‹ Edouard le confesseur, roi d'Angleterre [microforme]Chapitre 26 sur 38 · SCÈNE II Edouard, Godwjn, Sweyn, Céowulf, Synéwulf · texte numérisé non relu

SCÈNE II Edouard, Godwjn, Sweyn, Céowulf, Synéwulf

GoDWiN. — Eh bien, Edouard, est-ce maintenant que Ton signe cette résignation? Le malheur vous a-t-il rendu plus sage ?

— as --

Edouard. — Le malheur nra rendu plus ferme.

GoDwiN. — Quoi! toujours la mGme obstination ! Songpz-y, Edouard. Ne refusez pas la derniire ])lanche de salut que je vous présente. Bientôt il ne sera plus temps, votre refus vous aura coûté la vie.

Edouard. — Il m'aura alors débarrassé d'un fardeau incommode et inutile.

Godwin. — Connaissez- vous Léofric et Siward ?...

Edouard. — Je connais Léofric, je n'ai jamais vu Siward.

Godwin. — Léofric ne vous a-t-il pas écrit dernièrement?

EDoUAiiD. — Non.

Godwin. — N'a-t-il pas député quelqu'un auprès de vous ?

Edouard. — Peisonne n'est venu me voir de la part de Léofric.

GoDW^iN.— Savez- vous que Léofric et Siward sont venus en guerre à Winchester?

Edouard. — Comment l'aurai-je pu savoir ? Estce que vous ne me faites pas garder à vue par vos satellites ?

Godwin. — Vous n'avez pas appris cette nouvelle?

EDOUARD.—Pour me l'apprendre, vraiment, il aurait bien fallu que Dieu lui-même m'envoyât du ciel son ange ou un messager mystérieux.

GoDW^iN. — Dans ce cas, apprenez qu'ils ont fait Tassaut de ce château. Leur attaque insensée a été

vaillamment repoussée ; Siward et Leofric sont tombés entre mes mains.

Edouard. — Hélas ! hélas ! mon Dieu !

GoDWiN.— Et ils ont payé leur perfidie et leur révolte du dernier >upplice.

P]douard. — O Siward ! 0 Léofric !

GoDWiN. — Et dans un instant, entendez-moi bien, Edouard, si vous ne revenez à de meilleurs sentiments vous les aurez suivis.

Edouard. — Oh ! que tardez-vous davantage ? Mon frère n'est plus, mes meilleurs amis me laissent pour le ciel, que fais-je seul ici-bas?

Godwin. — Oui, mais songez aux horreurs des souffrances. Vous vous tordre'^ dans les tortures, et personne n'aura lâtié de vous.. .Bourreaux, vous lui crèverez les yeux, vous lui percerez la langue, vous lui couperez le }>ied droit et la main droite, puis, étendu sur le sol, vous le laisserez mourir de langueur. ..Vous sentez-vous la force d'endurer un pareil supi^lice ?...Vou3 vous taisez? Répondez.

EIdouard. — De telles menaces et une telle cruauté ne méritent que la réponse du silence et de la pitié.

Godwin.— Mais, tout bas vos lèvres murmurent !

Ed >UARD. — Je me contente, au fond de mon cœur, de faire une demande au bon Dieu.

Godwin.— Quelle d^mninde?

Edouard.— Mon Père, mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font.

Godwin. — Oui ! oui î impudent, consolez-vous avec vos belles morales. Nous verrons dans un

instant si elles peuvent vous sauver. Bourreaux, délivrez- moi de sa présence. (Ctowidf et Syyiévndf entraînent Edouard.) Sweyn, faites vite ; que dans cinq minutes il ait cessé de vivre; que dans dix minutes la tombe se soit referniée sur ses restes encore palpitants. Puis quand ce sera fait, viens m'avertir. {Sweyn Hrrf.)

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