‹ Éducation et constitution [microforme]Chapitre 8 sur 15 · RON NS · texte numérisé non relu

RON NS

60 ÉDUCATION er CONSTITUTION

nique”, largement interprétée, doit s’appliquer à chacune des provinces du Canada aussi bien qu'au Canada Comme un tout, En justice, un sujet anglais des provinces maritimes ou du Manitoba ne doit pas être regardé comme étranger, s’il veut Pratiquer la médecine à Liverpool ou à Manchester, pas plus que lorsqu'il va répandre son Sang sur le continent noir dans les intérêts du drapeau de la mère patrie,

Je poserai maintenant la question suivante.

Le ler janvier 1901, les provinces d'Australie ont formé entre elles une alliance politique, sous la direction d'un BouVernement central.

Dans l’énumération des pouvoirs qui sont assignés à ce dernier par l'acte impérial, il n’est nullement question de l'éducation, ce qui laisse croire qu'elle est du ressort des Etats dont se compose la fédération australienne. Ces Etats vont-ils maintenant tomber en disgrâce auprès du Conseil médical anglais, et celui-ci va-t-il leur nier, comme aux provinces du ( ‘anada, le titre de « possessions britanniques ‘ ?

J'aimerais beaucoup à le savoir.

Quoi qu'il en soit, comme rien n’indique dans la constitution d'Angleterre que ce Conseil médical soit un Corps dont les opinions doivent l'emporter sur les lois et même le bon sens, le Dr Roddick pourrait apprendre à ses confrères de Londres, s'ils ne le savent déjà, que nous pos-

sédons au Canada une charte qui donne aux provinces constituant la Confédération le pouvoir exclusif de s'occuper des lois relatives à l’éducation. L’'Acte de l'Amérique britannique du Nord a été adopté par le parlement impérial, et

les habitants de la Grande-Bretagne sont tenus, comme nous, de respecter cette charte de nos libertés politiques. 11 serait contraire à l’honneur de la Couronne d'y porter atteinte, et aucun corps publie ne doit, par une législation particulière à laquelle le Canada n’a pu donner son assentiment, chercher à diminuer les droits et privilèges que l'Angleterre a octroyés aux provinces canadiennes.

Si ma voix pouvait se faire entendre au delà de l'Atlantique, je dirais au Conseil médical que ce n'est pas aux Canadiens à se plier à ses exigences et aux injustices qu’il nous fait subir, mais que c’est au peuple anglais lui-même à se conformer à la lettre et à l'esprit de notre constitution, constitution qui est l'œuvre de ses propres législateurs.

| à = ce FE

Page 1