Voici le détail : fr. c
Ciseleurs en bronze 4 22
Tourneurs en optique 3 91
Dessinateurs pour châles 4 01
Doreurs sur bois 3 »
Bijoutiers 4 »
Sculpteurs sur bois i »
Layetiers-emballeurs 3 75
Selliers, malletiers 3 50
Facteurs d'instruments de musique 3 62
Ébénistes 3 25
2. Commission de renseignement technique, Rapport et notes, p 127
par des bourses, à l'éducation de la majeure partie des 100 apprentis de Saint-Nicolas.
En outre, quel que soit le zèle apporté au maintien de la proportion à observer entre la théorie et la pratique, il faut bien le reconnaître, dans les établissements où l'école est une annexe de l'atelier, l'enseignement théorique, si utile à la bonne direction de l'apprentissage, est laissé à un rang secondaire1.
Si, sous le rapport de la double instruction indispensable, l'école de Nantes présente plus de garanties, on ne peut se dissimuler qu'à moins de multiplier les écoles d'apprentis, il serait bien difficile d'appliquer l'idée à Paris, où le parcours des distances de l'atelier à l'école absorberait une grande partie de la journée utilisable.
Enfin, autant il est bon que des sociétés privées se chargent d'un patronage reposant sur le système du pensionnat, comme à Saint-Nicolas, autant il nous paraîtrait dangereux de donner à ce mode d'éducation le caractère d'une institution municipale. L'internat de Saint-Nicolas est d'ailleurs, à bien des égards, un orphelinat : ce qui en justifie l'organisation2.
Les trois premiers systèmes d'école d'apprentissage peuvent donc être donnés en exemple à l'initiative privée, et participer comme les autres à toutes les formes d'encouragement et de subvention ; nous n'en voudrions
1. Bulletin de la Société de protection des apprentis, 2e année, 1868, p. 129 et suiv. ; 3e année, 1869, p. 54 et suiv.
2. Ce sont les mêmes raisons qui ont fait récemment appliquer linternat aux établissements publics destinés à recevoir les enfants moralement abandonnés.
repousser aucun. Mais, seule, l'école du Havre nous semble, quant à présent du moins, pouvoir être prise comme type de l'essai que nous voudrions tenter.
Reste à déterminer le mode d'administration de l'établissement et le choix des industries auxquelles il serait appliqué.
Deux modes d'administration ont été suivis jusqu'ici dans les écoles d'apprentissage : le mode de gérance directe par un directeur dépendant de la municipalité; le mode de gérance avec le concours et par l'intermédiaire de patrons. Le premier est celui qui a été adopté à l'école du Havre; le second est en usage dans les établissements de Saint-Nicolas.
A Saint-Nicolas1, « les élèves sont mis à la disposition et sous la direction de patrons qui les font travailler pour leur compte, fournissent les outils et la matière et les forment, soit par eux-mêmes, soit à l'aide d'ou-
1. Commission de l'enseignement technique. Rapport et notes, p. 126. — C'est aussi le mode qui est appliqué à l'école industrielle de Lille : « A Lille, l'entreprise des travaux, le payement des ouvriers et des matières sont concédés à un entrepreneur intelligent, sorti lui-même des écoles d'arts et métiers, qui compte bien, pendant les cinq années de son entreprise, en tirer un très bon parti. La réussite ne nous paraît pas douteuse : les élèves prendront plus de goût à leur travail, parce qu'ils verront qu il est déjà utilisable : au point de vue financier comme au point de vue de l'instruction technique, cette combinaison est donc digne d'intérêt. » De l'organisation de l'enseignement industriel, etc., par MM. le général Morin et Tresca, ch. 1, § 4.
vriers-maîtres ; les produits appartiennent aux patrons, qui, pendant les trois premières années, profitent, sans rétribution, du travail des apprentis, et qui, à la quatrième année, payent à rétablissement un franc par journée de travail de l'élève ».
Au Havre, c'est la municipalité qui a créé et qui entretient à ses frais l'outillage de l'établissement ; c'est elle aussi qui fournit la matière première. Sous le bénéfice de cette combinaison, elle donne à exécuter dans l'école certains ouvrages de menuiserie et de serrurerie pour les propriétés communales. D'un autre côté, grâce au zèle d'un comité de patronage, composé d'administrateurs, d'architectes et d'entrepreneurs, les industriels font des commandes à l'école, et le produit des travaux est partagé aux élèves classés par catégorie de mérite, réserve faite d'une quotité déterminée pour l'achat de l'outillage accordé aux apprentis sortants. Le tableau suivant peut donner une idée de l'importance relative des bénéfices distribués de 1867 à 1870: