‹ Education et instruction (volume 3)Chapitre 21 sur 88 · Art · texte numérisé non relu

Art

les conditions de l'examen qui pouvait permettre de prétendre au volontariat d'un an3 et les bases de cet examen é! aient les programmes de l'enseignement régularisé de nos écoles. De leur côté, en présence de la concurrence étrangère devenue plus active que jamais, les Chambres de commerce, les syndicats, les associations, les chefs des grandes maisons demandaient de toute part que l'on assurât à la population ouvrière les moyens de développer son instruction professionnelle. Enfin ce n'était pas seulement à l'État, c'était aux villes aussi que s'adressait l'appel du législateur, lorsqu'il invitait les pouvoirs publics à mieux utiliser les fonds appliqués aux classes du soir.

La bonne organisation de l'enseignement des adultes était donc devenue tout à la fois une question d'ordre public, une condition d'équité sociale, une garantie de sécurité pour le travail national et une nécessité financière. Jamais le moment n'avait été plus opportun pour l'étudier.

C'est peut-être surtout lorsqu'il s'agit des classes du soir qu'il convient de se tenir en garde contre les données trop avantageuses de la statistique. Dans le dénombrement opéré au cours de l'hiver de \ 874, c'està-dire pendant la période de l'année la plus favorable à la fréquentation, voici les chiffres qui avaient été constatés : 23102 inscriptions pour les hommes, 7225 inscriptions pour les femmes. Vérification faite des listes nominativement, il fut établi que le nombre des présences moyennes atteignait au plus 7035 d'une part,

5585 d'autre part, soit, relativement aux inscriptions, environ la moitié pour les hommes et le tiers pour les femmes. Encore cette proportion représentait-elle une moyenne mathématique, et n'en pouvait-on conclure à la présence régulière des mêmes élèves.

Ces différences si considérables s'expliquaient sans doute par bien des motifs. Elles étaient en partie d'abord le fait même des adultes. On s'était inscrit au commencement de Tannée, on avait suivi la classe pendant quelques semaines; puis un travail inattendu avait amené une interruption, ou bien on avait changé de quartier, ou bien encore le zèle s'était simplement attiédi. Mais en dehors des raisons imputables aux élèves, n'y en avait-il pas qui tenaient à la constitution de l'enseignement ?

Pour répondre à la question, il était nécessaire de se rendre exactement compte des éléments dont se composaient les classes ; et il n'était pas aisé de réunir des renseignements précis sur une population flottante, maîtresse d'elle-même, qu'on ne peut retenir contre son caprice ou sa volonté. L'enfant n'entre à l'école que muni d'un livret de la mairie qui porte son état civil. La même formalité peut être imposée, la loi aidant, à l'apprenti, et toute sa vie, pour ainsi dire, nous appartient. 11 est difficile de soumettre l'adulte à un tel examen : comment, pour son immatriculation, ne pas s'en remettre aux déclarations qu'il lui convient de faire? Toutefois, grâce à des recherches poursuivies avec persévérance, nous sommes arrivés à réunir des indications détaillées et fermes sur l'ensemble des classes des 1er, 10e, 14e et 20e arrondissements (hommes et femmes), et sur les deux classes les plus importantes du 11e et du 12e. C'était un champ d'étude assez étendu pour per-

mettre de considérer comme s'appliquant à l'ensemble de Paris les observations que nous avions pu y relever.

Or on aurait peine à imaginer quelque chose de plus disparate, que l'âge, la profession, le degré de savoir et d'intelligence des élèves qui se trouvaient réunis sur les mêmes bancs.

La disproportion d'âge éclatait dans le simple rapprochement des chiffres suivants :

Pour les hommes, même dans les cours du 1er arrondissement, où le nombre des adultes de 18 ans et au delà l'emportait notablement, le nombre des enfants de moins de 15 ans était encore de plus d'un cinquième.

Au 20e arrondissement, à l'école de la rue Tlemcen, sur 905 inscrits on comptait 164 enfants de moins de 13 ans et 385 jeunes gens de 13 à 15 ans, mêlés à 454 hommes faits.

Même mélange et plus sensible encore dans les cours de la rue Morand et de la rue d'Aligre (11e et 12e arrondissements), lesquels recevaient 510 élèves de plus de 15 ans et 440 de moins de 15 ans.

