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acte de ses paroles et dans son émotion se laissa aller à

attaquer directement et injurieusement le docteur Filesac.

Mais les docteurs, même les amis de Richer n'en étaient pas

encore arrivés à ne pas tenir compte des volontés royalas.

Roguenant n'hésita pas à mettre aux voix la nomipation d'un syndic. Filesac fut élu à runanimité. Notification en fut faite aux huissiers royaux, et six docteurs furent chargés d'aller informer la reine de la manière dont on avait exécuté ses ordres.

Suivant le contenu des lettres patentes, les docteurs arrêtèrent aussi qu'à l'avenir le syndic de la Faculté n'exercerait sa charge que deux ans ; à condition qu'à la fm de la première année il demanderait à la Faculté si elle trouvait bon qu'il continuât sa charge.

Sur la proposition de Filesac qui se plaignait de la manière dont Richer avait rédigé les actes de la Faculté, il fut convenu qu'à l'avenir les syndics n'écriraient plus seuls les conclusions, mais que tous les ans on élirait quatre docteurs chargés d'en surveiller la rédaction.

Ce ne furent pas les seules résolutions prises en cette importante assemblée , où la majorité fut considérable contre Richer et ne se laissa pas surprendre. 11 fut décidé qu'on remercierait Richer de ce qu'il avait fait en son syndicat, mais non pas de son livre, de ecclesiastica et poliiica Poiestate^ non plus que de la protestation contre les lettres du roi, lues dans cette même assemblée et remises aux mains du doyen. Il était enjoint à Richer de ne pas publier cet écrit sous peine d'être expulsé de la Faculté. Enfin, rassemblée chargea une commission de reprendre à Richer lea archives de la Faculté.

Après avoir pris ces mesures sévères l'assemblée se sépara sans trouble.

Que ces conclusions durent être pénibles à Richer I C'é-

tait la Faculté elle-même qui désavouait d'une manière détournée (car la défense du' Parlement de s'occuper en Sorbonne du Libellas subsistait toujours) , mais toutefois d'une manière claire, les doctrines de Richer. La Faculté blâmait ses protestations, le menaçait d'expulsion, lui donnait pour successeur son principal adversaire; elle n'hésitait pas à adopter des résolutions qui impliquaient une condamnation formelle de sa gestion. L'un des rares, peutêtre le seul, et certainement le premier objet des affections de Richer, c'était la Faculté de théologie, et la Faculté de théologie le frappait sans pitié!

Il y aurait eu de quoi abattre une âme moins fortement trempée. Ce nouveau déboire ne fit que rendre Richer plus âpre à la lutte.

Quel sentiment doit-on éprouver en présence de ces caractères indomptables que la défaite rend plus al tiers et qui ne savent pas se résigner ? Faut-il admirer leur indéfectible vigueur? Faut-il redouter leur obstination qui remet sans cesse toutes choses en question? Nous n'avons ici qu'à déplorer une opiniâtreté qui rendait Richer sourd à tous les conseils de soumission et qui faisait de ce prêtre un danger pour l'Eglise, de ce docteur de Sorbonne un scandale pour ses frères.

11 ne fut pas, à ce moment, plus que dans les autres circonstances, accessible aux considérations de la conscience et au respect de l'autorité légitime. Il ne pensait qu'à se relever de son dernier échec*

11 était de ceux qui estiment que rien n'est perdu tant qu'il reste quelque ressource et il préparait sa revanche.

Dernières résistances de Richer.

Persécution des Hichéristes.

L'antique usage de la Faculté voulait que les conclusions (1) de rassemblée des docteurs ne fussent valables qu'autant qu elles étaient confirmés dans la réunion du mois suivant. Sage mesure, bien propre à prévenir les entraînements et les irréflexions! Rrcher consacra le.mois de septembre à travailler les docteurs et à leur demander d'adoucir les conclusions prises contre lui. Quelques-uns étaient d'avis d'accorder cette satisfaction au malheureux

(i) Qu'était-ce qu'une conclusion de la Faculté de théologie ? C'était une délibération faite dans une assemblée où tous les Docteurs étaient invités, et confirmée dans une autre assemblée. Cette confirmation était si essentielle, que jamais délibération n'a été regardée comme une conclusion de la Faculté, à moins qu'elle n'ait été rédigée et confirmée dans une seconde assemblée.

Nous avons consulté pour établir le récit qui va suivre le volume intitulé ; « Recueil de plusieurs actes remarquables pour l'histoire de ce temps, » (s. 1. n. d.) pièce in-Zi**, Ce volume contient.

i** Procès-verbal des huissiers du conseil, touchant l'exécution des lettres patentes du 27 d'août 1612, par eux faite au collège de Sorbonne le 1" de septembre 1612.

2° Conclusiou de la Faculté de théologie de Paris faite au collège de Sorbonne le 1*' de septembre 1612.

o» Protestation et déclaration faite par maistre Emond Richer Docteur et syndic de la Faculté de théologie, le même jour, insérée en ladite conclusion.

4** Conclusion de la Faculté de théologie de Paris faite au collège de Sorbonne le 1" d'octobre 1612.

