Voir l'ordonnance du 11 mars
En 1850 les bourses furent supprimées. Si insuffisant que fût le contingent des jeunes gens formés pendant ces quinze ans, il fournissait du moins une élite. Cette élite venant à manquer, le recrutement du personnel se trouva livré à tous les hasards. Les jeunes gens qui subissaient l'examen du brevet de capacité devant la commission de l'Hôtel de Ville, comme on a appelé de tout temps la commission des examens de Paris, se portaient de préférence vers l'enseignement libre, dont les méthodes n'étaient pas asservies à la routine du mode mutuel. Lorsque, à partir de 1854, le mode simultané commença à être introduit dans les écoles publiques, on était réduit à admettre, sur des renseignements recueillis à distance, les maîtres qui se présentaient des départements voisins et qui, le plus souvent, ne venaient à Paris que parce qu'ils n'avaient pas réussi chez eux : tristes auxiliaires pour la plupart, et dont nous nous séparions promptement sans doute, mais à qui il avait suffi de quelques semaines passées dans nos classes pour y troubler la discipline et renseignement!
Les cours normaux dirigés par M. Sarazin et Mlle Sauvan en vue de former le personnel municipal subsistaient encore. Mais on sait quels en étaient le caractère et la portée. Le stage des élèves-maîtres dans les écoles normales de Suisse et d'Allemagne n'est nulle part de moins de trois ans : il est de quatre ans dans quelques-unes; en Saxe il va jusqu'à six ans. Les cours normaux duraient trois mois; il y en avait trois par an1. En trois mois on se flattait de faire l'éducation d'un maître ; il est vrai qu'on ne se proposait que de lui inculquer les procédés de l'école mutuelle. Toutefois, si