‹ Education et instruction (volume 3)Chapitre 6 sur 88 · L'Enseignement mutuel, par Joseph Hamel · texte numérisé non relu

L'Enseignement mutuel, par Joseph Hamel

2 Plan d'éducation pour les enfants pauvres, d'après les deux méthodes combinées du docteur Bell et de M. Lancaster, par le comte Alexandre de Laborde, membre de l'Institut, chap. i. — Cf. préface, Paris, 1815.

3. Voir le Mémoire de François de Neufchâteau sur la Méthode pratique pour apprendre à lire aux enfants dans les écoles primaires (an VII), le rapport de G. Cuvier sur Vinstruction publique en Hollande (1811), le Projet d'organisation pour les écoles primaires de F. Cuvier (1815) et le décret de Carnot (27 Avril 1815).

inférieure du peuple le genre d'éducation intellectuelle et morale le plus approprié h ses besoins)), ne paraissaient pas des garanties suffisantes. On reprochait à la méthode Lancastrienne sa provenance étrangère et le patronage qu'elle avait trouvé sous l'Empire auprès de Garnot. On l'accusait d'ébranler les bases de l'ordre social, en déléguant à des enfants un pouvoir qui ne devait appartenir qu'à des hommes. Le gouvernement lui-même s'était entremis, sans succès, « pour rassurer les personnes raisonnables et les bons esprits1 »• L'enseignement mutuel était devenu < une question politique ; c'était le terrain sur lequel les passions se livraient bataille. Suivant l'opinion, on tenait pour ou contre, comme s'il se fût agi d'un article de la Charte.

« Je vois les partisans des progrès de l'ignorance lever contre lui leurs cornes menaçantes, écrivait l'un de ses promoteurs les plus résolus; ils considèrent que l'instruction est dangereuse; c'est elle qui, selon eux, a causé la révolution en France2. » En 1816 Louis XV111 avait, au témoignage de Cuvier, ajouté de sa main au

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