5" Actes et protestations de Richer du l^»" octobre 1612.

syndic. Le JNonce fit entendre qu il importait d'en iinir et de ne pas s'exposer à des recommencements perpétuels. Filesac, comprenant que l'assemblée d'octobre serait décisive, et ne voulant pas se fier aux retours de Roguenant en faveur de Richer, faisait venir d'Orléans son ami Hugues Burlat le plus ancien des docteurs de Sorbonne subsistants. D'autre part, Richer se voyait abandonné de ses protecteurs. Le chancelier était irrité de son obstination, Verdun mécontent de n'avoir pas été écouté, le Parlement inquiet et indécis, les princes en disgrâce et hors de Paris, Servin désarmé. Richer était réduit à ses propres forces. 11 n'en engagea pas moins la lutte suprême avec résolution. Il se présenta à l'assemblée du 1" octobre armé de toutes les pièces que la procédure du temps pouvait mettre à sa disposition. Dès que le doyen Burlat eût donné lecture des conclusions du mois de septembre, Richer lui remit une protestation contre des conclusions qui, malgré les ordres du Parlement, avaient flétri indirectement le LibelluSi et au mépris des lois divines et humaines avaient enlevé à Richer le droit de publier sa défense personnelle sous peine d'exclusion de la Faculté. Burlat ne manqua pas d'accepter la protestation ; il allait signer le procès-verbal du mois précédent, lorsque Richer introduisit deux notaires qui firent lecture à l'assemblée d'un appel comme d'abus. On était disposé à la patience. Burlat donna acte sans entrer en discussion. Mais il était clair que la délibération ne pouvait continuer en de telles conditions et Filesac proposa à la Faculté a de prier maître Edmond Richer de sortir de l'assemblée, vu qu'il n'était

pas raisonnable qu'il fût présent aux délibérations qu'on devait faire de lui et de son fait. » Pour toute réponse, Richer fit rentrer les notaires afin de signifier à la Faculté qu'il s'opposait à ce qu'on délibérât sur la proposition de Filesac. L'assemblée ne fut pas plus émue de ce nouvel acte que des précédents et elle allait délibérer, lorsque Bicher « mit dans les mains desdits notaires un cahier contenant huit rôles, dont sept sont entièrement écrits, et sur le huitième sont huit lignes et demie, le tout écrit, signé et paraphé dudit Richer, qu'il a dit être les moyens de récusation, tant en général qu'en particulier, contre quelques docteurs de ladite Faculté. » {Syndicat^ p. 182.) Cette fols, la Faculté perdit patience : elle ne se sentit pas de force à supporter la lecture des huit rôles. De plus Richer, par l'abus des récusations et des prises à partie, devenait ridicule. Boucher disait spirituellement à cette occasion : « Je crois que son conseil du Palais lui avait dit : que prendre quelqu'un à partie, même ses juges, était un souverain secret, pour épouvanter ceux qui ne s'y connaissent pas... Je m'ébahis qu'il n'a pris à partie tous les curés de Paris qui ont publié la censure. » {Gimont^p. 99.) Cette drôle exhibition de paperasses ne pouvait finir que par une scène grotesque. Les notaires s' apprêtant à lire l'interminable factum de Richer furent aussitôt entourés par les docteurs sortis de tout calme, qui les interpellaient avec véhémence. Harlay profita d'une éclaircie « pour tirer à part Perler l'un desdits notaires : il lui dit à l'oreille que tout ce qu'on faisait contre Richer était par exprès commandement du roi, et que s'il n'empêchait la chaleur de

rassemblée, et eux et Richer feraient accablés de coups de poings et de pieds, tellement que d'un procès civil, il en naîtrait un procès criminel. » {Syndicat, p. 184.) Les honnêtes tabellions, ayant peur d'être maltraités par les sages et vénérables maîtres, s'esquivèrent vivement. Leur départ mit fin à l'échauffourée. Les conclusions furent adoptées à la presque unanimité. La conduite de Richer avait ôté toute énergie à ses vrais amis. L'insuccès avait déjà éloigné les autres.

Richer essaya en vain, dans les assemblées suivantes, de se relever et de tenir tête à ses adversaires. 11 ne réussit qu'à braver sans péril une assemblée qui, le respectant encore dans sa disgrâce, lui épargna l'expulsion dont il avait été menacé et qu'il venait de mériter par la publication des actes et documents relatifs aux derniers différends (1).

(1) « On vient d'imprimer, dît Ubaldini, tous les actes secrets et tous les décrets faits dans la Faculté sur la déposition de Richer. On y a joint son livre apologétique. On peut croire que ce travail sort de la maîn de Richer. » Ubaldini parle probablement des recueils que nous avons cité précédemmenC : note i de la page /iO/(.

Si Ton veut se rendre compte de l'importance qo'Ubaldinret la cour de Rome donnaient à l'afTaire de Richer, il suffit de faire le relevé de quelques-unes des dépêches adressées par le nonce au cardinal Borghèse, pendant l'année 1612 (Mss. ItaL de la Bih. Nat,)f tome III, p. 209. Il annonce la censure du livre de Richer, faite en concile provincial.

— Ibid^ p. 219. Ubaldini mande que la censure de RicheiP avait été fort avantageuse au siège apostolique, mais que la Régente avait été obligé de compter mille écus à Servin pour îul fermer la bouche.

