réunir, habituellement du moins, que les Provinciales. Il est vrai que dans la plupart des recueils qui sont parvenus jusqu'à nous, on trouve à la suite des Lettres de Pascal des pièces plus ou moins relatives aux polémiques du temps; mais le nombre et la nature de ces pièces ne sont pas les mêmes pour tous les recueils et varient constamment de l'un à l'autre. Chacun évidemment les composait à son gré, ou suivant les documents qu'il possédait; il en résultait des volumes plus ou moins considérables et dont les Provinciales ne formaient le plus souvent qu'une très minime partie1.