‹ Edouard le confesseur, roi d'Angleterre [microforme]Chapitre 22 sur 38 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

Edouard, Alfred.

Alfrkd." J'ai tout entendu, Edouard, par cette porte entr'ouverte. Pourquoi n'avez- vous pas signé?

Edouard. — Si j^eusse cru que cela eût pu vous sauver la vie, je l'aurais fait, Alfred.

Alfred. — Je ne parle pas pour moi, Edouard: demain je ne serai plus ; je parle pour vous.

Edouard — Si ma perte est décidée, les concessions et les bassesses n'adouciraient pas la cruauté des tigres.

Alfred. — Eh ! qui sait ?

Edouard.— Du reste, par une semblable renonciation dussè-je certainement sauver ma vie. je ne voudrais pas la racheter à ce prix. Je ne vendrai pas, comme Esaû, mon droit d'aînes.^-e pour un plat de lentilles.

Alfred. — Vous n'auriez parla, mon frère, aucunement engagé vos droits. Cette concession vous aurait été arrachée par hi violence. Le danger passé, vous auriez pu, en toute justice, protester contre la force et la contrainte dont on se serait servi à votre égard ; vous auriez fiiit reconnaître l'invalidité d'un tel contrat.

Edouard. — Les malveillants auraient vu, dans cette conduite, du louche et de la duplicité.

Alfred. — Les méchants, malgré nous, nous forcent quelquefois à mettre de côté cette délicate.-se de sentiment et ces scrupules excessifs.

Edouard. — Je veux être, avec tout le monde, franc et sans dol. Plutôt, mi-^ux vaut mourir avec une réputation pure et intacte.

Alfred. — Du bruit, mon frère... entendez-vous du bruit ?

Edouard. — Oui.

Ai.FREn. —Serait-ce encore un a^^sassin? Ecoutez... le lnuil des clefs dans la serrure, l^e voici... {Se murant à l'au're bout du théâtre) 0 mon Dieu ! à notre secours. {Obwinentre^ 'portant un pnqnet d'habits soiiB son bras.)

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