Malheureusement, tout ne se termina point là et parmi les adversaires de Richer il v en eut un certain nombre qui, après Tavoir réduit à l'impuissance, travaillèrent à lui infliger un châtiment rigoureux. Ne soyons pas injustes à l'égard de ces hommes de bien qui, obéissant aux lois et aux mœurs de leur temps, voulaient punir par des peines temporelles des erreurs de doctrine. L'union de l'Eglise et de l'Etat se trouvait être si intime que toute faute contre la religion était en même temps un crime contre l'ordre so* cial. En jugeant les hommes de cette époque, il ne faut jamais oublier qu'ils faisaient partie d'une société essentiellement religieuse, et qu'ils n'étaient pas plus hésitants à sévir contre les révoltes ecclésiastiques que nous ne le sommes à sévir contre certaines prédications antisociales,

— ]bid, p. 225. Ubaldini fait part des difficultés que rencontre Marie de Médecis dans les questions religieuses : son zèle pour éviter un schisme; son souci défavoriser TEglise.

— 229. Prudence avec laquelle il faut agir dans l'affaire de la censure de Richer.

— 235. 11 parle des difficultés que rencontre de la part du Parlement là déposition de Richer.

269. Il raconte les protestations de Richer à la Faculté de théologie contre sa déposition, son appel au Parlement Instance d'Ubaldini auprès de la reine afin qu'elle ordonne qu'on ne tente aucune entreprise.

— 289. Il informe le cardinal Borghèse que Richer est définitiment déposé et dans l'impuissance de faire une opposition quelconque. Il se loue de la reine et de la Sorbonne.

— 303. Il envoie une réponse faite au livre de Richer. Ubaldini s'élève avec une extrême force contre l'ouvrage du sectaire.

— 307. Il envoie un exemplaire de l'ouvrage de Guttier : « De reteri jure ponlificis urbis Romœ. Il loue extrêmement l'auteur.

— 315. Efforts inutiles de Richer après sa déposition.

— 356. Publication de recueils par Richer.

Mais les répressions violentes pour cause d'erreur doctrinale tendaient peu à peu à disparaître. Sans doute, à ce moment- même, Vanini était brûlé à Toulouse, Tabbé Dubois était livré par la Régente à l'inquisition de Rome, le poète Théophile était poursuivi à Paris et à grand*peine mis hors de cause : ce ne sont là que les dernières étincelles de la vieille rigueur. En montant sur le trône, Henri IV fit une révolution prodigieuse qui ne mit pas seulement la tolérance dans les lois, mais qui donna le goût et l'habitude delà douceur. On demandait souvent à cet habile monarque de sévir contre ceux qui ne spéculaient pas avec orthodoxie en religion et en politique. Il se contentait de répondre que les tortures n'étaient plus de ce temps, et il habituait les autres, par son exemple, à la mansuétude et à la patience. Il ne put si bien faire qu'il ne restât encore d'anciennes habitudes de répression violente. C'est ainsi qu'après la déposition deRicher, Harlay et quelques-uns de ses amis ne parlaient de rien moins qued'ôter à l'ancien syndic la grande maîtrise de son collège, et de l'embastiller rigoureusement. Quand ils parlèrent de ce projet au chancelier, le prudent Sillery, plus imbu qu'aucun des autres ministres d'Henri IV des pensées de douceur et de patience du grand Roi se contenta de répondre à ces gens échauffés, de son air le plus glacial, que si l'on n'excédait pas ce qui était porté par les lettres patentes du Roi, il soutiendrait l'arrêt du conseil :' sinon, non. 11 n'en fallu pas davantage pour faire tomber toutes les velléités de persécution. La parole du chancelier ne fut pas toutefois du goût de Tévêque de Paris, qui se plaignait hautement

de ce que le chef de la justice lui avait manqué de promesse : « Ce vieuj renard, disait-il, nous avait promis de faire mettre le syndic à la Bastille comme criminel de lèse-majesté ; mais le méchant qu'il est, il s'est moqué de nous I » {Syndicat^ p. 116.)

Bien que l'opinion de quelques grands personnages ait été fort hostile, à ce moment, à l'ancien syndic, nous n'ajoutons qu'une médiocre foi au récit suivant qui pourrait n'avoir été autre chose qu'une rumeur sans fondement, exagérée par l'émotion de Richer : « Pour dépêcher l'expédition de Richer on s'adressa à des coupe-jan-ets du duc d'Epernon ; mais aucun ne voulut se dévouer à tuer ce syndic. Et un jour, M. de Vertamont, conseiller de la Cour, qui voyait souvent M. d'Epernon chez le président Séguier, s' étant informé de Richer s'il avait écrit ou dit aucune chose du duc d'Epernon : « Comment, dit Richer, sait-il bien que je sois au monde? ou peut-il être d'un si grand loisir que de penser à un pauvre écolier comme moi ? Certainement, j'ai appris de bonne part, que deux hommes de sa suite se sont volontairement offerts pour me venir tuer ; qu'ils viennent; ils me trouveront sans aucune crainte de la mort. — Mais, répliqua M. de Vertamont, d'où provient donc la haine que M, d'Epernon a contre vous? -^11 est fort aisé de le deviner, dit Richer. Ce seigneur fait le catholique zélé et voit souvent le nonce du Pape, l'évêque de Paris et les Jésuites, auxquels il entend parler de Richer comme de quelque grand hérétique; et les gens de ce seigneur pour complaire à leur maître s'offrent de sacrifier Richer à sa colère. » {Syndicat^ p. 114.) Qu'il y ait eu de

vives paroles prononcées, il est probable ; le duc d'Epernon était entreprenant et gascon. Mai» il n'était pas moins avisé en conduite qu'intempérant en langage, et il ne nous paraît pas qu'il ait eu assez d'intérêt à l'assassinat de Richer pour qu'il ait sérieusement pensé à s'attirer les poursuites passionnées du Parlement de Paris.

