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celui de jeunes cavaliers, qui trop généralement s'abandonnaient à la débauche et à l'irréligion. Il prenait note des sermons qu'il entendait, des matières qui en faisaient l'objet et du caractère religieux qu'il y remarquait, comme ayant pour lui un intérêt particulier1. »
Dans un autre passage, le biographe dit qu'Evelyn s'était en 1644 rendu de Paris à Tours, où pendant plusieurs mois il étudia avec le plus grand soin la langue française.
Un nouveau séjour qu'il fit en 1646 et 1647 à Paris, où il épousa la fille de l'ambassadeur de Charles Pr, lui fournit encore l'occasion de pénétrer plus avant dans la connaissance de la langue et de la littérature françaises. Aussi montra-t-il un goût tout particulier et comme une sorte de vocation pour la traduction des auteurs français. Appelé en Angleterre vers la fin de 1647 par ses affaires privées, il fut témoin des convulsions politiques qui agitaient son pays et devaient bientôt amener la déchéance et la mort du roi. Ce spectacle, qui blessait profondément ses sentiments d homme et de citoyen, fut pour Evelyn l'occasion de mettre au
1. Lives of Eminent Christians. — Ce passage, que je traduis de l'anglais, se trouve page 176 du volume Ier de la 2P édition publiée à Londres en 1836.
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jour le premier écrit que l'on connaisse de lui : Of Liberty and servitude; c'était la traduction d'un petit traité de La Mothe Le Vayer, qui l'avait dédié à Mazarin. Evelyn s'était borné à le reproduire à l'usage de ses compatriotes, en y ajoutant une dédicace et un préambule empreints d'une courageuse sincérité. Parmi les autres ouvrages français qu'il traduisit, nous citerons seulement celui dans lequel, dit son biographe, étaient exposées quelquesunes des erreurs (misdeads) des jésuites'. La traduction est datée de 16642.
Les détails qui précèdent suffiraient pour justifier avec une entière vraisemblance la tradition suivant laquelle la traduction des Provinciales fut
1. Cet écrit anonyme était l'œuvre d'Arnauld et de Nicole et avait paru en 1662 sous ce titre : La Nouvelle Hérésie des Jésuites, soutenue publiquement à Paris dans le Collège de Clermont, par des Thèses imprimées du 12 décembre 1661. Dénoncée à tous les Évesques de France.
2. En voici le titre : Muertripiov xf^ 'Avo^t'aç, that is Another Part of the Mystery of Jesuitism, or the new Hérésie of the Jésuites, publickly maintained at Paris, in the Collège of Clermont, the xu of december 1661, declared to ail the Bishops of France. Printed by James Flescher for Richard Royston, bookseller to his most sacred Majesty. London, 1664.
Evelyn dit qu'il publia cette traduction le 2 janvier 1665 : This day was publish'd that part of the Mysterie of Jesuitism, translated and collected by me tho' whithout my name, containing the imaginerie heresy, etc....
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l'œuvre d'Evelyn. Parmi les écrivains de son temps quel est celui qui aurait eu au même degré le goût et l'aptitude nécessaires pour apprécier l'œuvre de Pascal et la faire passer dans la langue anglaise?
Toutefois je dois faire mention d'un témoignage qui est en désaccord avec les observations qui précèdent. Je le trouve dans l'Avis placé en tête de l'édition des Provinciales publiée en quatre langues en 1684. L'auteur de l'Avis, sans doute afin d'expliquer pourquoi une traduction anglaise ne figurait pas dans ce volume, s'exprime ainsi : « Il y a longtemps qu'elles (les Provinciales) ont été imprimées en Angleterre, traduites en anglois fort élégamment par un Anglois catholique. »
Je ne suis pas en mesure de contrôler l'exactitude de cette assertion, dont la valeur ne peut être contestée jusqu'à preuve contraire en ce qui concerne l'auteur de la traduction ; mais elle n'ôte rien aux divers indices qui portent à croire qu'Evelyn prit part à l'impression du livre en Angleterre.
