‹ Education et instruction (volume 3)Chapitre 59 sur 88 · Voir plus haut, page · texte numérisé non relu

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d'instruction élémentaire de la ville de Paris sont entièrement gratuits. Les résultats de notre enquête, embrassant une sorte d'élite, sont, à plus forte raison, applicables à la masse. Il est peu vraisemblable, en effet, que les parents dont les enfants quittent l'école trop tôt pour recueillir tous les avantages des études qu'on y peut faire, soient dans une condition de fortune relativement plus aisée que ceux qui les laissent sur les bancs des classes jusqu'à l'âge normal de l'entrée en profession.

Ces 2530 enfants se partageaient en 581 garçons, candidats aux bourses dans les écoles supérieures, et 1949 filles ayant pris part aux examens du certificat d'études primaires. Or, parmi les 581 familles de ces jeunes garçons, 3 pour 100 environ exercent une profession dite libérale ; le petit commerce et les emplois inférieurs dans les administrations publiques ou privées sont représentés, au contraire, par une proportion de 23 pour 100; les états manuels par une proportion de 74 pour 100.

Pour les 1949 jeunes filles, le chiffre proportionnel des parents qu'on peut faire rentrer dans la catégorie des professions libérales est de 5 pour 100, celui des employés subalternes ou des petits commerçants de 53 pour 100, celui des états manuels de 62 pour 100. Encore faut-il remarquer que les enfants des familles qui forment, en presque totalité, la catégorie des professions libérales, proviennent des écoles libres, c'est-à-dire des écoles payantes, comprises dans l'ensemble de ce relevé.

On est donc en droit de conclure aussi, sur ce point, que les dépenses scolaires de la ville de Paris sont appliquées aux enfants appartenant à la classe sociale pour laquelle l'école publique est faite.

Reste la troisième question. Ces dépenses sont-elles fructueuses? Ceux dont elles ont pour objet d'assurer l'éducation les mettent-ils à profit? On en pourra juger : 1° par la statistique de la fréquentation; 2° par les résultats des examens; 3° par la constitution des cadres des écoles.

A la suite de l'appel nominal qui a été fait dans toutes les classes au mois de mai 1877, sur un total de 93 15.7 élèves inscrits il a été constaté 3599 cas d'absences non justifiées par des raisons de force majeure, soit une moyenne proportionnelle de 3,64 pour 100. Le rapport établi séparément pour les écoles de garçons et les écoles de filles atteignait 4,21 pour 100 pour les filles; il n'était que de 3,13 pour 100 pour les garçons. Les filles n'avaient quelque avantage sur les garçons que dans quatre arrondissements, les 1er, 8e, 5e et 6e. Ce qui s'explique par les services que la jeune fille, dès qu'elle est arrivée à l'âge de raison, commence à rendre dans la maison domestique. Peut-être, toutefois, les familles de certains quartiers qui comptent au nombre des plus aisés poussent-elles jusqu'à un abus regrettable le parti qu'elles tirent de leurs enfants. Dans aucun arrondissement, d'ailleurs, le chiffre des absences non justifiées, soit pour les garçons, soit pour les filles, ne s'élevait au-dessus de 6,50 pour 100; c'est-à-dire que le nombre des présences était au minimum de 93 pour 100; et, dans la comparaison d'ensemble, les arrondissements de la périphérie ne tiennent pas le dernier rang.

Ce résultat, satisfaisant en lui-même, est meilleur encore quand on le compare à celui des communes suburbaines. Dans les arrondissements de Saint-Denis et de Sceaux, la proportion des absences non justifiées était, à la même époque, pour les écoles de garçons,

de 8,54 pour 100, pour les filles, de 11,^ moyenne 9,82.

soit en

Ces proportions sont bonnes à rapprocher des chiffres que fournit la statistique du vagabondage. Il y a quelques années, on évaluait à 10 000 le nombre des enfants qui étaient arrêtés annuellement sur les différents points de Paris. La destruction des archives de la Préfecture de Police ne nous a pas permis de vérifier l'exactitude de cette évaluation. Mais nous avons pu nous rendre compte avec précision du chiffre annuel des arrestations, de 1872 à 1877. En 1872 il avait été de 5004; il est descendu, en 1877, à 1716, soit une diminution de plus de 57 pour 100. Ajoutez que ce nombre embrasse tous les vagabonds de moins de seize ans et que les apprentis y sont confondus avec les enfants d'âge scolaire proprement dit. Mais ce qu'on doit noter surtout au point de vue de la moralité publique, c'est que la proportion des filles, qui est en général très inférieure à celle des garçons, s'est abaissée, depuis 1872, dans une mesure de près de 37 pour 100 *.

1. On trouvera dans l'état ci-après le détail de cette statistique avec la distinction des sexes et l'indication des motifs de l'arrestation :

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