Grâce à Dieu, ces barbares desseins n'eurent aucune suite, et l'esprit d'humanité n'a qu'à s'en applaudir. Cependant Richer a eu à subir quelques conséquences de son obstination, et l'esprit de discipline est satisfait, que la révolte d'un homme d'Eglise ne soit pas entièrement restée impunie dans l'Eglise.

Il fallait, en effet, s'en remettre à l'évêque de Paris du soin de réprimer le Richérisme. Gondi était un ferme évêque, plein de zèle pour les bonnes doctrines. Dès que la censure du Libellus eût été prononcée, il travailla à lui faire produire ses effets pratiques.

Il résolut de ne plus nommer aux bénéfices de son diocèse les ecclésiastiques convaincus de Richérisme.

Il se trouva que Richer fut l'un des premiers atteints par la décision de Gondi.

Un des droits les plus précieux des docteurs de la Faculté de théologie, consistait, en vertu de privilèges accordés par les souverains Pontifes, à être pourvus des bénéfices vacants en certains mois de l'année. Le docteur devait se faire inscrire sur le rôle des collations, tenu par l'Université: il désignait les bénéfices qui étaient à sa convenance : si quelqu'un de ces bénéfices venait à vaquer pendant les mois de janvier ou de juillet, le docteur pre-

mier inscrit en était pourvu de droit. L'Eglise n'avait pas cru devoir moins faire poui* encourager la science et les études ecclésiastiques.

Richer s'était inscrit en 1602 pour un canonicat de Notre-Dame de Paris. 11 n'y eut d'occasion favorable pour lui qu'en Tannée 1612. Au mois de juillet de cette année, 'un des chanoines décéda, et Richer étant le premier inscrit au rôle, pour un canonicat de Notre-Dame, le bénéfice lui appartenait de droit. Richer étant déjà sous le coup d'une condamnation doctrinale, l'évêque de Paris avait une raison suffisante de lui refuser l'investiture canonique (1). Mais par des raisons qui nous échappent et qui ne peuvent être que judicieuses, s'il faut en juger par l'événement, Gondi préféra ne pas invoquer la cause d'indignité. 11 argua de défaut de droit et il conféra le canonicat vacant à Sébastien Le Bouthilier, depuis évêque d'Aire. 11 en résulta un long procès qui s'engagea non plus entre Richer et son compétiteur, mais entre l' Université qui revendiquait la conservation de ses privilèges, et l'évêque de Paris, soutenu par un certain nombre de prélats français. Les questions de principe furent toutes tranchées en faveur de l'Université. Mais quand il s'agissait pour Richer d'entrer en possession, il trouvait toujours sur ses pas le père de son compétiteur, et surtout son frère, Claude Le Bouthi-

(1) « I eu après une prébende de régJise ^cathédrale de Paris ayant vaqué au mois des gradués nommés, et lui devant appartenir de droit comme au plus ancien, elle lui fut refu.^ée, étant réputé indigne d'être admis en une si célèbre compagnie. >• (-fîwtoire de la mèieet du fils, In-12, p. 185, 1730.)

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lier, alors conseiller au Parlement, qui fut depuis l'un des hommes d'Etat les plus renommés du règne de Louis XIII. Richer avait trouvé ses maîtres en procédure et il expia ses abus de papier timbré. M. Jourdain, dans cette Histoire de V Université qui a mérité du monde savant l'honneur d'être consultée et suivie comme un document de première main , rapporte un amusant passage des manuscrits de JRicher où l'infortuné plaideur raconte comment, traîné de juridiction en juridiction et d'incidents en incidents par la chicane de ses adversaires, il dût, pour retrouver quelque paix, accorder à l'évêque de Paris la joie de ne pas le compter au nombre des chanoines de Notre-Dame et renoncer de lui-même à tous ses droits en faveur de Le Bouthilier.

Cette triste campagne juridique" lui coûta gros et dura jusqu'en 1615.

Ea même temps qu'il écartait le chef, Gondi ne s'épargnait pas sur les disciples. Le docteur Fusi s'était signalé parmi les plus chauds partisans de Richer. L'intempérance de son zèle donna lieu d'examiner de près sa conduite. Elle était de tout point répréhensible. Pour éviter des poursuites que l'état de ses mœurs rendait dangereuses, Fusi quitta précipitamment sa cure de Saint-Leu et se réfugia à l'étranger. On ne lui en fît pas moins son procès, et par jugement définitif il fut interdit et exilé du royaume. Le malheureux, réduit à l'extrême misère, se fit huguenot.