Les classes des femmes ne présentaient pas des anomalies moins étranges.

Dans le 1er arrondissement, les élèves au-dessous de 15 ans étaient dans la proportion d'un quart ; dans le 20e, 228 enfants de moins de 15 ans étaient réuuies à 161 femmes de 18 ans et plus. Et ce qu'il faut entendre par les élèves de plus de 18 ans, la statistique analytique des cours du 10e et du 14e arrondissement le faisait connaître: on y trouvait 40 élèves de 19 ans, 22 de 20 ans, 68 de 21 à 25, et 87 de 26 à 40.

Entre des âges aussi distants comment établir un enseignement d'une commune mesure?

L'embarras s'accroissait si Ton envisageait la diversité des provenances.

Dans les quatre écoles de la rue d'Argenteuil, de la rue Morand, de la rue d'Aligre, de la rue Tlemcen, il se rencontrait plus de 150 professions de toutes sortes et sans aucune espèce de rapport entre elles. Quelques catégories dominaient : chez les hommes, les bijoutiers, les ciseleurs, les ébénistes, les employés de commerce, les imprimeurs, les mécaniciens, les passementiers, les tourneurs sur cuivre ou en bois ; chez les femmes, les couturières, les comptables, les fleuristes. Les autres professions se chiffraient plus ou moins par unités ; et elles étaient rapprochées, confondues pêle-mêle, dans la même classe, au hasard du domicile, depuis la modiste jusqu'à la chiffonnière, depuis le commis d'administration jusqu'au coupeur de poil de lapin.

Ce qui achevait la confusion, c'était l'inégalité absolue des connaissances et des aptitudes. Non seulement chaque élève arrivait avec ses besoins propres; mais le degré des besoins variait avec l'individu : les uns savaient mal ce qu'ils savaient; les autres savaient a peine quelque chose; le plus grand nombre ne savait rien.

Le mal était d'autant plus grave que les instituteurs ne pouvaient ni s'en étonner ni s'en plaindre. A l'origine, pour stimuler le zèle du personnel enseignant, il avait été établi que la rémunération serait proportionnelle au nombre des élèves présents, et cette règle s'était conservée. Le directeur seul jouissait d'une rétribution fixe de 300 francs, en raison des devoirs de surveillance générale qu'il avait à remplir. Si l'école ne réunissait que 60 élèves, l'indemnité éventuelle était de 5 francs par tête d'élève; elle était fixée à 10 francs

au delà de 60 élèves, c'est-à-dire dès qu'il y avait lieu de former une seconde classe, une troisième, etc. Cette rétribution de 10 francs par an et par tête d'adulte étant le seul bénéfice des maîtres, qu'arrivait-il? C'est que leur intérêt était d'attirer le plus d'élèves possible, quelle qu'en fût la valeur, en d'autres termes, de garnir les bancs. Intérêt respectable après tout, car les charges d'un père de famille, à Paris, sont lourdes, et pour un homme qui, depuis 9 heures du matin jusqu'à 5 heures du soir, a dirigé les classes du jour, c'est un rude labeur de recommencer une classe nouvelle de 8 à 10 heures du soir. Intérêt malheureusement presque unique, ou qui n'était pas suffisamment balancé par un intérêt d'un autre ordre, puisque les cours d'adultes, visités sans doute par l'inspection, mais visités à de longs intervalles à cause de leur nombre et de leur dissémination, manquaient, en outre, de sanction, aucun examen final n'en consacrant les résultats.

La conséquence de cet état de choses, on la devine. Si dévoué que soit le maître, disaient les meilleurs directeurs, il ne saurait assez se multiplier pour distribuer à chacun les secours qui lui sont nécessaires. Pendant qu'il fait épeler les ignorants, les autres ne peuvent guère travailler avec fruit, car eux aussi sont des ignorants à leur degré. S'occupe-t-il au contraire des plus avancés, les derniers ne font absolument rien ; et l'ennemi commun est là, le sommeil, dont on ne triomphe qu'en donnant aux uns et aux autres un rôle actif. Parvînt- on par impossible à soumettre tout son auditoire à quelque exercice d'ensemble, la discipline est un autre obstacle presque insurmontable. Avec les apprentis, un contrôle rigoureux, une main ferme est nécessaire. Il est indispensable que de leur part toute absence ou tout retard soit expliqué : sans ces précau-

