‹ Edmond RicherChapitre 5 sur 22 · VIT · texte numérisé non relu

VIT

Paranymphes, — Collation de la Licence,

Sur la fin du carnaval (1), c'est-à-dire quelques semaines après, on les avertit de se trouver un certain Jour, qui est ordinairement un dimanche, à l'officialité, où ils viennent inviter, en four* rure, M. le chancelier de l'Université accompagné de plusieurs docteurs à leurs paranymphes (2), le lendemain ou le jour que les

(1) Le dimanche de la Sexagésime, toute la licence, en fourrure, so trouva dans la salle de rOfficialité, où le chancelier se rendit après les vÊpres de Notre«Dame, accompagné de plusieurs chanoines. Il se mit dans le fonds de la salle, les chanoines qui étaient comme lui en surplis, à sa di'oite, et un nombre de docteurs ayant à leur tête le syndic, et, en robe, à sa gauche. Vis-à-vis du chancelier était M. Brillon, docteur en Sorbonne, et tout autour, sur les bancs, les bacheliers de licence debout et découverts, et un grand nombre d'étrangers. M. Brillon chargé de présenter la licence au chancelier, prononça un très -beau discours latin ; la latinité en était pure et élégante. On remarqua dans ce discours plusieurs traits vifs et ingénieux, des allusions fort délicates, et plusieurs beaux exemples tirés de l'antiquité; ce qu'il dit sur les travaux d'une licence; le détail où il entra sur les matières que l'on étudie et tout ce qu'il remarqua qui avait rapport à la théologie fut très-applaudi. Il finit par les louanges de la licence qui furent trouvés très-délicates. Ce discours soutenu par l'agrément de la déclamation plût beaucoup.

M. Pirot, chancelier, en fit ensuite un autre qui fut fort étendu, et qui était plein de passages de l'Ecriture, de sentences des Pères, et de quantité de choses fort propres au sujet dont il était alors question. Personne ne parle mieux latin que ce docteur. Il sait toutes les finesses de la langue latine, et il les mit bien en usage dans cette .occasion. Enfin, M. Bobet, doyen de la licence, et qui était derrière les chanoines, fit un petit compliment au chancelier et aux autres docteurs pour les inviter aux Paranymphes. Il y eut beaucoup de traits dans ce compliment qui furent trèsapplaudis. Cette cérémonie finit par la distribution de plusieurs grands bassins de confitures que l'on distribua avec abondance au chancelier, aux chanoines et aux autres docteurs. {Mercure Ga/an^, septembre 1709, p. 35.)

(2) Il y a apparence et c'est le sentiment des auteurs que les Paranymphes de Sorbonne tirent leurs origines de la cérémonie qu'on faisait autrefois à Athènes pour donner sux nouveaux philosophes le manteau philosophique, au sujet duquel TertuUien a écrit son traité, de Pallia, Il fallait que le nouveau philosophe, habillé d'une manière extraordinaire, essuyât

cours supérieures le Châtelet et THÔtel-de- Ville, leur ont marqué (1), ils vont tous en corps et sous peine de très-grosses amendes, inviter tous ces corps à leurs paranymphes. Le présenté des Jacobins, car chaque corps des mendiants, ont des places marquées dans chaque licence, harangue tous les tribuoaui^ pour îes y inviter.

te jour des paranymphes (2), tous les bacheliers sont obligés

pendant trois jours entiers, les insultes et les railleries du peuple et même des honnêtes gens ; la modération et la fermeté contre ces sortes de succès étaient le prix auquel on mettait, à Athènes, le célèbre manteau philosophique, qui était le premier honneur du doctorat. {Mercure Galant^ octobre 1709, p. 69.)