Gondi était aidé dans son travail d'épuration par tous eux qui avaient autorité dans l'Eglise de Paris. La chaire

d'hébreu vint à vaquer au collège de France. Palma Cayet en était le titulaire et avait désigné avant sa mort le docteur Jérôme Parent comme le seul capable de tenir la chaire avec succès. Parent avait même déjà le brevet de sa nomination : mais sur ces entrefaites Parent prit*parti pour

Richer. C'en fut assez pour qu il ne pût obtenir les lettrespatentes qui pouvaient seules donner de la valeur à sa nomination. Duval conseilla à son confrère de 'passer par le cabinet du Nonce qui lui ferait délivrer sans délai l'ordonnance royale. En digne disciple de Richer, Parent oréféra renoncer à sa chaire que de faire chose qui eût Fair de porter préjudice à ce qu'il croyait être la vérité. Duperron aussitôt informé du zèle de Parent pour le Richérisme s'empressa de faire sceller des lettres pour un professeur moins gallican. Le collège de France dépendait alors du grand aumônier.

(f Les mêmes inconvénients sont arrivés, dit Richer, à une infinité d'autres docteurs et bacheliers, lesquels on disait que Duval contraignait d'abjurer le Richérùme^ terme diabolique de division et dissension, lequel il a malicieusement inventé et publié. Et de plus il défendait à tous les docteurs et bacheliers de voir Richer, ni fréquenter les AichéristeSy s'ils désiraient avoir les bonnes grâces des prélats pour être employés î ce que plusieurs, par ambition ou par nécessité, étaient contraints de faire. Et beaucoup de personnes gémissaient voyant que la Uberté ancienne de la Sorbonne était changée en une geôle de l'inquisition par les factions de Filesac et de Duval ; celui-là ayant promis summatibus (ce sont les grands) de faire que

ci-après aucun ne suivrait Topinion de Richer. » [Syndicat^ p. 188).

Richer est excusable d'employer de si gros mots : il était aigri par ses nombreux insuccès. Au fond, il ne nous déplaî pas d'apprendre de lui-même que pour ramener les Richerisies qui étudiaient sur les bancs de la Sorbonne. Duval secontentait d'employer les moyens de persuasion et de discipline les plus légitimes. Qui oserait blâmer Gondi et les évêques de France d'avoir refusé leur confiance aux partisans d'une erreur hautement condamnée par l'Eglise?

Nous venons de raconter les diverses péripéties de la lutte qui se termina par la déposition de Richer. Mais il importe de préciser le caractère de cette défaite afin d'en comprendre toute l'importance.

Ainsi que nous avons eu occasion de le dire plusieurs fois, ce premier débat porta exclusivement sur le gallicanisme ecclésiastique.

Richer présenta à ses contemporains l'ensemble des doctrines hiérarchiques enseignées par les vieux maîtres de Sorbonne, Gerson, Pierre d'Ailly, Almain et Major.

L'analyse qu'il en avait faite était exacte et la synthèse puissante. Mais la Faculté de théologie de Pai'is n'en était plus à accepter les doctrines en honneur au temps des Conciles de Bâle et de Constance. Dès que l'ancien gallicanisme lui apparut, elle le repoussa avec énergie. Tel est le premier caractère, caractère essentiel de la réprobation dont l'œuvre de Richer a été l'objet. Le gallicanisme primitif était irrémédiablement abandonné.

Un second caractère de cette grave controverse^ c'est que

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e gallicanisuie muclenie, le gallicanisme modéré auquel Bossuet a attaché son nom, ne s* était pas encore dégagé des doctrines excessives des anciens sorbonnistes. En 1612, la discussion n'a pas réussi à dégrossir la richérisme. Quelques docteui's, plus pénétrants que les autres, Gamache et Filesac, par exemple, en condamnant les excès, font bien quehjues réserves sur certaines thèses essentielles, sur les thèses qui plus tard seront reprises et affirmées par les auteurs de la Déclaration de 1682. Mais la séparation entre Toutré et le modéré ne s'accentue pas encore suffisamment. Les réserves de Gamache et de Filesac sont hésitantes. Le richérisme représentait en gros tout le gallicanisme, et le romanisme lui était opposé en gros. A ce moment, les partisans de l'un et l'autre système sont tout d'une pièce. On n'en est pas encore arrivé aux distinctions et aux transactions. Ceux qui combattent Richer sont ultramontains. Ceux qui le défendent acceptent le gallicanisme de Gerson On ne discerne pas l'entre- deux. On est tout pour l'un ou tout pour l'autre.

il en résulte cette conclusion : au commencement du dix-septième siècle, la Fiance, représentée par l'élite de son clergé et de ses théologiens, acceptait dans son ensemble la doctrine romaine. L'entreprise de Richer se heurtait à une opinion fortement établie. La rénovation du gallicanisme gersonien s'opérerait sur un terrain mal préparé. Elle ne pouvait qu'être rejettée avec horreur.

