‹ Edmonton et l'Alberta française: impressions et statistiquesChapitre 3 sur 11 · IT · texte numérisé non relu

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Je voudrais maintenant donner'au lecteur une idée aussi exacts que possible de l'état de la papulation française dans le diocèse d'Edmonton. et pour cela lui faire visiter en esprit tous les centres, organisés ou'en formation, où s'est fixée . cette population. Je commencerai par quatre, situés en dehors de la ville archiépiscopale, que je tins à voir moi-même. Qu'on me permette tout d'abord ‘de faire remarquer que mes renseignements, même pour les places que je ne pus visiter; sont puisés aux meilleures sources: à savoir,

Juniorat des Oblats de Marie.

Edmonton-Sud.

École catholique séparée.

Troisième rue.

Collège d'Edmonton, tenu par les RR. PP.

Jésuites

l'abbé Normandeau, ancien curé de Legal el aujourd'hui missionnaire colonisateur, qui à parcouru là Contrée-dans- tous les sens, et une personne très haut placée à Saint- Albert, que je n° me sen- pas la liberté de nommer autrement,

Le pre nier évalua pour moi le nombre des familles établies dans chaque localité; le second mu fournit les chiffres officiels de la population totale de chaque endroit d'après les derniers recensements paroissiaux.

Qu'on me le permette ou non, j'ajouterai à ce qui précède l'expression de ma gratitude à l'abbé Normandeau pour tout ce e qu'il fit pour ‘moi pen-

dant les quelques jours qu'il me fut dnnné de passer en sa compagnie. A qui désirerait un cicerone bien renseigné, très obligeant et capable de tuer les idées les plus noires, je recommanderai d'une manière toute particulière cet excellent prêtre, qui est aussi gai compagnon que hon patriote.

Édmonton à une paroisse exclusivement frangaise, celle de l'Immaculée Conception, et une autre qui va le devenir inecssamment, celle de Saint-Joachim. Le français est en outre parlé, concurremment avec l'anglais, dans la plupart des autres, à kexception, naturellement, de l'église ruthène.

Juste au nord de. cetie ville, se trouve Saint-

Albert, qui fut le siège de Mgr Grandin, de véné

rée mémoire, el de son digne successeur jusqu'à la fin de 1912. C'est une localité de quelque 1,150 habitants: dont un assez grand nombre, peut-être un quart, sont aujourd'hui de langue € anglaise. Le

village, que séparent en deux les eaux de la ri-

vière Esturgeon, n'est pas encore bien considérable; mais, à cause de sa proximité —— sept ou

huit milles — de ia capitale, il ne peut qu'aug-°

menter en importance. Sur le côteau qui s’élève juste aw nord de la rivière, sont groupés les établissements exclusivement catholiques: cathédrale, petit séminairé, couvent, pensionnat, orphelinat, évêché, salle pareissiale et école publique. |

Cette dernière est naturellement catholique. Le visiteur qui s’attend à trouver dans Saint-Albert le château fort.de natre langue dans l'Extrême. Ouest, n'en est pas moins désagréahlement sur pris de lire, au-dessus de sa pnrte d'entrée. une longue inscription anglaise sans an mot de fran-

LS vais. On attribue cette anomalie à Ut miuuteul ue faiblesse passagère, qu'on assure ue pas udevuir -e reproduire, FIATY

J'ai parlé de la cathédrale: j'aurais dû dire comimencement de. cathédrale. Le suubassement en est seul terminé et sert actuellement aux oftices publics. Le plan de l'édifice est l’'ocuvre de

Mgr Legal, ct il est à désirer que, malgré le chan"

gement de destination de ce local maintenant condamné à devenir une simple église paroissiale, il puisse s'exécuter tel qu'originellement conçu par l'éminent archevêque d'Edmonton.

—Dans-peu-de-temps, l'augmentation inévitable de la population fera trouver fort bien venues ses proportions actuelles: cent quatre-vingt pieds de long. -

Le petil séminaire est situé juste au chevêt de ve commencement d'église, Il existe depuis déjà un assez grand nombre d'années, mais n'a jamais été bien prospère. Sous les auspices des Révérends Pères Oblats, représentés par le P. Louis Culerier, il cut d'humbles origines et végéta quel que peu. Quatre prêtres lui doivent pourtant aujourd'hui leur éducation. Cette institution fut, il y a quelque temps, mise entre les mains des Fils de Marie Immaculée, ou Pères de Chavagnes,

Il ne contenait, lors de mon passage, que onze élèves, dont un de rite ruthène: mais le bon P. Boutin, supérieur actuel, fondait sur eux des espérances que le choix qu’on en a fait permet de croire justifiées. Mieux vaut, naturellement, dix enfants triés sur le volet que vingt dont la vocation n'a jamais été éprouvée.

Quant au couvent, il-est tenu par iles Soeurs Srises, auxquelles est également confié le soin de l'orphelinat.

À ce propos, qu'il soit permis à un homme qui

ne sait pas flaiter de consigner ici son admiration, non seulement pour l'oeuvre multiple de ces religieuses à Saint-Albert, mais encore et surtout pour la manière absolument supérieure dont elles s'acquittent de leur tâche. A l’occasion des noces or des RR. PP. Leduc et Tissier, O.M.I., leurs enfants donnèrent une séance récréative qui n'eût pu être surpassée en naturel, aisance de débit et délicatesse de sentiments. L'une des principales piéces, que relevaient des atours d'un éclat sans pareil, était l’oeuvre d’une des Soeurs Grises de Saint-Alhert. Je n'aurais jamais cru que des ca-

pacites inbellectuciles si peu ordinaires eussent pu se cachér sous l'humble coiffe de ces bonnes : religieuses.

