‹ Education et instruction (volume 3)Chapitre 7 sur 88 · Moniteur officiel, i août · texte numérisé non relu

Moniteur officiel, i août

2. Plan d'éducation déjà cité, chap. xiv. — Cf. Chap. n. «Je les vois, dit ailleurs le comte de Laborde, chasser dans la rue mes pauvres enfants, et les traiter comme le commis de Chatam dans la jolie scène de Shakespeare. « Smith : Le commis de Chatam ! il sait lire, écrire et compter.

— Cade : Oh I l'horreur! — Smith : Nous l'avons surpris composant des exemples pour des enfants. — Cade : Ah 1 le coquin ! — Smith • Il a dans sa poche un livre avec des letti es rouges. — Cade : Oh ! alors c'est un conspirateur. — Smith : Ce n'est pas tout, il sait faire des contrats et des placets. — Cade : Ma foi, tant pis! Est-il vrai, malheureux, que ta coutume soit d'écrire ton nom, ou bien n'as-tu pas plutôt une marque qui te distingue comme tous les honnêtes marchands? — Le commis : Dieu merci, messieurs, j'ai été assez bien élevé pour savoir écrire mon nom.

— Tous ensemble : Il a tout avoué ! Ah ! le traître ! Qu'on l'emmène ! ah ! le coquin! — Cade: Qu'on l'emmène, dis-je, et pcndez-le sur-le-champ avec sa plume et son écriloire autour du cou. » (Henri VI, acte IV, scène n.)

projet de l'ordonnance du 29 février qu'un fonds du 50000 francs serait chaque année prélevé sur sa cassette « pour être employé : soit à taire composer ou imprimer des ouvrages propres à l'instruction populaire, soit à établir temporairement des écoles modèles dans les pays où les bonnes méthodes n'avaient point encore pénétré, soit à récompenser les maîtres qui se seraient le plus distingués par l'emploi de ces méthodes1 ». En 1820 les ultras de la Chambre demandèrent la suppression de cette dotation. « Que l'on me cite, s'écriait M. Cornet d'Incourt, un seul ennemi de la religion et de la monarchie qui ne soit pas un partisan fanatique de l'enseignemenl mutuel, et je cesse de demander sa suppression. » Le crédit fut maintenu. L'année suivante, M. de Laborde ayant proposé de le doubler, la violence du débat amena à la tribune Royer-Collard et le fit, suivant son expression, a aller au fond des choses ». « Il y a, dit-il, des personnes d'ailleurs respectables qui croient que l'ignorance est bonne, qu'elle dispose les classes inférieures au respect et à la soumission, qu'elle les rend plus faciles à gouverner, en un mot qu'elle est un principe d'ordre. » Et comme quelques voix à droite protestaient qu'on ne disait pas cela : « Si je ne l'entends pas dire en ce moment, poursuivit Royer-Collard, je l'ai souvent lu, et, quand j'entends ces choses ou que je les lis, je suis tenté de me demander s'il y a deux espèces humaines ». La Chambre repoussa l'augmentation demandée par M. de Laborde, mais elle vota les 50000 francs.

Ce qui était au fond des choses, en effet, c'était la question de la diffusion plus ou moins rapide de 1 in-

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