(1) Le lundi de la Sexagésime, la licence so trouva au palais à sept heures du matin, les bacheliers en fourrure, pour inviter toutes les chambres du Parlement aux paranymphes, auxquels elles assistaient sans doute autrefois. MM. de la grand'chambre étant entrés, Thuissier fit entrer MM. les bacheliers Le P. d'Arcet Talné, comme présenté des Jacobins, porta la parole en latin, et il faut remarquer que c'est toujours le présenté des Jacobins qui la porte en ces occasions. Le discours du P. d'Arcet roula sur la protection que le Parlement de Paris avait toujours accordée aux sciences, sur l'accord qu'il y avait entr'elles et les lois, sur les louanges de ce premier corps du royaume, et sur la fin des travaux de la licence. M» le premier président répondit aussi en latin ; son discours prononcé avec beaucoup de dignité, reçut de grands applaudissements; les conseils qu'il donna à la licence furent très-solides et très-judicieux, et il invita MM. les bacheliers à se préparer à de nouveaux combats auxquels ils allaient être exposés. Ensuite, selon la formule ordinaire, il dit en français, que la cour se trouverait aux paranymphes, comme à Vaccoutumé^ c'est^à dire, qu'elle n'y irait point du tout, car elle n'y va jamais. On doit encore remarquer que les bacheUers sont debout et découverts, que MM. du Parlement leur parlent assis et couverts, et ne se découvrent ni quand ils en* trent, ni quand ils sortent.

De la grand'chambre, la licence alla à la Tournelle criminelles etc.

(On peut voir dans les n"* de septembre et octobre 1 709 du Mercure Galant^ les détails des pérégrinations de la licence à travers le Palais de Justice. Les bacheliers se rendirent dans chacune des chambres qui composaient le Parlement. Le P. d'Arcet prononça treize discours latins difi'érefHs auxquels les présidents de chambre répondirent en latin comme avait fait le premier président. Le lendemain, mardi, la licence alla au Châtelet et à THôtel-dc- Ville pour faire ses invitations. Tout se passa selon le cérémonial usité pour le Parlement. On ne manqua pas de donner aux bacheliers l'assurance qu'on se rendrait aux paranymphes « parole qu'on exécuta aussi fidèlement que les autres cours exécutèrent celle qu'elles avaient donnée le jour précédent. » {Mercure Galant^ octobre 1709, p. 39.) A l'Hôtel-de-Ville, les harangues furent faites en français.)

(2) Le mardi au soir, on fit les paranymphes des ubiquistes dans l'école de théologie des Pères Cordeliers, qui était magnifiquement décorée.

de s'y trouver, d'y écouter ce qu'on a*à leur dire d'obligeant ou de critique, et d'y répondre. Chaque maison fait ses paranymphes à part, mais en des jours différents; c'est à-dire, la maison de Sorbonne, celle de Navarre, les ubiquistes et les réguliers et cela remplit ordinairement la semaine de la Sexagésime; on met tous les paranymphes à des jours différents afin que les docteurs et les bacheliers puissent assister à tous. Le lieu où ils se font, est très-illuminé, fort orné, et rempli d'une grande quantité de monde. Le syndic et un grand nombre de docteurs y assistent en fourrures et en robes et à la fin on y distribue de grands bassins de confitures, ainsi qu'on fait à l'officialité quand on va inviter à cette cérémonie M. le chancelier (1).

