‹ Education et instruction (volume 3)Chapitre 48 sur 88 · ATELIERS · texte numérisé non relu

ATELIERS

1" ANNÉE

2* ANNÉE

3* ANNÉE

TOTAL

Menuiserie, ébénisterie et tour. . .

Forge, ajustage, serrurerie et tour sur métaux . . .

Chaudronnerie. .

Fonderie

Totaux. . . .

Ces cours n'existent que depuis deux ans.

L'école possède une machine à vapeur, un ventilateur pour la forge, des tours, des foreries, une machine à raboter pour l'ajustage, une scie circulaire, une machine à découper pour la menuiserie. Les apprentis sont d'abord exercés au travail manuel des petits ateliers, puis ils apprennent à diriger les machines-outils : à tour de rôle, ils conduisent le moteur et la chaudière. A la fin du stage triennal, un diplôme spécial et un outillage complet sont accordés aux élèves qui possèdent théoriquement et pratiquement la connaissance de leur métier. L'outillage seul est accordé à ceux qui ne peuvent justifier que de la connaissance pratique. En outre, il est distribué, chaque année, une prime proportionnelle au savoir-faire et à l'assiduité.

J'ai eu récemment l'occasion de visiter l'établissement. J'y ai passé plusieurs heures. Les jeunes menuisiers travaillaient à des pupitres d'un nouveau modèle destinés aux écoles primaires; les serruriers, à des ferrures de portes et de fenêtres, préparées pour les mêmes établissements. Ils étaient fiers, les uns et les autres, de montrer différentes machines exécutées dans l'établissement par leurs devanciers ou par eux-mêmes, ventilateurs, régulateurs, chariots, etc. Une machine à vapeur, de la force de deux chevaux, était en construction dans l'atelier de serrurerie.

Quelle est la valeur de ces divers systèmes? Ce qu'ils ont de commun, et ce qu'il faut tout d'abord y relever, c'est : 1° que les établissements où ils sont appliqués n'admettent les enfants que sous des conditions de justification d'âge et d'études élémentaires qui établissent entre l'école proprement dite et l'école d'apprentissage une ligne de démarcation aussi profitable au développement physique qu'au développement intel-

lectuel de l'enfant; 2° qu'on se préoccupe de l'éducation morale, et que les directeurs rendent en général bon témoignage de leurs élèves, ce qui s'explique par la la nature même de leur régime de vie discipliné ; 5° qu'on s'efforce de faire une part à la théorie à côté de la pratique, et que les résultats de ce double enseignement sont efficaces. Au Havre, par exemple, où les apprentis demeurent à l'école jusqu'à 16 ans, les élèves sortants trouvent à se placer pour la plupart — 35 sur 50 — dans des établissements qui leur payent immédiatement la moitié, quelquefois les deux tiers de la journée ordinaire. A Paris, « la moyenne des salaires obtenus par les apprentis formés à Saint-Nicolas, de 1859 à 1864, a été de 3 fr. 751. » D'où l'on voit, ajoute la note dont nous extrayons ce renseignement8, « que l'apprentissage à Saint-Nicolas est réel, puisque des jeunes gens de 16 à 18 ans peuvent, à leur début dans l'industrie où ils continuent leur éducation professionnelle, gagner d'aussi bons salaires. »

Mais dans les trois premiers systèmes, l'action est restreinte à un petit nombre d'enfants. Les écoles de la Giotat et du Greuzot sont exclusivement ouvertes aux fils des ouvriers de la Compagnie ou de l'usine, et c'est la Société des Amis de l'Enfance qui pourvoit.

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