Enquête, lycée Condorcet, p
pour provoquer l'abaissement intellectuel du pays et semer des germes de désorganisation sociale. Dans cette Babel d'examens ajustés aux besoins des moindres carrières, que deviendrait la communauté des idées puisées aux larges sources, qui fait la cohésion morale et l'unité patriotique d'une nation1?
lîexamen à matières facultatives, — C'est à un désarroi moins grave, mais de même nature, qu'aboutirait l'examen à matières facultatives.
S'agit-il de laisser le choix de certaines connaissances spéciales (la connaissance de l'hébreu, par exemple, comme il en a été question autrefois) à ajouter au programme général du baccalauréat? Mais comment admettre qu'il soit bon d'attirer au superflu des jeunes gens qui ont tant de peine à suffire au nécessaire? S'il y a temps pour tout dans les études, même pour le luxe, ce n'est pas par le luxe qu'il est sage de commencer.
Faut-il entendre, ainsi que cela est plus vraisemblable, que les jeunes gens pourraient à l'examen exercer un droit d'option sur les matières du programme commun ? Le principe des matières facultatives a pu être introduit heureusement dans les examens de la licence es lettres, parce que le candidat a fourni préalablement les garanties d'instruction générale indispensables; à plus forte raison la spécialité doit-elle être la règle dans toute la hiérarchie des examens plus élevés : le progrès de la science est à ce prix. Mais au baccalauréat, dans cette première épreuve qui est la base de toutes les autres, quelles seront les matières facultatives? Nous aurions donc un baccalauréat d'histoire, un baccalauréat de langues vivantes, etc. ?