Toutf^fois l'entreprise de Richer ne laissait pas d'avoir produit quelques résultats. Un certain nombre d'esprits

attardés, ou chagrins, ou imbus des préjugés de la Réforme, accepta le système gallican. La secte ne put pas se développer librement, mais elle conserva le dépôt. Lorsque le jansénisme envahira la France, lorsque les piéjugés nationaux s'uniront à la passion politique contre la Papauté, le richérisme sera là et profitera de toutes les occasions pour aggraver les dissidences. Puis viendront les esprits modérés qui chercheront à dégager Tessence du système et à le débarrasser de ses excès. Bossuet fera une part au Richérisme et essayera de le rendre inoffensif. Mais la logique est plus forte que le génie de Bossuet. Dès que les rapports entre la France et la Papauté seront difficiles, le gallicanisme de Bossuet reviendra fatalement au gallicanisme de Gerson. Les efforts des esprits modérés n'y pourront rien. L'arbre tombera du côté où il penche. Quand la Révolution voudra organiser l'Eglise gallicane, elle ne s'arrêtera pas à la Déclaration de 1682 : elle reculera immédiatement jusqu'au Libellus.

11 semble que Richer prévoyait le sort de sa doctrine. Aucune condamnation ne décourageait sa confiance. Il reconnaissait autour de lui les éléments qui devaient concourir au triomphe de son œuvre. Un jour, au collège de Sorbonne, il n'y put tenir et, au milieu de ses adversaires qui se félicitaient* d'avoir anéanti son œuvre, il jeta un cri d'espoir et un défi audacieux : Reviviscet aliquando dodrina mea! Parfois cependant l'indignation et la tristesse envahissaient son âme et il disait avec amertume : In medio regno jura regni tuèor^ et exul fio !

NOTE

DU CHAPITHE SEPTIEME

Jean Boucher,

Nous reproduisons ici une ootice sur un des hommes les plus i remuants de )a Ligue, mais sur lequel les biographies sont ordinairement très-mal renseignées :

Joannes Buchœrus, vulgo Boucher, Parisiis ex antiqua et nobilissima hujus nominis familia ortus, Pra^sidibus Budœo et Christophoro Thuano, de litteris et uni versa Gallia meritissimis, cognatione devinctus, ut alios omittam Tiiuanos, Raguerios, Poj^nantios, Picartos, Violées, Brissonetos, Mariées, Ilectoras, Mallardos, Anjoranos, et Furnerios, quibus eadem sanguinis propinquitate j une tus fuit.

Yisus est ab ipsismet incunabiiis magnum sibi patefactum ad virtutem, ac litteraturam iter habuisse, eu m felici quodam nomine,ab Jeanne Bertrando eminentlssimo cardinali, et Senonum archiepiscopo, ac Galliarum cancellario, de sacro fonte susceptus» et proprio nomine insignitus fuit.

Is a doctissimo viro Jeanne I^revost tune Sorbonae baccalaureo, postea viro doctore, ac sancti Severini Parisiensis pastore, primum in humanioribus litteris» deinde in philosophiois excultus, animum statim adjunxit ad sacram theologiam ; quibus in omnibus studiis cum mirum in modum profecisset Rhemensem scholam adiit, atque in eadem humaniores litteras toto biennio, tum triennio sequenti superiores disciplinas professus est.

Interea summum in hac Rhemensi academia magistratunl adeptus, christianissimum Francise et Polonise regem Henricum^ hiJÛus nominis III, tune temporis ibidem inaugurandum elegantl oratione salutavit, rursusque coram eodem rege, et alias la curla vectigalium pro servandis prsedictse académies immunitatibus, summa qua pollebat eloquentia, peroravit.

Oenique liis artibus, îngenii sui et sapientise testimonia exhibuit, quse tandem eminentissîmum cardinalem Carolum a Lotharingia, Rhemensium archiprsesulem litteratissimum impulerunt, ut illius probîtati, ac doctrinse Franciscum Lotbaringum, suum ex fratre Guysiano nepotem, designatum, nîsi fata invidissent, successorem eommitteret : atque illa quidem fiierunt prima velut initia Joannis BuciiGeri, tune vixdum adolescentîse metas e^ressi.

Gum autem in Parisiensis academise gremium redeundi tempu$ arripuisset, statim sese in docendis ex schola Burgundorum philosopbicis disciplinis exercuit : hincque a sorbonicis exceptas hospesanno 1576; etJiujus domus societate anno sequenti 1577 donatus, ad theologiam publiée legendam in coUegio Grassinorum tune recens Lutetlse instituto, succinxit adhuc ipse baccalaurseus; atque in eo munere cum laudein plurimam adeptus esset, tandem prier sorbonicus, simul et academise rector factus anno 1581, * tiieologise postmodum laurea doctoral! donatus est anno 1582 ; tumque secundo theologiam legit 1583 in scholis sorbonicis.