LES CLASSES D'ADULTES. lli

tîons, la classe du soir ne serait plus qu'un prétexte à sortie, et Dieu sait où vont les apprentis qui font l'école buissonnière! Dans la classe même, leur âge, leurs habitudes exigent une volonté qui ne fléchisse point. Ainsi ne saurait-on faire pour les adultes. Voilà un homme qui s'arrache à son repos ou à son plaisir pour revenir sur les bancs. Ce qu'il compte y trouver, c'est une aide cordiale, d'affectueux conseils, des directions qui lui permettent de regagner le temps perdu. Il fait déjà un sacrifice considérable d'amour-propre, s'il est ignorant; de liberté et de distraction, s'il a en vue des études sérieuses, en prenant place au milieu de ces enfants toujours disposés au désordre et à la raillerie. Imposez-lui les mêmes règles qu'à eux : il est froissé et il s'éloigne.

La situation ainsi définie, on ne pouvait espérer d'en conjurer ou d'en corriger les effets que par un ensemble de mesures pédagogiques. Les principales nous parurent devoir être les suivantes :

1° Organiser les cours dans les écoles les plus accessibles de chaque arrondissement, sur les plans des classes du jour, c'est-à-dire en divisant l'enseignement en trois degrés — degré élémentaire, degré moyen, degré supérieur, — de façon à pouvoir réunir dans une même classe des élèves capables de suivre le même enseignement ; si, dans une même école, l'organisation des trois degrés n'était pas possible faute d'un nombre suffisant d'élèves, n'en établir qu'un ou deux, sauf à créer l'autre ou les deux autres dans une école plus favorisée du même quartier.

2° Supprimer les cours trop rapprochés les uns des autres, l'adulte qui a le désir de s'instruire ne regardant

pas à faire quelques pas de plus pour aller chercher une direction mieux appropriée à ses besoins.

3° Séparer les apprentis des adultes proprement dits, en sorte que les maîtres puissent, d'accord avec les patrons, prendre toutes les mesures de surveillance nécessitées par l'âge et par la condition légale des apprentis. En assimilant aux adultes les apprentis au-dessus de 13 ans, la loi du 15 mars 1850 a marqué la limite.

4° Fixer la durée normale des cours à sept mois, du 15 octobre au 15 mai, les irrégularités de fréquentation se produisant le plus souvent avec le commencement des chaleurs, et rendant dès lors presque impossible un enseignement suivi.

5° Établir, comme sanction des cours, un certificat d'études spécial, en plaçant les examens du 15 mai au 15 juin.

6° Donner à l'enseignement dans les deux premiers cours (élémentaire et moyen) un caractère essentiellement pratique : choisir des exercices orthographiques courts et attachants par le fond des idées et des sentiments ou par leurs applications aux usages de la vie, des exercices de calcul empruntés aux opérations les plus ordinaires du commerce et de l'industrie; s'en tenir pour la géographie aux traits généraux étudiés sur la carte; pour l'histoire nationale, à un exposé succinct de la série des grands faits éclairés par des lectures.

7° Créer, au-dessus des cours supérieurs, dans les écoles où se rencontreraient les éléments pour le faire, des classes de perfectionnement, où les adultes pour-

vus du certificat d'études recevraient un enseignement complémentaire sur les matières facultatives de l'instruction primaire, — arithmétique appliquée à la comptabilité, notions de sciences physiques et d'histoire naturelle applicables aux usages de la vie, notions de commerce, d'industrie et d'hygiène, — et qui seraient l'objet d'un examen, complémentaire aussi, du certificat d'études.

8° Attribuer aux instituteurs chargés des classes d'adultes un traitement fixe ; ce qui n'accroîtrait pas les charges, un certain nombre de cours devant être supprimés, et la durée de tous les cours étant réduite à sept mois1.