Pour être complet, je devrais peut-être ajou- Ler qui méèine un petit temple protestant a trouvé asile sur la Lerre de Saint-Albert, autrefois arrosée des sueurs et des larmes des PP. Lacombe et Rémas, “Leduc et Végreville, el surtout du véritable saint que fut Mgr Grandin, Il est vrai que cette bâtisse, d'assez modeste apparence, a eu le bon esprit de se cacher juste sur la lisière du bois.

Saint-Albert Glait, jusqu'a une époque assez

7” récente, relié la capitale albertaine-par-uneligne—— de tramway automobile dont la voituré brûla mal heureusement avec la remise qui labritait et n'a point encore ëlé remplacée. Le Nord-Canadien (C. N.R.) y passe également en venant d'Edmon: ton ct vous mène à la paroisse voisine de Morin-

ville, dont le centre est situé à une dizaine de milles plus au nord. 7 .

Cette localité a, plus que Saint-Albert, les allures d'une ville. Environ quatre-vingt-cinq familles y%sont groupées autour de l'église, et la population totale de la paroisse est de 1,265 âmes — soit près de 225 familles, dont 18 sont de langue allemande. Son église est de bonnes dimensions, mais n’a pu encore être achevée.

À Morinville se trouvent les quartiers géné.

raux en Amérique des Soeurs de Kermaria, congrégation enseignante que j'avais déjà reimarquée à Saint-Joachim d'Edmonton et à Saint-Albert. Ces bonnes soeurs, dont la maison-mère est en France, font à Morinville une oeuvre des plus méritoires. Ælles y entretiennent un pension. nat très prospère, dont le bâtiment est en brique et qui est déjà devenu trop petit. ‘

Le village de Morinville a toutes les apparences d'une petite ville, mais j'y constate le même faible qui m'a frappé dans tous lrs.centres français del'Ouest: des noms de nos meilleures familles canadiennes déparés par des qualificatifs anglais. Là, pas plus qu'à Saint-Albert et ailleurs il n'y a ni bouchers ni boulangers: on n'y trouve que des ‘“bhutchers” et des ‘“‘bakers.” Chacun va

: faire ses empletteg au “general store”:et s'approvisionne à la ‘‘grocery.” .C'est d’un ridicule consommé chez des gens de langue française, un

“ indice de veulerie impardonnable, un signe d’'a-

à platissement devant les Anglais qu'un devrail

combattre par un ‘‘boycottage” en règle.

Quand cette campagne va-t-elle s'organiser?

Les sociétés soi-disant patriotiques ñe manquent

- pas; ne feraient-elleg pas bien d'agir?

‘loujours en suivant la voie du Nord-Canadien, Hans un train d'une lenteur désespérante et qui Daaît sc plaire à faire danser jeunes et vieux, nous arrivons à Saint-Emile de Legal, ou simple. ment Legal, comme de porte la station qui, par suite de l'étroitesse de vues d'un colon qui demandait un prix fou pour le terrain sur lequel -lle devait originairement se trouver, est aujour

———"ÿ'hui-bâtie-à-un-mille-et-demi-de-l'église-parois-

sjale.

Uue voiture de louage nous y mène, l'abbé Norinandeau et moi, .et je fais bientôt connaissance avec un vrai gentilhomme, l'abbé Rémi Guertin, curé de l'endroit. Son preshytère, relativement urand et des mieux agencés, avoisipe l'église,

À . construction dont l'extérieur est en brique et dans

‘aquelle-mon guide est fier de me présenter loeu-

\ : vre de ses mains. Son successeur fait en Ce mo-

\. ment bâtir une vaste sacristie qui servira d'église . en.hiver,

>. Je village ‘de Legal n rest pas très grand. Le

: euré n’est pourtant pas sans voisins. “Abstrac-

1 tion faite ‘des gens non mariés qui possèdent des

. terres dans la paroisse, la population totale de

- Legal est de 195 familles, soit environ 1,200 âmes,

Lors de ma visile, on préparait au village une soi-

! rée récréative pour Île lendemain, et je regrettai

de ne pouvoir rester -pour y. assister.

Chacune des trois paroisses que je viens de mentionner, Saint-Albert, Morinville et Legal, ainsi que, du reste, celle-de l'Immaculée Conception, à Edmonton, est dotée d'un vicaire dont la position esi loin d' être une sinécure. Elles pos- <èdent encore des terres à vendre, et je dois dire que je fus frappé de l'extraordinaire fertilité du pays. Ge n'est.point une plaine dénudée et exposée à tous les vents, comme on en voit tant à l’est le l'Alberta: le bois s’y trouve même en plus graude ahondance que dans les environs du lac Canard (Duck Lake), en Saskatchewan; mais ce ne.sont que de petits trembles gros comme: le bras, dont un soul coup de hache peut généralement avoir raison. À part cela. l'agriculteur à affaire à uu ferrain des plus riches, agrémenté ça

Re N.

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