II
Bureau fédéral de revision.
Que séra ce Bureau fédéral d'Ottawa chargé de gouverner l’enseignement primaire du Canada? Les personnes qui en feront partie ne pour-
ront avoir une compétence plus grande que les directeurs de nos maisons d'éducation. L’expérience enseigne, du reste, que les nominations faites par les Souvernemenis de tous les pays sont ordinairement des nominations politiques. Ce n’est pas toujours la personne du plus grand mérite qui est choisie, mais, dans la plupart des cas, celle qui possède la plus grande influence auprès des dépositaires du pouvoir. Il y aurait donc lieu de craindre que le Bureau d'Ottawa ‘ ne renfermât parfois des membres qui ne posséderaient pas à un degré suffisant la confiance publique. Par suite, en certaines circonstances, des injustices seraient commises envers les aspirants au brevet de capacité; des humiliations même seraient imposées à certaines écoles normales qui, pour une raison ou pour une autre, ne pourraient éviter d’inspirer de la défiance à la majorité des membres du Bureau fédéral.
Il ne serait pas Sage pour les provinces de s’exposer aux périls d’une situation qui pourrait devenir intolérable. Qu'en serait-il, par exemple, si, à un moment donné, il arrivait que la revision des diplômes se fit au point de vue du préjugé politique ou national, ou encore si elle était trop visiblement viciée par suite du peu de compétence de certains examinateurs ?
A propos de cette question des droits provinciaux, nous pourrions avec avantage observer ce qui se passe dans la grande République, notre voisine. Là, comme chez nous, chaque Etat a ses règlements particuliers d'admission à la pratique des professions libérales. C’est ainsi qu’un homme de profession du Massachusets ne peut pratiquer dans le Maine ou le
68 ÉDUCATION ET CONSTITUTION New-Hampshire sans #8
ubir un nouvel examen devant le bureau de l’
un où l’autre, suivant le
Dans notre Pays, il existe, il me semble, un moyen tout pacifique de Permettre aux diplomés d’une province d’enseigner dans une autre. Il serait aisé de l’établir. C’est la réciprocité des brevets, qu’on pourrait obtenir au moyen d’une loi sur liquelle se seraient entendus tous les corps enseignants.
Il n’y a, du reste, qu’un nombre très restreint
institutrices qui désirent
Mais, surtout qui demandent à all d'Angleterre? Je ge le nombre. C
| $ III | | L'uniformité de l’enseignement.
Le Dr Robbins a soulevé une autre question, très étendue dans ses conséquences: l’unifor-
mité de l’enseignement dans tout l'Empire britannique. Il est étonnant qu’il n’ait point cherché à exposer au long cette idée ni à l’appuyer par des arguments propres à porter la conviction dans les esprits. Car, il faut le reconnaître, cette question est d’une telle gravité, qu’on ne saurait compter sur la seule intensité du sentiment impérialiste pour la faire accepter sans coup férir.
Le conférencier commence par dire: “ Bien “que l’association des intérêts matériels soit “la caractéristique de notre époque, l’instruc- “tion ne restera pas fragmentaire et désunie. “Par l’union générale de la pensée et de l’ac- “tion, on arrivera à l’uniformité de l’enseigne- “ment, non pas une uniformité basée sur une “pression extérieure, mais une uniformité “amenée par le consentement libre des volon- “tés indépendantes, par la force organisatrice “d’une vitalité intérieure.
“ La création et l'existence de la « Dominion “Educational Association ” est un symptôme “de cette uniformité naissante. ”
Après quelques remarques, il complète son idée par la phrase suivante que j'ai déjà citée: “ Cette association, ou, à son défaut, une autre “ association entreprendra et accomplira de “ grandes choses pour l’uniformité de l’instruc- “tion au Canada, et ce sera Ià Sa part de tra- “vail préparatoire à l’uniformité de l’instruc- “tion dans tout l impire, ”
Je ne crois pas que les différentes organisations scolaires des Iles britanniques et des colonies puissent se plier à l’adoption d’un système uniforme par tout l'Empire. Cela me paraît être une utopie, car d’invinciblies obstacles
empêcheront cette unification de se réaliser, Si l’Angleterre ne Possédait qu’une seule Colonie, on pourrait espérer y implanter un régime
de vivre, et ne Peuvent éprouver ] ections nationales, O
r, avec des différences | aussi accentuées, commen
fl l’
espoir, j'allais dire au rê
que la langue et le génie d’un peuple peuvent être supprimés d’un trait d
volonté d’une société de €; avec le sens pra-
gerait de mauvaise poréalisation d’
immens Î aucunes relations F! mention.