M. Poirier, bachelier de la licence, avait été choisi par les ubiquistes pour faire cette cérémonie, n l'ouvrit par une harangue latine qui fut très-belle; on y remarqua beaucoup d'érudition, quantité de passages des orateurs romains, et enfin un grand nombre de pensées brillantes convenables au sujet. A la prose succéda un grand poëme qu'il récita aussi avec beaucoup de grâce. Ce poëme roula sur une fiction fort ingénieuse. Le poëte supposait d'avoir vu en songe plusieurs divinités, et surtout le dieu des vers, qui lui avait fait de tendres reproches sur l'oubli que l'on faisait de lui dans la Faculté de théologie. Cette fiction fournit un jeu fort agréable à l'assemblée. Ce prélude étant fini, M. Poirier commença à paranympher, et M. l'abbé de Saint-Aignan fut le premier paranymphé ; on y détailla toutes les grandeurs de la maison de Beauviller ; on y loua beaucoup tous les grands hommes sortis de cette maison; M. le duc de Beauviller surtout fut très-célèbré, et l'abbé qui faisait le sujet de ce discours, qui fut mêlé de prose et de vers, fut très-loué, et en cette occasion on lui rendit toute la justice qu'il méritait. M. l'abbé de Saint-Aignan répondit avec beaucoup de modestie à toutes le6 louanges qu'on lui donna et fit connaître en môme temps par sa réponse qu'il était également bon orateur et bon théologien. Les autres que M. Poirie:- devait paranympher le furent ensuite tour à tour, ce qui forma un jeu fort divertissant, soit par les vérités que le paranymphé disait et qu'on lui disait. Une plaisanterie surtout qu'il fit au sujet du livre de l'histoire de la Congrégation de auxiliis^ dont l'emprunt donna lieu à une petite supercherie, fit fort rire l'assemblée, de môme que ce qui fut dit sur le Traité de la prière publique. On donna, à la fin, des confitures à tout le monde, ce qui se fit aussi les jours suivants. M. le syndic y assista, aussi bien que les jours suivants, accompagné de plusieurs docteurs. Les deux appariteurs se trouvèrent, suivant la coutume, à tous ces paranymphes pour y rétablir l'ordre et pour y appeler chaque bachelier par son nom lorsqu'il fallait le paranympher. Celui qui fait les paranymphes a une robe d'écarlate doublée d'hermine, un bonnet sur la tête, et il a le privilège de parler couvert, un espèce de mortier à la main et assis sur un trône de cinq ou six marches. Les bacheliers, au contraire, répondent debout et découverts. {Mercure Galant Octobre 1709, p. 40 et suiv.) (1) Sous la dénomination d' ubiquistes, se rangent les réguliers et les

Après les paranymphes ou donne aux bacheliers un mandat de M. le chancelier de la Faculté pour se trouver à la chapelle de l'archevêché le lundi gras pour y recevoir sa bénédiction et y prendre le degré de licencié, et jusqu'alors ils sont licentiandi.

Le lundi gras, tous les bacheliers étant assemblés dans la chapelle de l'Archevêché (1), et M. le chancelier étant arrivé, fait lire par Tun des deux appariteurs (ce sont les trésoriers de la Faculté et ceux qui ont soin des actes ; mais qui ne sont point

docteurs des collèges particuliers, comme ceux du collège du Gardinal-Lemoine, de celui des Cholets, et de celui de Laon. {Mercure Galant^ août 1709, p. Six.)

(1) Le lundi gras, 20 février, qui était le lendemain des paranymphes de Navarre, la licence se trouva, en fourrure, dans la salle de l'Archevêché. A neuf heures du matin, M. Pirot, chancelier de la Faculté, y vint en surphs (étant chanoine de Notre-Dame) accompagné de plusieurs chanoines qui sont aussi docteurs . La licence rangée des deux côtés, les bacheliers debout et découverts, il fit une harangue où il détailla avec assez d'étendue tous les devoirs d'un théologien ; il fit voir que rien n'est si beau que de les remplir avec fidélité et exactitude ; mnis que rien aussi n'est si honteux à un théologien que de devenir le prévaricateur de son ministère et d'en trahirles devoirs les plus essentiels; il fit voir ensuite que de la fidélité et de la pratique de ces devoirs dépendent la conservation du dépôt de la foi : la pureté de la doctrine de l'Eglise, et la régularité des mœurs. De là, il conclut que l'unique application de ceux qui l'entendaient, devait être désormais de nourrir en eux les principes qu'ils avaient puisés dans l'école de théologie de Paris ; de ne pas laisser éteindre les lumières dont leur esprit venait d'être éclairé ; et de ne jamais oublier les maximes qu'on leur avait inspirées dans cette longue carrière. Il leur représenta ensuite que le degré de licencié qu'ils allaient recevoir était pour eux un nouvel engagement pour travailler à la vigne du Seigneur ; que ce grade qui allait leur donner de l'autorité et leur procurer la confiance des fidèles, devait animer leur zèle et leur donner une nouvelle ardeur pour tout ce qui appartient au ministère d'un théologien. Tout ce qu'il dit sur ce sujet fut trèscurieux, et on ne peut s'exprimer en plus beaux termes ni avec plus de grâce que le fit ce docte chancelier. L'adieu qu'il fit, surtout, à la licence, fut trèstouchant ; il dit à MM. les bacheliers que « c'était pour la dernière fois qu'il les u voyaittous assemblés ; qu'ils allaienttous, au sortir de là, se disperser pour « ne jamais se revoir tous ensemble ; qu'il leur demandait quelque part dans « leurs prières, et qu'il les priait d'être persuadés tous en particulier qu'il « ne les oubUerait jamais, et qu'il se souviendrait d'eux tous les jours de « sa vie» » Il leur dit ensuite en finissant son discours plusieurs choses obligeantes et gracieuses qui touchèrent fort tous ces messieurs.

