‹ Education et instruction (volume 3)Chapitre 60 sur 88 · DU SEXE · texte numérisé non relu

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A Paris, comme dans les arrondissements suburbains, c'est naturellement sur les effectifs des cours élémentaires que porte le chiffre le plus considérable des absences, et surtout celui des absences non justifiées. Les enfants de cet âge n'ont pas encore pris goût à l'étude, et les familles les laissent plus aisément manquer la classe. Il y a progrès cependant dans leur assiduité, et ce progrès doit être en partie attribué à la première instruction acquise dans les salles d'asile. Arrivés à l'école, les enfants se trouvent dès l'abord dans des conditions meilleures pour en suivre les leçons. Les résultats de l'enseignement des salles d'asile ont été particulièrement marqués depuis cinq ans. En 1873, 1745 enfants en étaient sortis sachant lire; en 1874 on en comptait 1873; en 1875, 2196; en 1876, 2578; en 1877,2754.

Dans le cours supérieur, les négligences de fréquentation sont une exception. Les élèves ont l'émulation de l'exactitude; ils en comprennent l'utilité; ils en éprouvent le besoin. S'ils sont arrêtés par un cas de force majeure, ils se tiennent au courant des leçons et des devoirs de la classe; ils sentent la gravité des lacunes. C'est le bénéfice des examens du certificat d'études qui tiennent les esprits en haleine et concourent ainsi à développer les habitudes de persévérance et de ponctualité dans le travail.

L'effet s'en retrouve dans les examens eux-mêmes. L'an dernier, sur les 14105 élèves appartenant au cours supérieur, tant dans les écoles de Paris que dans les écoles suburbaines, 5236, soit environ 40 pour 100, ont pris part aux examens; et si l'on considère que, parmi ces 14105 enfants, quelques-uns n'avaient pas tout à fait l'âge réglementaire pour prétendre au certificat,

que d'autres en étaient déjà pourvus et n'étaient restés à l'école qu'en vue d'obtenir quelque récompense supérieure : prix d'excellence, livret décaisse d'épargne, etc., la proportion s'élève à près de 50 pour 100. C'est encore trop peu, sans doute, relativement à ce que nous devons obtenir, le certificat n'étant que la sanction des études régulières que tout élève d'intelligence moyenne peut arriver à mériter; c'est déjà quelque chose toutefois, si Ton remarque qu'en 1869, c'est-à-dire la première année où l'examen a eu lieu, le nombre des candidats n'était que de 2193.

Le progrès est particulièrement sensible dans les résultats de l'examen. Le rapport des admissions aux présentations était, en 1870, de 35,20 pour 100 (garçons et filles réunis); il est aujourd'hui de 63,95 pour 100 ou près du double. Les écoles de filles surtout se sont élevées dans l'échelle. Parties de 28,26 pour 100 en 1869, elles ont atteint 77,09 pour 100 en 1875 et elles se maintiennent, depuis cette époque, autour de 70 pour 100. Dans certains établissements il a pu être organisé deux divisions de cours supérieur, et l'on s'en trouve bien. Donner un but à l'activité de l'enfant, c'est doubler ses forces. Les concours qui ne s'adressent qu'à l'élite risquent de fausser la direction de l'émulation. Les examens qui intéressent l'ensemble des classes font pénétrer dans tous les rangs le salutaire besoin de l'effort1.

La répartition des élèves entre les différents cours ne fournit pas des données moins intéressantes que la sta-

1. Conformément au même principe, des compositions générales ont été faites, cette année (1878), dans toutes les classes où l'enfant était capable de tenir une plume. Les compositions portaient sur l'écriture, l'orthographe et le calcul. L'orthographe a été meilleure, chez les filles surtout, que le calcul. Dans les classes des cours supérieurs il n'y avait pas de non-valeurs. Plusieurs classes des cours moyens étaient d'une éga-

tistique de la fréquentation et le relevé du résultat des examens.

En 1867 les cadres de quelques écoles présentaient des anomalies singulières. Certaines classes avaient un aspect de refuges. Je n'oublierai jamais l'effet que produisirent sur moi les espèces de ragged-schools du 11e, du 18e, du 19e et du 20e arrondissement; on y trouvait accumulés des enfants de tous les âges et qui n'avaient de commun qu'un même degré d'ignorance. C'était plus que de l'ignorance. La physionomie, l'attitude, tout trahissait en eux une misère morale profonde. L'expérience précoce qu'ils avaient faite de la vie rendait leur contact dangereux pour leurs camarades; on les rassemblait pour les isoler. Le plus souvent aussi on désespérait de leur éducation, et l'on ne pouvait arriver qu'à grand'peine à leur inculquer, avec les éléments de la lecture et de l'écriture, les principes de l'instruction morale et religieuse.

A côté de ces agglomérations déplorables, qui n'étaient qu'une exception, d'autres écoles — et le plus grand nombre — présentaient d'étranges disparates. Les inégalités de niveau dans le développement de l'intelligence des enfants réunis dans la même classe étaient telles, que l'homogénéité de l'enseignement paraissait presque impossible à établir. Ajoutez qu'on se faisait du cours supérieur l'idée d'un degré inaccessible. Cependant de 1867 à 1870 on s'est peu à peu rapproché de ce cours, et en 1870 la proportion des élèves qui

lité remarquable ; la ligne si expressive du tracé graphique par lequel ont été figurés les résultats se maintenait ferme et droite. Elle fléchissait davantage dans certaines divisions élémentaires. Cependant l'effort déployé pour ne laisser aucun enfant s'attarder dans la paresse était sensible; partout, à peu d'exceptions près, il y avait eu travail et progrès»

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