es espaces, n°
intellectuelles dignes de
Restreignant Ja question au seul côté qui soit pratique Pour nous, je dirai que l’unité des
systèmes d'enseignement dans les diverses provinces du Canada n'aurait pas, pour la population de langue anglaise, les bienfaisants effets qu'on prévoit, et constituerait, dans tous les cas, une injustice à l'égard des Canadiens d’origine française,
Je sens qu’il est délicat pour moi de parler de la question sous cet aspect particulier.
Aussi, je ne le fais qu'avec hésitation. Car je crains de réveiller chez quelques-uns des préjugés qui ne devraient pas exister entre citoyens d’un même pays. Mais après les paroles prononcées par M. Robibins à la convention d'Ottawa, je me crois tenu d'exprimer mon opinion aussi franchement qu’il a fait connaître la sienne, lorsqu'il a laissé entrevoir ses préférences et ses espoirs pour l’unité de croyance et de langage dans tout le pays qui s'étend de l'Atlantique au Pacifique.
Qu'on veuille donc bien ne pas prendre en mauvaise part ce que je vais dire dans les pages suivantes sur un sujet si plein de péril.
L'éducation des Canadiens français diffère de l'éducation canadienne-anglaise comme l’esprit anglais diffère de l’esprit français.
L'esprit anglais est celui des races du nord; c’est l’esprit saxon qui prédomine dans le caractère de l’Anglais. L'homme du nord est sérieux, réfléchi, pratique. Moins artiste que l’individu de race latine, l'Anglais est homme d’affaires avant tout, homme de commerce et d'industrie.
L'esprit français est autre. A l’abri, depuis longtemps, des influences alourdissantes d’un climat trop rude, il est joyeux et gai, il a le sentiment de ce qui est joie, beauté, harmonie. Il
sait mieux que l'esprit anglais mettre de
l’ordre dans ses idées et les développer. 11 est
clair, net, méthodique, qualités qui font la fortune de sa littérature.
Or, quelles sont les influences qui déterminent les particularités de races? Je les ai mentionnées en parlant des traditions et de l’éducation dans les diverses colonies anglaises gi. tuées sous des climats différents. Les traditions sont, ainei que je l’ai dit, ce que les font les habitudes de la vie, les mœurs et les goûts propres d’une race. L'éducation est, de son cêté, déterminée d’abord par la nature des esprits à qui elle s'adresse,
Un écivain, parlant de la différence qui existe dans la formation intellectuelle des deux races, a dit à ce sujet:
“L'éducation anglaise prépare les hommes “surtout à la vie sérieuse, pratique, à la lutte “pour l'existence.
“ L'éducation française prépare plutôt “l’homme à la vie facile, agréable, artistique. “Les méthodes anglaises apprennent surtout “à s'attacher à ce qui est pratique, réel; les mé- “thod:s françaises à ce qui est ornement de “Tesprit, à ce qui est art. (1)
“C’est pourquoi les méthodes françaises “sont plus désintéressées que les méthodes “anglaises, L’Anglais apprend beaucoup tout “ce qui. le prépare au commerce, à l’industrie, “à la domination du monde par l'argent. Le “ Français apprend davantage ce qui cultive “Pesprit, le développe, le fait apte à com-
(1) Toutefois, les sciences exactes comptent beaucoup plans d’adeptes en France qu’en A ngleterre. {A)
“prendre la beauté des choses de l’art ou des “choses de la nature, ce qui le prépare à la “domination du monde par les lettres.
“ L’Anglais consacre donc plus de temps au “sport, aux exercices physiques, à l’arithmé- “tique, aux sciences expérimentales, à tout ce “qui assurera sa puissance matéridlle, sa su- “ périorité dans le monde de la finance et de la “ richesse,
“Le Français consacre plus de temps à la ‘ “culture des langues anciennes, à l'étude des “classiques, des œuvres de l’art; il se soucie ‘moins de développer les forces de son corps “que les facultés de son esprit. Il cherche à “ réaliser ce qui peut assurer surtout sa puis- “sance intellectuelle, sa supériorité dans le “ monde des idées. ”
L'éducation française doit donc différer de l'éducation anglaise. Des programmes d’études ou des vœux d’associations ne sauraient faire dévier une race de ses traditions nationales, ni tranformer son caractère, ni altérer, avec chance de succès, l’instruction qui lui convient. Comment pourrait-on, en effet, lui faire adopter des méthodes qui sont faites pour assurer le développement d’un esprit tout différent du sien?
