‹ Édouard Richardet son œuvre "Acadia" [microforme]Chapitre 2 sur 6 · NERO MEME · texte numérisé non relu

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àfla prudence la plus invraisemblable et l’on ne se serait pas fait faute non plus de nier les conditions en temps opportun. Or, les gou erneurs les plus antipathiques aux Acadiens, Cornwallis, en 1749, et l’au ‘eur même de la déportation, Lawrence, admettent les réserves acadiennes. Mascarène et Hobson, deux autres gouverneurs, le premier en 1748, le second en 1752, l’admettent aussi. (C’est enfin à compter du moment où ce serment est pris que les Acadiens sont désignés sous le nom de “ Français neutres ”, “ French Neutrals.” L'hypothèse la plus probable est done qu'il y a eu fraude de la part des autorités.

De 1725 à 1740, espace de 15 années, R. note ce fait que pas un seul écrit de la part des Acadiens ou de leurs prêtres ne parait aux archives. D'autre part, les lettres qui contiennent des plaintes contre eux et eucore quelques-unes sont altérées, existent dans le grand volume. L'on conçoit quel labeur a dû s'imposer le critique pour mettre à nu tant d'artifices. Armstrong dont le règne devait peser si lourdement sur le peuple, finit par le suicide, décembre 1739. C’est un des gouverneurs les plus tyranniques de l’Acadie.

Mascarène qui lui succède, semble par la douceur de son administration, le père de ses sujets. Il écrit au duc de Newcastle les excellentes dispositions des Acadiens, Pendant qu'il est aux affaires, en 1744, éclate la guerre entre l'Angleterre et la France. Quatre fois l’Acadie est envahie ; Annapolis est trois fois assiégée, La neutralité fidèle des habitants sauve le pays. Si les Acadiens eussent cédé au ressentiment, c'en était fait des Anglais. C’est la coutume des colonies françaises d'Amérique de jouer de ces tours à l'Angleterre, Les Acadiens en ont les premiers donné l'exemple. Après eux sont venus les Canadiens, en 1775 et en 1812.

Mais ces serviccs avanceront-ils la cause acadienne ? Vers l’année 1746, Shirley, gouverneur du Massachusetts, soumet aux autorités de Londres le plan de convertir les Acadiens à la Réforme, d’implanter des colons anglais parmi eux et de leur attribuer les terres qui appartiennent aux habitants.

Le duc de New Castle répudie, naturellement, les visées du &ouverneur, mais ce dernier n’en demeure pas moins attaché à son projet. Toutes ces menées qui annoncent de loin la tempête sont clairement exposées par Richard.

En 1749, les Anglais fondent la ville d'Halifax où bientôt siégera le Conseil administratif de la Province. Cette fondation

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d’ure ville dans la fameuse baie de Chibouctou devait être un appoint considérable Pour les Anglais,

Près de 40 ans se sont écoulés depuis le Traité d'Utrecht. Population acadienne, nonobstant ses épreuves, n’a cessé de s'accroître, in 1713, elle était de 2,500 âmes ; en 1739, de 7,114, et 10 ans après, en 1749, de 12,500.—De ce nombre environ 3,500 habitent Je territoire français, au nord.

règne de Mascarene a été paisible, Avec Cornwallis qui lui succède, renaît la vieille querelle du serment. Le gouverneur menace les Acadiens de confisquer leurs biens. Les choses tournant contre son gré, Cornwallis, dans un premier Moment de frayeur, veut saisir hommes, femmes et enfants Pour avoir des ôtages, Encore un peu et l’émigration allait être générale.

Quelle situation pour ces pauvres enfants du sol, ne demandant qu'à vivre Paisiblement sur leurs terres, ne voulant qu'un peu de cette liberté qui fait qu’on respire sur le so] natal !

Cornwallis n’osant mettre ses menaces à exécution, fait mine de leur donner Ja liberté de partir. Il exige seulement qu'ils sèment leur terre avant de quitter. nouvelle hypocrisie en €n attendant une autre. Le calme se rétablit temporairement. En 1750, il écrit en Angleterre qu'il espère voir arriver ces colons et qu’alors il exigera Péremptoirement le serment, ce qui Veut dire que si les Acadiens refusent de se rendre à ses ordres, ils seront chassés du pays.— Pourquoi donc ne les laisse-t-i] pas aller ? On n'est Pas encore prêt à Jeur voler leurs biens. Un dernier artifice sera qu'il n’est pas permis de quitter sans Un passe-port du Bouverneur...

Quand on examine froidement tous les faits, l’on est pris de Pitié pour ces Publicistes qui cherchent encore aujourd’hui à pallier la faute des Persécuteurs. L'un d'eux, le Dr Ganon , M.A., Ph. D., à publié dans les annales de Ja Société Royale du Canada de 1905, une étude sur l’histoire du Nouveau- Brunswick où il explique à sa façon les causes qui ont amené la dispersion. D'autres avant lui avaient argué de “ Ja raison d'Etat.” C'était une nécessité Politique. Le nouveau docteur dit que la question n’est pas de Sa Voir si cette mesure était nécessaire mais si les auteurs l'avaient cru nécessaire, (Ce dernier refuge ne vaut Pas mieux que le Premier. Quand on connait les dispositions Pacifiques de ce petit peuple, son respect aveugle du Pouvoir, sa soumission si entière, sa Patience sans bornes, les obstacles Salis nombre que, pendant plus de 49 ans, l’on dresse sur sa route pour l'empêcher de Partir, l'on se demande

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