Cette traduction eut deux éditions, imprimées et publiées à Londres, dans l'espace d'une année. La première parut en 1657, sous ce titre : « Les Provinciales, or The mijsterie of jesuitism, discover'd in certain Letters written upon occasion of the présent différences at Sorbonne, between the
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Jansenists and the Molinists, from january 1656 to march 1657. — Displaying the corrupt Maximes and Politicks of that Society. — Faithfulhj rendred into english. London, 1657, in-18. »
Cette assertion du titre quant à la fidélité de la traduction anglaise est entièrement justifiée. Si l'auteur de ce travail n'a pu exprimer toutes les délicatesses du style de Pascal, il en a constamment rendu le sens avec une consciencieuse exactitude. Il résulte d'ailleurs du rapprochement des textes qu'il a fait sa traduction sur les exemplaires de l'édition originale in-4° des Provinciales et presque toujours sur ceux du premier tirage. Evidemment chaque lettre lui était communiquée dès quelle était imprimée, et c'est ce qui explique la promptitude avec laquelle la traduction fut publiée à Londres. Elle ne l'était pas encore, et était à peine terminée, quand parut l'édition française in-12 imprimée en Hollande en 1657, et c'est à Y Avertissement écrit par Nicole que le traducteur anglais a emprunté les éléments et pour la plus grande partie le texte même de sa Préface.
Quelques mois plus tard parut à Londres une seconde édition de la traduction anglaise1. Elle se
1. Les Provinciales, or the Mystery of Jesuitism discovered in certain Letters, written upon occasion of
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distingue de la première, non seulement par un format un peu plus grand, une impression plus nette bien qu'en plus petit caractère, mais elle présente des changements et des additions qui montrent que l'auteur anglais n'a rien négligé de ce qui pouvait améliorer son oeuvre et la rendre plus instructive pour les lecteurs. La Préface est nouvelle, et à certains égards originale par les informations ou les appréciations quelle renferme. En tête de chaque Lettre figure pour la première fois un sommaire (argument}, fait avec soin, des choses qu'elle contient. Enfin à la suite des Provinciales viennent, sous une pagination séparée, toutes les pièces annexées aux deux éditions françaises in-12 de 1657, pièces mises en anglais, dit le titre, par le même traducteur. On y trouve de plus le Factum des curés de Paris contre l'Apologie pour les casuistes et la Réponse des curés pour soutenir leur Factum1.
the présent différence at Sorbonne, between the Jansenists and the Molinists :
Displaying the pernicious maximes of the late Gasuists. The second Edition corrected; with large additionnals. London. Printed by James Flesher for Richard Royston at the Angel, in Iric Lane. 1658, in-12.
1. Ces deux pièces, publiées au commencement de 1658, avaient été écrites par Pascal.
L'éditeur anglais dit dans un avis au lecteur que le livre
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11 me paraît très-probable, et même presque certain, qu'Evelin se chargea de faire imprimer cette seconde édition, qu'il en écrivit la préface, qu'il en fut en un mot le véritable éditeur. Les controverses qui passionnaient en France tant de graves esprits n'excitaient pas de sa part un intérêt simplement spéculatif, mais singulièrement actif, comme on l'a vu par la traduction qu'il publia en 1664 d'un recueil de pièces contraires aux Jésuites. Je citerai encore la mention suivante, que j'emprunte à son Journal, à la date du 1er mars 1666 : « J'ai donné à Sa Majesté mon livre intitulé : « Les pernicieuses « conséquences de la nouvelle hérésie des Jésuites « contre les Rois et les États1. » Enfin Evelyn publia en 1670 la traduction de l'ouvrage français intitulé : La Morale pratique des Jésuites, etc.*.
était fini d'imprimer quand ces pièces lui sont parvenues, mais qu'il a cru d'autant plus à propos de les joindre au volume, que les Jésuites se proposaient de publier en anglais l'Apologie pour les casuistes.
1. March 1666. Gave his Majesty my book intitl'd « The pernicious conséquences of the new Heresy of the Jesuits against Kings and States. »
Ge livre d'Evelyn était la traduction de l'écrit intitulé : « Les pernicieuses conséquences de la nouvelle théorie des Jésuites contre le Roy et contre V Estât. Par un advocat au Parlement, » publié en 1662. Nicole en était l'auteur.