Il est naturel, sans doute, que l'élément anglais préfère un système scolaire qui réponde à son tempérament, à ses aptitudes et à ses aspirations. De leur côté, les Canadiens français tiennent à leurs méthodes d'enseignement. Ils ne sont pas réfractaires à l’idée d’emprunter aux méthodes anglaises ce qui peut être utile pour donner à leur race certaines qualités qu'elle n’a pas, tout comme les Canadiens an-
74 ÉDUCATION gr CONSTITUTION
glais pourraient puiser dans nos Programmes scolaires ce qui serait
pre à donner plus de force et d'éclat à leurs étu
Nous tenons À garder telles q leurs lignes essentielles, notre éducation et notre formation intellectuelle. Elles ne sont inférieures, il
depuis au delà d’un siècle, el aux Canadiens français d’
Proéminente dans le clergé, les Professions li. bérales, le
Professorat et leg assemblées législatives qu pays.
| Trait assez Piquant, un partisan de la loi | Roddick, le Montreal Medical d'octobre 1902, n°
Cessairemer Done, d’après cette revue scientifique, toute tentative de fa es deux systèmes rd de l’autre, Je
Clusif d’une race, gnement quelconque,
Je me hâte d'affirmer que les Canadiens de langue française n’ont Pas de telles visées de
domination. Quoique formant la grande majorité dans la province de Québec, ils ne songent aucunement à imposer à la minorité une formation intellectuelle qui lui répugnerait. Aussi, dans la direction de ses écoles, ils li: laissent la plus complète liberté d’action.
En retour, voudrait-on violenter les sen:
ments de la population canadienne-frarc:;:
de propos délibéré, et commettre à son égar:
que le Montreal Medical Journal appelle ‘“ une injustice ” ? J'aime à croire que non.
Il est vrai que certains esprits aspirent * lextinction graduelle de la race française sur le territoire du Canada; et l’unité dans le dc maine de l'éducation comme dans celui des lois et de la langue serait sans doute la voie qui conduirait au but. Il existe peut-être même quelques individus qui croient que, dans un avenir pas très éloigné, il n’y aura non seulement au ('anada, mais dans tout le monde civilisé, qu’une seule nationalité qui, naturellement, sera la nationalité anglo-saxonne.
A propos de cette question de la fusion des races, qu’on me permettre de citer ce que disait un grand homme d'Etat canadien, Sir George Cartier, dans le discours qu'il prononça à l’appui du projet de confédération.
“ L'idée de l’unité des races, disait-il, est une “utopie; c’est une impossibilité, Une distinc- “tion de cette nature existera toujours, de “même que la dissemblance paraît être dans “l’ordre du monde physique, moral et poli- “tique. Quant à l’objection basée sur ce fait “qu’une grande nation ne peut pas être for- ‘ mée, parce que le Bas-Canada est en grande “ partie français ei catholique et que le Haut-
76 ÉDUCATION gr CONSTITUTION
“Canada est anglais et protestant, et que les “ provinces inférieures sont mixtes, elle Cons- “titue, à mon avis, un raisonnement futile à “l'extrême. nons pour exemple le Roy- « aume-Uni, habité com
nme il est par trois “ grandes races, (Ecoutez ! Ecoutez
!) La diver.
“sité de races a-t-elle mis obstacle à la
le com- (Applaudissements.) “Dans notre Propre fédérati
us faire la gu “vailler conioi
+ La diversité des races « contribuera, croyez-le, à Ja prospérité com- | “anune ” ()
(1) Débats
sur la Confédération, p. 59.