Le discours fini, le chancelier dit à M. de Champveille, premier appariteur, d'appeler tous les bacheliers par leur nom et leur surnom, suivant leur rang et le lieu qui leur avait été assigné quelques jours auparavant par les docteurs assemblés par commissaires pour ce sujet, chez M. l'abbé du Pin, leur confrère. {Mercure Galant^ octobre 1709, p, 53 et suiv.)

docteurs) la liste des licenciés, et à mesure qu'on les nomme ils passent, font la révérence à MM. les docteurs, et vont se ranger selon leur rang : c'est ce qu'on appelle la distribution des lieux (!)• Après cela, M. le chancelier les fait tous mettre à genoux, et au nom du Pape, dont il fait la fonction de vicaire apostolique en cette occasion, il leur donne la bénédiction apostolique et leur confère le degré de licencié, et c'est alors qu'ils en prennent la qualité (2).

Doctorat,

Le jour qui précède la prise du bonnet (3) ou quelques jours auparavant, car on met l'intervalle qu'on veut, on soutient un acte qu'on nomme Vesperies : il dure trois heures et demie. On prend un jeune homme qui soutient dans le même temps un acte qu'on nomme Expectative^ parce que c'est comme un essai qu'on fait de ses forces, ou une attente du baccalauréat. VExpectative dure deux heures, et les bacheliers de licence ou d'autres qui n'en sont pas argumentent contre le candidat. C'est le grandmaître du Vespérisant qui ouvre la thèse de, l'Expectative; on appelle grand-maître le docteur qui prend soin des études du

(1) Le premier lieu se donne au mérite ou à la qualité, surtout lorsque ces deux qualités sont jointes ensemble ; quand il y a des princes ou des iiis de ducs dans la licence, ils ont toujours le premier lieu. Les deux autres sont ordinairement donnés aux deux prieurs de Sorbonne. Le quatrième lieu appartient à un bachelier de la maison de Navarre. Le onzième est toujours pour un régulier. Et le reste on le donne au mérite ou selon ce qu'il plaît aux docteurs qui règlent la chose. {Mercure Galant^ août 1709, p. 82.)

(2) Il faut remarquer que si, pendant les deux années de licence on avait quarante absences dans chaque année, c'est-à-dire qu'un bachelier eût manqué à quarante grands actes, tels que sont majeure, mineure et sorbon-> niques, il perdrait la licence, car pour les autres actes comme tentative, vesperies, doctorerie et résompte, on en est quitte pour des amendes pécuniaires. {Mercure Galant^ août 1709, p. 74.)

(3) Jusqu'au mois d'octobre, les licenciés ne peuvent prendre le bonnet de docteur qu'au rang qui leur a été marqué ; ne pouvant y avoir, de droit, qu'une doctorerie par semaine; celui qui a le premier lieu, prenant ordinairement le bonnet après Pâques et avant le dimanche de Quasimodo. {Mercure Galant^ août 1709, p. 78.)

Si on veut prendre le bonnet avant son rang et avant le mois d'oc^bre, où l'on ne suit plus d'ordre, il faut demander dispense à la Faculté et en expliquer ses raisons. {Meirure Galant^ septembre 1709, p. 23.)

