LES PROVINCIALES. I — A
il LES PROVINCIALES.
« le sujet des disputes présentes de la Sorbonne. » Il était anonyme et ne portait aucune mention soit de lieu , soit d'imprimeur. C'était la première des Lettres que l'on appela d'abord Lettres de l'ami du Provincial, puis en abrégeant Lettres Provinciales et enfin plus simplement Provinciales. Un peu plus tard elles furent aussi connues sous la dénomination de Petites Lettres, et c'est ainsi que les désigne presque toujours, par exemple, Mme de Sévigné. Quant au titre primitif, il paraît que l'auteur y fut étranger : Pascal avait donné à son écrit la forme épistolaire qui était alors fort en usage, mais il avait négligé d'y mettre un titre indiquant à qui il l'adressait : une des personnes chargées d'en assurer l'impression , probablement l'imprimeur lui-même, crut devoir suppléer à cette omission. « Ces lettres, dit Nicole dans Y Avertissement placé en tête des deux éditions in-1 2 qui suivirent immédiatement la publication des feuilles inquarto, ont été appelées Provinciales, parce que l'auteur ayant adressé les premières sans aucun nom à un de ses amis de la campagne, l'imprimeur les publia sous ce titre : Lettre écrite à un provincial par un de ses amis l. »
1. L'assertion de Nicole semble confirmée par cette note, d'ailleurs à peine ébauchée, qui s'est retrouvée dans les
INTRODUCTION. ni
Ce titre figure sur les dix premières Lettres. Les suivantes (et c'est bien Pascal qui a mis cette fois la suscription) sont adressées : les XI, XII, XIII, XIV, XV et XVI aux PP. jésuites, et les XVII et XVIII au P. Annat, de la même Compagnie.
Les Lettres Provinciales se succédèrent à des intervalles plus ou moins rapprochés. La première est datée du 23 janvier 1656. La dix-huitième et dernière porte la date du 24 mars 1657 * . Le 1er juin suivant parut, dans le même format in-4°, la Lettre d'un Avocat au Parlement à un de ses amis touchant l'inquisition qu'on veut établir en France. Cette Lettre, qui figure habituellement à la suite des Provinciales, a été attribuée soit à Pascal, soit à
papiers de Pascal, et fait partie des Pensées que j'ai publiées pour la première fois en 1844 : « Nul ne dit cour- " tisan que ceux qui ne le sont pas ; pédant qu'un pédant ; « provincial qu'un provincial; et je gagerois que c'est l'im- « primeur qui l'a mis au titre des Lettres au Provincial. » (Pensées, fragments et Lettres, etc., tomel, p. 312.)
Peut-être l'imprimeur s'était-il souvenu d'un écrit déjà publié sous ce titre : Lettre d'un jurisconsulte à un provincial de ses amis sur l'usure. Mons, 1598, in-12.
1. On verra plus loin que Pascal s'était un instant occupé de la rédaction d'une XIXe Provinciale, adressée, comme les deux précédentes, au P. Annal. Il n'en existe qu'un fragment, qui a été publié incomplètement par l'abbé Bossut en 1779. On le trouvera à la fin des Provinciales, tome II de la présente édition.