‹ Education et instruction (volume 3)Chapitre 19 sur 88 · Art. 54. — Voir le rapport du comte Beugnot · texte numérisé non relu

Art. 54. — Voir le rapport du comte Beugnot

3. Voir la lettre publiée par le Moniteur du 11 janvier 1850.

vaient essayé de faire, en 1848, M. Barthélémy-Saint Hilaire et M. Carnot pour la fortifier; c'est ce que fit en 1867, pour la rétablir, M. V. Duruy1. Un élan considérable suivit : « Si j'avais l'honneur d'être instituteur primaire, disait M. Gh. Robert, et que je pusse avoir une classe du soir, voici ce que je ferais : je rechercherais un à un dans ma commune les jeunes gens qui se présenteront au tirage en 1866 et en 1867 et qui ne savent ni lire ni écrire; j'irais à eux et j'emploierais tous les moyens pour les attirer, pour les entraîner. J'irais jusqu'à les payer pour venir, ainsi que le fait à Londres l'administration de l'école de dessin de South- Kensington, pour former des artistes anglais. Puis je ferais de ces ignorants mes élèves de prédilection; je ne négligerais rien pour les pousser, les éperonner; je mettrais tout en œuvre, je voudrais arriver ainsi à nettoyer ma commune de toutes ces taches d'ignorance. Ce résultat obtenu, au jour du tirage, en 1867, à la veille de l'Exposition internationale, j'irais au canton avec mes jeunes gens; je les amènerais triomphants devant les

1. « Une indemnité fixée par le ministre de l'instruction publique, après avis du conseil municipal et sur la proposition du préfet, peut être accordée annuellement aux instituteurs et aux institutrices dirigeant une classe communale d'adultes payante ou gratuite.... Il est pourvu à ces dépenses au moyen des ressources énumérées dans l'article 40 de la loi du 16 mars 1850, augmentées d'un troisième centime additionnel au principal des quatre contributions directes. » (Art. 7 et 14 de la loi du 10 août 1867.)

Ces principes ont été confirmés par le décret du 18 janvier 1887, art. 98, 105 et 104. — « La création des classes publiques d'adultes ou d'apprentis est soumise aux mêmes formalités légales que la création des écoles primaires publiques. — Quand une classe publique d'adultes ou d'apprentis aura été régulièrement créée, il pourra lui être alloué, sur la proposition du préfet, à titre d'encouragement ou de récompense : 1° une subvention de l'État qui ne pourra dépasser la moitié des frais de tenue et d'entretien qu'elle entraîne ; 2° des concessions de matériel d'enseignement. — La subvention de l'État ne peut être accordée à des classes publiques d'adultes ou d'apprentis, après épuisement des ressources communales, que si ces classes durent cinq mois au moins, si la commune se charge des frais de chauffage et d'éclairage et si elle contribue en outre à la rémunération des instituteurs qui dirigent ces classes. »

autorités réunies; je les offrirais ainsi à l'Empereur, comme un général vainqueur lui offre les drapeaux et les prisonniers qu'il a conquis. » En 1867, en effet, le nombre des cours d'adultes s'élevait à près de 35000 et l'on ne parlait pas de moins de 800000 auditeurs, plus ou moins assidus, mais régulièrement inscrits.

Il était difficile que de pareils efforts se soutinssent longtemps. Le succès même des cours en rendait d'année en année le développement moins nécessaire. En même temps, au fur à mesure que certaines ignorances disparaissaient, la confusion, par le fait même de la diversité des intérêts, s'introduisait dans l'enseignement. La dépense qui avait été maintenue au budget de l'État, alors que les besoins n'étaient plus les mêmes, paraissait justement dépasser la mesure. En 1874 le Parlement crut devoir « apporter à l'accroissement des charges du Trésor des tempéraments correspondant à la diminution du nombre des élèves1 ». Les subventions aux cours d'adultes cessèrent de rentrer dans le cadre général des dépenses obligatoires de l'instruction primaire, et l'ensemble des crédits, qui avait dépassé 1500 000 francs (exactement 1523000 fr.), fut ramené à un million2.

A Paris, les ressources n'avaient jamais fait défaut, non plus que le zèle des élèves ni le dévouement des maîtres. Aux efforts des instituteurs laïques s'étaient joints, à la prière du Comité central, ceux des écoles congréganistes : « Dites au Comité, répondait le frère Philippe le 18 juin 1831, que les frères, amis du peuple et dévoués au service de l'enfance, seront toujours prêts à se rendre à tout ce qui pourra lui être utile,

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