Lord Dufferin, homme d’une intelligence très vaste, et d’une grande expérience sociale et politique, exprimait un jour, à Québec, dans un style différent, la même idée au fond que Sir George Cartier. Il disait:
“ 11 est bien vrai que les différences de races “ qui existent au Canada compliquent jusqu’à “un certain point les problèmes que les “hommes d'Etat ont à résoudre de temps à “autre, mais les inconvénients qui peuvent “ quelquefois en résulter sont plus que contre- “ balancés par plusieurs avantages qui en dé- “yivent. Je ne crois pas que l’homogénéité “ ethnologique soit un bienfait sans mélange “pour un pays. Il est incontestable que le “ côté le moins attrayant du caractère social “ d’une grande partie des populations de ce “ continent, est le cachet d’uniformité que pré- “ sentent plusieurs de ses aspects, et je pense “ qu’il est heureux pour le Canada de pouvoir “ compter sur la coopération de différentes “races. L'action réciproque des idiosyncrasies “nationales introduit dans notre existence “une verdeur, une fraîcheur, une variété, une “ couleur, une impulsion éclectique qui, sans “ cela, ferait défaut; il serait d’une très mau- “ vaise politique qüe de chercher à les faire “ disparaître. Mes plus chaudes aspirations en “ faveur de cette province ont toujours été de “voir ses habitants français accomplir pour “le Canada les fonctions que la France elle- “ même a si admirablement remplies pour l’Eu- “rope. Enlevez de l’histoire de l’Europe le “rôle de la France, retirez de la civilisation “ européenne la part que la France y a contri- “ buée, quel vide se produira!” (1) ( Fe Earl of Duferin's Administration in Canada, legyo, p. 760.
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de bon gré $ IV Question Constitutionnelle et politique.
Il me reste À aminer le côté Constitution-
ex nel et politique de Ja Question, ce que je ferai
aussi brièvement que possible, bureau d'Education relevant érale, établir Un grand C uniformiser
rd qui place l’instruc-
Publique sous Je Contrôle exclusif des provinces,
Il est un Principe de droit qui vent que ce
qui est du ressort d’une législature ne soit pas
du ressort du Parlement fédéral. Cet axiome
est admis par les jurisconsultes, et a servi de base, en plusieurs cireoustances, aux déeisions qu'ont rendues les tribunaux du pays.
Je citerai, en premier lieu, le jage Burton qui, parlant de la juridiction exclusive des provinces en certaines matières, a dit:
“ À mon avis, c’est un principe évident que “ ni le parlement fédéral ni la législature lo- “eale ne penvent s’attribuer juridiction sur “ des questions qui sout du ressort exclusif de “l'autre puissance, en recourant à un expé- “ dient comme celui d'agrandir la zône de la ju- “ ridiction de façon à irclure tout l’ensemble “ des provinees, ni, d'autre part, restreindre “a zone dans les limites de laquelle doit “g'exereer le pouvoir. ”
Sir Oliver Mowatt, alors qu’il était procureur général d’Ontario, exprima une opinion semblable dans un rapport qu’il présenta au Conseil exécutif de sa province, à l’occasion d'une décision rendue par le Conseil privé d’Angleterre.
“ I] est évident, remarque ce distingué lé- “ giste, que la prétendue utilité d'établir l'unité “ de législation dans toute l'étendue du Cana- “ da, sur toute question qui tombe d’ailleurs “ sous ‘a juridiction exelusive des législatures “ provinciales, ne donne pas au parlement fédé- “ ral juridiction de créer cette uniformité. ”
J'ajouterai lepinion d’un autre éminent avocat et homme d'Etat, l'honorable Edward Blake.
& I] faut reconnaître, a-t-il dit, comme un in- &“ convénient inséparable du régime fédéral, “ Y’absence du pouvoir d'établir une réglemen- “tation uniforme s'étendant à tout le Canada
jets attribués à l'autorité provià- (1)
Ces opinions de ju gran] renom s'applique la loi Rod.
dick, et aur n0S législat semen
&oût de ce
les diplôm nner la fameuse corde ur mieux faire
e ne brevets de c
decine sur] et des Hinc
munes un Courant c auquel on ne Saurait trop ent à conserver r prestige,
la Constitution.
ent de son
intérêt éducatif,
wer in Canada, p. 382,
(1) Lefroy, Legislatire lo
cette question s’augmente d’un point de vue politique de grande envergure, qu'à dessein peut-être on semble perdre de vue. Le voici.
L'Acte de l'Amérique britannique du Nord fut un compromis entre diverses colonies qui n'avaient eu jusque-là d’autres liens pour les attacher lune à l’autre que le sentiment de leur loyauté envers la couronne d'Angleterre. Leurs gouvernements différaient comme leurs tarifs; il n'existait même aucune communication par voie ferrée entre Qr<bec et les provinces maritimes, entre Ontari: et l'ouest du pays.