1. Ces mesures ont été sanctionnées par l'arrêté du 10 août 1877, dont voici la teneur :

Le Préfet de la Seine,

Vu le rapport par lequel l'Inspecteur général de l'instruction publique, directeur de l'enseignement primaire du département, propose d'introduire dans l'organisation des cours d'adultes et d'apprentis, à dater de l'année scolaire 1877-1878, les modifications dont les bases ont été posées dans son mémoire en date du 25 septembre 1875 ;

Vu la loi du 19 mai 1874 sur le travail des enfants employés dans les manufactures et les apprentis;

Vu la circulaire du Ministre de l'intérieur en date du 5 mai 1865;

Vu le budget municipal de 1877, chap. XX, art. 6,

Arrête :

Article premier. — Les écoles du soir sont ouvertes, chaque année, du 15 octobre au 50 juin. Les cours pour les adultes-hommes et les apprentis ont lieu de 8 à 10 heures ; les cours pour les adultes-femmes et les jeunes filles apprenties, de 7 heures et demie à 9 heures et demie.

Art. 2. — L'inscription des élèves se fait à l'école. Les registres d'inscription sont ouverts pendant toute la durée des cours. Ils contiennent l'indication des nom et prénoms des élèves, du lieu et de la date de leur naissance, de leur domicile et de leur profession. Pour les apprentis, garçons et filles, il est pris note, en outre, du nom et de l'adresse du patron. Aucun apprenti n'est admis s'il n'est présenté soit par ses parents, soit par son patron.

Art. 5. — Il est formé une section spéciale d'apprentis dans toute école où les inscriptions des élèves de cette catégorie atteignent au minimum le chiffre de 30. Dans les écoles où, faute d'un nombre suffisant d'apprentis, une section spéciale ne peut être organisée, les adultes et les apprentis, réunis dans une classe commune, sont placés sur des bancs distincts.

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La réforme s'accomplit dans des conditions qui contribuèrent à en faire ressortir le bienfait.

Art. 4. — Tout élève apprenti, garçon ou fille, reçoit, à son entrée dans l'école, un livret portant son nom et celui de la personne, patron ou parent, par laquelle il est présenté. Les notes concernant le travail de l'apprenti, son assiduité, sa conduite, sont chaque semaine consignées par le directeur ou la directrice sur ce livret, que l'élève rapporte à la classe suivante visé par la personne désignée pour lui servir de répondant. Toute absence d'un apprenti est immédiatement signalée par un bulletin envoyé au domicile de la famille ou du patron. L'élève n'est admis à rentrer en classe que s'il justifie, par un certificat régulier, des motifs de son absence.

Art. 5. — L'enseignement est divisé dans les écoles du soir conformément aux principes établis pour les écoles du jour et comprend trois degrés : élémentaire, moyen, supérieur. Toute école du soir se compose nécessairement d'un cours élémentaire et d'un cours moyen. Le cours supérieur n'est organisé que lorsque l'école compte au moins 30 élèves en état de le suivre. Chaque cours est partagé en autant de divisions que l'exige le nombre des élèves présents. L'effectif normal d'une division est de 50 élèves présents en moyenne.

Art. 6. — Aucun cours, aucune division de cours ne peut être créé qu'en vertu d'un arrêté.

Art. 7. — Les directeurs et les directrices tiennent les registres d'inscription, répartissent les élèves entre les différents cours, veillent au maintien du bon ordre, tant à l'entrée qu'à la sortie, s'assurent que l'appel nominal est fait exactement, contrôlent le pointage sur le registre et suivent la marche des études dans toutes les classes. Tous les trois mois, ils dressent, en double expédition, un tableau indiquant: i° le nombre des élèves inscrits; 2* la moyenne des présences; 3° les résultats obtenus. L'une des expéditions est envoyée, avant les 5 janvier, 5 avril et 5 juillet, à l'inspecteur de l'enseignement primaire de la circonscription, l'autre à l'inspecteur ou à l'inspectrice du matériel des écoles. Ceux-ci les transmettent, avec leurs observations, avant le 15 des mêmes mois, à l'inspecteur général de l'instruction publique, directeur de l'enseignement primaire du département.

Art. 8. — Chaque année, du 15 au 30 juin, il est ouvert une session spéciale pour l'obtention du certificat d'études primaires en faveur des adultes et des apprentis âgés de quatorze ans au moins.

Art. 0. — La rétribution éventuelle, calculée d'après le nombre des élèves, est supprimée et remplacée par une indemnité annuelle payable en trois fractions égales aux mois de janvier, avril et juillet.