Ab eo tempore Sancti Benedicti LutetiaB rector, totum se dedit concionibus sacris, quas habuit in tanta hominum frequentia, tanto cum eloquentise apparatu ut omnes divini verbi prsecones facundia, eruditioûe, pietate, caeterisque corporisetanimi dotibus longe suporaverît et quœcumque tandem in oratore christiano, eoque praestantissimo desiderari possunt in se habuerit

His tamen tot^ tamque praeclaris animi dotibus et virtutibus singulariter ornatus, habuit etiam suos naevos; scilicet homo fuit, doctus ille quidem, piusque,.sed quem pietatis amor dum credulum invenit, etdecipi facllem, fere dixerim, fecit impium; sic enim licet eum vocare, qui sublimioribus potestatibus non modo resistere, sed et plebém imprudentem, et verbis et scriptis adversus easi temerario impetu commovere conatus est; nisi forte hanc labem ea excusatione avortât, qua usus est apostolus, quia ignorans fecit, zelo ductus religionis catholicse, sed non secundum scieatiam; hinc autem factum, ut quem gerunt principes gladiuni, înerito Veritus ad extéros sese receperit.

Ab his humanissime exceptus, et canonicus atque archidiaconus tornacensis, nec non censor librorum in Belgio factus reliquum Vit8B tempus egit in pace.

Fuerat olim proCancellarius in academia Parisiens!, Antonio buvivier canbellarise munus gerente.

dcripsit plurima cum latine tum gallice, quibus eloquentise suae, fôt ingenii, et eruditionis spécimen exhibuit. Orator disertus, poeta

facilis, philosophas subtiiis» profundus theologus ; ejus sunt opéra quse sequuntur :

V Orationes panegyricae candidatorum theologise quas vulgo paranymphos vocant anno lô69 : eas cum habuisset coram eminentissimo cardioali Lotharingo, dixisse fertur postea ipse priaceps, neminem se unquain audivisse cum Buchœro comparandum. Atqueilla ipsa causa fuit cur eumdem statim> licet adolescentem adhuc, Rhemos idem cardinalis advocaverit, suoque nepoti Francisco Lotliareno prieceptorem instituent.

2" Orationes alise partim Rhemis, partim Parlsiis habitas ; de quibus supr».

3" Carmen ad P. Bocherium in suam Caroli, et Francisci Principum Lotharingorum, De litterarum et armorum conjunctione hislor /am, Parisiis 1577.

k" Nœniam in obitum serenissimi, ac generosissimi Principis Francisci aLothariugia Rhemorum archipraesulis designati. Sic incipit :

Sic visum est buperis, nec to foitiiiia nioratur. Quid prosunt lacriniœ?

£i additum est carnieo in tumulum Francisci cjusdem ; necnou et ipsius tumulus. Parisiis 1577.

50 Carmen ad populum Meldensem in homilias Hugonis Burlat. Parisiis 1578.

6° Carmen ad P. Michonum senatorem Parisiensem. Parisiis 1578.

70 Oratio habita in senatu 16 martii 1781, pro jure Pergameni cum rector esset academise Parîsiensis, dicata Christophoro Thuano summo Parisiensis senatus prœsidi, édita Parisiis ex typographia Dyonisii a Prato, eodem anno.

8" De justa Henrici III abdicatione e Francorum re^no, libri IV. Parisiis apud Nicolaum Nivellium 1589. Hoc opus lubens cum nonnullis sequentibus prsetermîsissem, nîsi ejus mentionem fecisset Augustus Thaanus (lib. Histor. 95) ; cujus quia nullus est qui non subscribat judicio, nolim hinc aliter a me relatum, quam ex ejus sententia, ejusque verbis:

« Librum, inquit, scripsit Buchœrus de justa Henrici III abdicatione, nomen suum professus apud Nicoiaum Nivellium caracteribus clegantibus expressum, neque dum, cum rex vivere desiit, consummatumi quo non aiiud flagitioslus toto illo effrsenatae

licentiae tempore publicatum est eoque Rabula impudentissimus : innumera dictii fœda, et auditu horrenda, per summam calumniam régi aflangebat, propter quae eum tanquam a communione Ecclesite, ipso jure exclusum, omni jure regni exeidisse, et légitime abdicatum, ac tandem juste Dei judicio et impulsu interfectum esse coUigebat.* » Hœc sententia et censura Buchœri.

9* Ejusdem farinae sunt sermones novem ab eo habiti in ecclesia parocluali S. Mederici Parîsiensis. et editi apud G. Chaudière, et R. Nivellium anno 1593. Quorum titulus Gallicus iste est Sermons de la simulée conversion et nullité de la prétendue absolution de Henri de Bourbon, etc, Dicati sunt, cardinali Placentino, legato apostolico.

W Eidem, sunt qui tribuant alium Irbrum oui titulus: De justa reipublicœ christianœ in reges impios et kœreticos authoritate^ justissimaque catholicorum ad Henricum Navarrœum^ et quemcumque hasreticum a regno Galliœ repellendum confederatione; dicatum Iluci Mayennensi, ac editum Parisiis apud Guilelmum Bichonium

Alii tamen volunt ejus authorem fuisse Ludovicum d'Orléans advocatum Parisiensem; atque îsti forte ipelius, si ex stilo conjicere licet, qui non videtur esse Buchœri : hic tamen oportuit referri, ne incuriae, vel spontané» omissionis argueremur. Verum ut ad meliora transeamus.

llo Laudandi sunt hymni sacri prsecîpui, iique élégantes a b ipso compositi in laudem S. virginis Ursulae, martyris ac sanctarum ejus sodalium.