bachelier et qui signe toutes ses tlièses. Le reste du temps de cet acte est pour le Vespérisant. Des docteurs (il n'est pas nécessaire qu'ils soient résumptés) argumentent contre lui. Sa thèse est sur l'Ecriture et l'Expectative sur les attributs. A six heures, si c'est le soir, ou à midi si c'est le matin, le grand-maître prononce un discours latin à la louange du licencié qui doit prendre le bonnet le lendemain ou bientôt après. Le bonnet se prend toujours le matin et alors, pour la première fois, le nouveau docteur préside à un acte qu'on appelle Aulique, et qui est soutenu ordinairement par celui qui a soutenu l'Expectative. Voici l'ordre de YAulique. Après que le chancelier ou le sous-chancelier a donné le bonnet au licencié qui est déjà en fourrure (1) de docteur et qui est couvert pour la première fois, il fait une harangue; le nouveau docteur en fait aussi une, après quoi il ouvre la thèse de son candidat par trois questions: le chancelier de même argumente par trois questions, et le grand-maître qui accompagne aussi le nouveau docteur argumente par trois questions. Le nouveau docteur est entre le chancelier et son grandmaître, et on le mène ensuite dans l'église de Notre-Dame baiser l'Evangile et prêter le serment sur un autel, qu'on versera son sang jusqu'à la dernière goutte pour la défense de la foi : serment, comme on voit, de grande conséquence, et qu'il est à souhaiter qu'aucun docteur ne viole jamais.

11 n'y a point de censeurs à la vespérie, expectative et aulique, et par conséquent point de mauvais sort à craindre, comme aux autres actes.

Entrée à la Faculté de théologie.

Les princes ont l'avantage d'entrer d'abord après la prise du

(1) Là fourrure des bacheliers et licenciés est la même, mais elle est diflférehte de celle des docteurs. Ceux-ci portent une fourrure qui est une espèce de coUier^ et qui cache leurs collets, et les autres en portent une semblable à un camail et qui leur garnit toute la poitrine et Testomac; Ils portent cette fourrure pour la dernière fois à la vespérie ; et à la doctorerie, ils commencent à prendre la fourrure de docteur et avant même qu'on leur ait mis le bonnet sur la tôte; et ils se couvrent dès le commencement de la cérémonie, c'est-à-dire, pendant la iiarangue du chancelier, qui, étant finie^ le récipiendaire se met à genoux, et le chancelier lui niet son iJ^nnet sur la tête après lui avoir fait faire plusieurs serments cfônt l*un est de ne jamais prendre de degré en d'autres facultés. {Mercure Galant, octobre 1209, p. 66.)

bonnet dans les assemblées et de faire les fonctions du doctorat. M. révêque de Strasbourg, alors abbé de Soubise, les fit dès qu'il eut pris le bonnet. Mais à regard des autres, ils ne le peuvent faire que six ans après, et après avoir soutenu un acte qu'on appelle Resumpte, et qui dure trois heures. Il n'y a point de présidents ni de censeurs, et les docteurs argumentent. Cette thèse est sur l'Ecriture sainte ; il n'y a pas longtemps qu'elle a été établie, et M. le cardinal de Noailles est le premier qui l'a soutenue. On entrait auparavant dans l'exercice du doctorat dès que le bonnet était pris. Après avoir soutenu la resumpte, on entre en Faculté, on préside aux actes, on assiste aux examens, et on a part à tous les autres droits de la Faculté.

Al l'assemblée qui suit le mois où l'on a pris le bonnet, le nouveau docteur va prêter serment en pleine Faculté, entre les mains des censeurs des moeurs et le premier appariteur lui lit pendant qu'il est à genoux et la tète nue, la main droite sur l'Evangile, les points qu'il faut jurer parmi lesquels il y en a de ne jamais révéler ce qui se dit en Faculté; de prendre garde à la conservation des droits de ladite Faculté et que son bien et sa finance ne se dissipent; d'être sévère et de rendre justice, dans les examens, aux candidats, etc.

En résumé, voici la série des grades qu'on devait successivement -traverser avant d'atteindre le doctorat en théologie :

1" Maîtrise-ès'-arts. Pour obtenir ce grade il fallait justifier de deux années de philosophie, subir deux examens, soutenir une thèse (expectative)*

2" Baccalauréat simple. Trois années de théologie. Deux examens.

3° Baccalauréat formé. Deux années de théologie, deux examens, une thèse (tentative).

W Licence. Deux années de théologie, trois thèses (mineure, majeure, sorbonnique).

5' Doctorat Une année de théologie, trois thèses (vespéries, aulique, resumpte).

On pourra trouver des renseignements plus étendus dans le recueil intitulé : Statuia sacrœ Facultatis theologiœ Parisiensis, wia cum conclusionibus ad ea speciantibus. Paris, 1715, in-4".

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