LES PROVINCIALES
Vï
En même temps que paraissait, en 1657, la première édition in-12 dont je viens de parler, la traduction anglaise des Provinciales était publiée à Londres. Une œuvre si complètement contemporaine de celle de Pascal ne saurait être oubliée et le lecteur me saura gré de m'y arrêter en passant, avant d'appeler son attention sur les autres éditions qui furent publiées par Nicole.
Cette traduction ne porte aucun nom d'auteur et les érudits d'outre-Manche ne savent pas d'une manière certaine à qui elle doit être attribuée ; ils n'expriment à cet égard que des conjectures. Le seul écrivain qui ait été généralement considéré en Angleterre comme en étant l'auteur est John Evemoins gros se compose de 354 pages, et le plus volumineux en a 640. Les dix-huit Provinciales et la Défense de la XIIe occupent 160 pages dans le premier et 164 dans l'autre, où la XVIIe, imprimée en plus gros caractères, occupe 12 pages au lieu de 8.
Je citerai encore le volume des Provinciales de la Bibliothèque Mazarine, inscrit sous le n° 12199. On y trouve, à la suite des Provinciales, les lettres que Nicole publia huit ou neuf ans plus tard sous le titre de ÏHérésie imaginaire et les Visionnaires, et diverses autres pièces. Les Provinciales, y compris la Lettre d'un Avocat au Parlement, ne prennent que 180 pages sur 714 dont se compose la totalité du Recueil.
INTRODUCTION. lxv
lyn. Nul n'était en effet plus digne que lui d'une pareille tâche ; et quelle que soit la part qu'il ait prise à la rédaction ou du moins à la publication dans son pays d'une traduction des Provinciales, émanée peut-être de l'un des ecclésiastiques anglais ou irlandais qui résidaient alors en France et étaient en rapport avec Port-Royal, on me permettra, en mentionnant son nom, de faire connaître la place modeste, mais non sans mérite, qui lui appartient dans les relations intellectuelles de la France avec l'Angleterre.
John Evelyn fut un des premiers promoteurs de la Société Royale de Londres. Il occupe un rang distingué parmi les savants et les grands hommes de bien dont s'honore l'Angleterre, et figure à ce titre dans la Biographie des chrétiens éminents. Il avait employé dix années à voyager pour s'instruire dans les pays étrangers et avait résidé longtemps en France à divers intervalles. « Dans ces voyages, dit son biographe, il n'oublia jamais Dieu, et tout jeune qu'il était, il s'était proposé des objets plus graves et plus utiles que ceux qui occupaient ordinairement ses jeunes compatriotes. A Paris, quoiqu'il se fût un moment relâché de ses études, il les avait bientôt reprises, en recherchant le commerce de graves et pieux théologiens, de préférence à