En présence de l'agrandissement continu et rapide de la république des Etats-Unis, il importait au prestige et à la sécurité de la Grande-Bretagne, comme à l'avantage des colonies anglaises du nord de l'Amérique, de constituer ici un pays régi par les mêmes lois fiscales, et susceptible de se déveiopper d’un océan à l’autre pour servir de contrepoids à la puissance voisine.
Plusieurs, au Canada, auraient voulu une union législative des provinces; mais les hommes d'Etat qui préparèrent Île changement politique de 1867, entre autres Sir John MacDonald, sir Etienne Taché, sir George Cartier, air Hector Langevin, MM. George Brown, Alexander McKenzie, sir Oliver Mowatt, sir Chs Tupper, en vinrent à la détermination de former une confédération.
Sir John MacDonald disait, en proposant, en 1865, à l'adoption du parlement du Canada Île projet de la nouvelle constitution:
& J'ai déclaré maintes et maintes fois que si
ÉDUCATION ET CONsrTiITt
JTION
“aurions eu
“ moins dispendieux, “ plus fort. Mais en e “le discutant ce “ conférence ave “lution sa
“ partie
position “ parla
minorité, professant
la majorité du lération,
tions na
qui impte “ dividualité du BR “çue avec faveur
pas re- “tion.
tte sec-
autre Passage de son discours, sir it :
trouvant impraticable
t simple, en est verme de Souvernement fé.
“ déral qui pourra avoir toute la force d’une “union législative et administrative, pendant “qu'en même temps nous conserverons la li- “ berté d'action en faveur des différentes sec “tions. Je suis heureux de croire que nous “ avons trouvé un plan de gouvernement qui “ possède le double avantage de nous donner “la puissance d’une union législative et la li- “berté d'une union fédérale, une protection “ enfin pour les intérêts locaux. ”
En Angleterre, des hommes d'Etat traitant de l'établissement de la Confédération ont émis les mêmes opinions que ceux du Canada. Lorsque Lord Carnarvon présenta à la chambre des Lords le projet de l’Acte de l'Amérique britannique du Nord, il s’exprima absolument dans le même sens que sir John MacDonald et M. Alexandre McKenzie.
“ Toutes les provinces anglaises du nord de “l'Amérique, dit-il, ont donné leur assentiment “x ces résolutions, et la mesure dont elles sont “la base doit être acceptée comme un traité “ d'union. ”
Faisant ensuite allusion au projet d’union législative, il ajouta: .
“ Dans les circonstances actuelles, une union “ législative est impraticable. Les provinces “ maritimes ne sont pas disposées à abandon- “ ner l’autonemie de leur existence et à laisser “ disparaître leur individualité dans l’organi- “gation politique d’un corps général. Dans “ Jeur cas, il est impossible, quelque désirable “ que la chose puisse être, d'arriver d’un trait “de plume à une assimilation complète de &“ Jeurs institutions à celles de leurs voisins. ”
Je n'ignore Pas que l'attitude de la province de Québec sur les différents projets dont j'ai t critiquée en certains
don, en août 1903, alla jusqu autres provinces “user de
“leur droit Pour résister à ]a “de Québec en :
4e Québec (1865) et Par le parlement anglais,
Est-il moins égoïste ou plus honorable de violer le pacte fédéral que d'en respecter les clauses
Je ne veux nullement entrer sur le terrain des récriminations; Cependant, avec tage ne Pourrais-je leurs remar inj Province,
sion, on n’a pas eu l’occasion de faire une étude sérieuse des problèmes politiques, il y a lieu de se défier de soi-même. Pour quelques-uns, ce ne serait pas faire acte de trop grande défiance d'eux-mêmes que de croire qu’ils n’ont peut-être pas toute la compétence voulue pour juger les multiples effets de l’Acte impérial de 1867. Les questions qui regardent l’organisme de notre régime politique sont plutôt du damaine de ceux qui font de la vie parlementaire une carrière; car leurs études de droit public et leur expérience des choses du monde politique les rendent plus aptes à devenir les meilleurs interprètes de la constitution.
Voilà pourquoi nous pensons que les opinions de Lord Carnarvon et des illustres fondateurs de la Confédération doivent servir de
phare aux membres des diverses classes de la société canadienne, et surtout à ceux qui sont appelés à guider les destinées du pays.