Probati illi primum Parisiis authoritate episcopali, cœperunt publiée in officio harum martyrum decantari in Sorbona, deinde a monialibus Ursulanis passim per Galliam usurpati : demum in diœcesibus non paucis admissi et in breviariis editi sunt, Incipiunt :

Punge lingua gloriosi Virginum certaminis, etc.

12° Scripsit de Aarone, si ve de vitulo aureo Francise! Moncaei epistolas duas: unam ad ipsum IV^oncseum; alteram, eamque cum prolixam, tum certe doctissimam, amplissimo, et clarissimo DD. Christophoro ab Assoulevilla equiti aurato Altsevillae, et Boucantii domino. Utramque Moncseus prsemisit operi a se edito Atrebati typis Guilelmi Riverii anno 1603.

13* Orationem quoque funebrem Philippi régis Hispaniarum hujus Domine secundi, quam in ejusdem exequiis in îDsigni Ecclesia Tornacensi die Lun» 26 octobris 1598 habuit, dicavltque principibus Alberto et Isabell» Eugenias, Antuerpise ex offîclna Plantiniana, 1600.

14* Epistolam prœterea doctam et elegantem ad Petram Lausselium de utroque problemate circa Oyonisium Areopagitam ; altero sitne Parisiorum antistes; altero an sint ^vriaia quse ejus nomîne circumferuntur opéra. Hœc epistola intégra refertur ab eodem Lausselio in disputatione apologetica de S. Dyonisio; scripta est autem Tornaci Kalendas mail 1615.

15* Opus Gallicum, cui hune titulum fecit : Couronne mystique, ou Armes de piété, contre toutes sortes cTimpiété, hérésie, athéisme, schisme, magie et mahométisme par un signe ou hiéroglyphique mysté» rieux fait en forme de couronne, autant rare et ancien que divinement décomert en nos jours avec dessein sur ce sujet de milice, ou chevalerie chrétienne contre tous mécréants, spécialement contre le Ture ; ceuvr^ pleine de variété et mélange, tant de doctrine divine et humaine que de l* histoire saciée et profane et remarqués de choses rares» Le tout divisé en cinq livres,

Editus est liber Iste Tornaci, 1623, diôatumque Gregorîo XV Summo Pontifici ; tum regibus et principibus Ghristianis et iterum ibidem editus i62/i : oblatus est regibus et principibus, speciatim vero duobus fratrlbus duplici affinitate conjunctis, regum omnium Ghristianorum maximîs.

Porro ejusdem coronsG raysticae brevem et succinctam appen dicem author ipse subjungit, tam latino quam gallico sermone lib. V. cap. 22. Hsec latine sic incipit : « Quo nihil est majus, etc. Gaterum cum librorum in Belgio censor esset Buchœrus, plures pêne innumeros approbavit maximQ autem librum a Jeanne Floydo Societatis Jesu sacerdote, sub nomine Nicolai Sraithaei scriptum, cui titulus : — Modesta ac brevis discussio aliquarum asseriionum D, doctoris Kellisoni : — unde a Petro Aurelio maie exceptus in responsione ad octo causas Spongiae praearabulas.

Vide Michaelem Thyriotum oratione 21 ' — Thuanum lib. historisB 95 et sequentibus : et ex recentioribus Hermanum Larmelium in Spongia : et Petrum Aurelium modo citatum.

lllud autem omittendum non est quod de Buchœro diximus supra, institutum illum fuisse a cardinali Lotliaringo, Francisco de Lotharingia praeceptorem, de classico intelligendum est, non de domestico : ad id enim muneris vocatus fuit Nicolaus Bûche-

rus, ut ex ipsius historia De lUterarum et armorum conjunctione satis liquet.

Obiit Joannes Buchœrus ïornaci anno 1646 fere centonarius, cum per annos integros septuaginta Sorbonici nomeo gessisset, beneficium quod sciam nemini a Deo datum. (Meunier, Scriptores Sorbonici, n" 186. Historia Sorbonœ^ n® 190.) Mss. de la Bib. de l'Arsenal.

u Magister Joannes Bucherius, doctor Parîsiensîs et nunc ecclesiastes Tornacensis ecclcsise, alîquot opuscula gallica partim sub Pauli Gimontii, partim sub Pompeli Ribemontii nomine edidit, quibu3 libellis baud me aliter quam de hseresi suspectum conta* minât. «(Richer, Defemio^ p. tx.)

Le mystère d'infidélité^ commencé par Judas Iscarioth^ premier sacramenlaire, renouvelé et augmenté d'impudicité^ par les hérétiques ses successeurs et principalement par ceux de ce temps, par Pompée de Ribemont, S^ d'Espinay, vicomte d'Aisne^ etc. (Chalons, 1614, in-8% 231 pages.) Ouvrage écrit en style macaronique, plein de détails libres.

Avis sur l'appel interjeté par M. Edmond Hicher, docteur et cidevant syndic de la Faculté de théologie à Paris, de la censure de son livre intitulé : De ecclesiastica et po/itica potestate, par Paul de Gimont S' d'Esclavolles. 1612, in-8° de 107 pages.

Contient :

r Censure du concile de Paris.

2° Relief d'appel de Richer.

3' Requête à la cour par Richer.

4° L'avis de Gimont.

On a un autre avis du S' d'Esclavolles sur le plaidoyer de La Martilière en la cause des Jésuites.

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