Art. 10. — L'indemnité annuelle accordée à ehaque maître chargé d'une classe d'adultes ou d'apprentis est fixée à 600 francs.

Art. 11. — Les directeurs et les directrices des écoles dans lesquelles sont établis des cours du soir reçoivent une indemnité proportionnelle, calculée d'après les bases ci-dessous déterminées :

1" catégorie : Directeurs ou directrices d'écoles comprenant au minimum 6 classes distinctes d'adultes ou d'apprentis 1000 fr.

2 catégorie : Directeurs ou directrices d'écoles comprenant de 4 à G clauses 800

Au 1er janvier 1878, 6191 élèves sur 10 688, soit 60 pour 100, appartenaient à la catégorie des apprentis :

5e catégorie : Directeurs ou directrices d'écoles comprenant 3 classes 500

i9 catégorie : Directeurs ou directrices d'écoles comprenant 2 classes. , 300

Sont comptés comme classes distinctes pour l'attribution de l'indemnité de surveillance et de direction :

1° Chaque division d'enseignement primaire dirigée par un maître;

2° Chaque cours de dessin — dessin d'art ou dessin géométrique, — quel que soit le nombre des professeurs attachés à ce cours.

Art. 12. — Les directeurs et les directrices de la première catégorie ne font point de classes, sauf dans le cas où ils sont appelés à remplacer un maître absent. Ils se doivent tout entiers à la surveillance et à la direction générale des cours, ainsi qu'aux rapports journaliers qu'ils ont à entretenir avec les familles et avec les patrons des apprentis. Leur présence à l'école est de rigueur pendant toute la durée des classes.

Art. 13. — Les directeurs et les directrices des 2% 3e et 4e catégories peuvent être autorisés, sur leur demande, à faire une classe. Ils reçoivent, dans ce cas, l'indemnité fixe de 600 francs accordée aux maîtres enseignants, et leur indemnité de surveillance est réduite de moitié.

Art. 14. — Les présentes dispositions seront mises en vigueur à dater du 15 octobre 1877.

Art. 15. — Est arrêtée, conformément à l'état ci-annexé, la liste des écoles du soir qui seront ouvertes à ladite date du 15 octobre 1877.

En conséquence de cet arrêté, le nombre des cours était réduit à 89 : 55 pour les hommes, 55 pour les femmes.

L'arrêté du 29 octobre 1881 a pourvu à l'organisation des cours complémentaires, sous le nom de « cours d'enseignement professionnel, commercial et industriel ». Les cours d'enseignement commercial comprennent : la tenue des livres et la comptabilité, des exercices de correspondance commerciale, la géographie industrielle et commerciale, la technologie (étude des matières et des procédés de fabrication), la législation usuelle, les langues vivantes. Les cours d'enseignement professionnel comprennent l'étude des sciences mathématiques, mécaniques, physiques et naturelles enseignées au point de vue de leurs applications industrielles, le dessin et ses applications à l'industrie, la comptabilité, des notions de droit commercial et industriel. — L'enseignement est de part et d'autre divisé en deux degrés : degré élémentaire et degré supérieur: chacun de ces degrés comprend deux années d'études, soit au total quatre années pour l'enseignement complet. — Pour être admis à suivre les cours, tout élève doit être muni du certificat d'études primaires ou subir un examen équivalent. — Des certificats spéciaux sont délivrés, après examen, à ceux qui ont suivi les cours. — Ces certificats sont de deux degrés : certificat d'études commerciales élémentaires, certificat d'études commerciales supérieures. — Toutes ces mesures sont applicables aux garçons et aux jeunes filles. (Voir le Bulletin de renseignement primaire de la Seine, année 1881, n° 242.)

Le nombre des cours d'enseignement professionnel, commercial et industriel a été à l'origine de 17 : 8 pour les jeunes gens, 9 pour les

jeunes gens, !2629 sur 6580; jeunes filles, 1868 sur 4108. Parmi ces jeunes gens et ces jeunes filles, 521 (17 pour 100) étaient classés dans les cours supérieurs; 2572 (40 pour 100) dans les cours moyens; 3098 (43 pour 100) dans les cours élémentaires.

jeunes filles. 11 est aujourd'hui de 15 pour les hommes, de 15 pour les femmes.

Depuis 1882 il a été délivré 577 certificats, ainsi répartis :

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