‹ Education et instruction (volume 4)Chapitre 43 sur 87 · Enquête, p · texte numérisé non relu

Enquête, p

2. Enqnéle, p. 408 clsiiiv. — Voir dans la Critique philosopliique le» arlicics de il. Picnoiivicr, novembre et dccombre li77.

ni ENSEIGNEMENT SUPLRIEUR.

générale fait défauts et les lycées ne disconvicn-

I. Ici encore, en raison de l'importance de la question, nous devons citer le texte nii^nie des observations des facultés ; nous ne pnindrons nue les plus expressives.

« Nous n'en devons pas moins constater que les bacheliers qui abordent l'enseignement su()éricur n'y arrivent pas, en frénéral, suffisamment préparcs. D'un côté, ils ne possèdent pas toujours les notions i)rélimjnaires qui leur seraient indispensables; le complément de leur préparation scientifique absorbe ainsi un temps précieux qui devrait être exclusivement consacré a dos études d'enseignement supérieur. D'un autre côté, et sans que nous voulions en reclicrclier ici le motif, nos bacbeliers ne possèdent pas le jibis souvent ces (pialilés de spontanéité, cette manière de penser en quoique sorte indépendante, qui doivent distinguer les élèves de l'enseignement supérieur. Nous l'avons déjà dit, nous avons à déplorer chez les étudiants qui entrent dans nos facultés beaucoup d'incertitude dans les connaissances essentielles, une regrettable ignorance de l'histoire; nous faisons en vain appel à leur activité personnelle, nous relevons tous ces défauts d'iniiiative contre lesquels nous nous efforçons de réagir. » (Faculté de droit de Bordeaux, p. 77, 78.)

n 11 serait très désirable qu'il fut institué un grade littéraire et un grade scientifique intermédiaires entre les baccalauréats et les licences actuels, attestant une capacité et des connaissances suffisantes pour ahordei' avec Iruit les études faisant l'objet de l'enseignement supérieur. » (Faculté des sciences de Cordeaux, p. 93.)

«On est ainsi conduit à proposer d'établir des examens spéciaux à l'entrée des facultés et des carrières publiques. L'idée n'est pas à dédaigner. De tels examens s'ajouteraient parfois utilement à l'examen de fin d'études : la faculté ne pense pas qu'ils puissent le remplacer. La faculté constate que de nombreux étudiants, quoique bacheliers, ont grand peine à comprendre un texte latin de difficulté moyenne, par exemple un texte de Gaius ou de Juslinien. » (Faculté de droit de Caen, p, 12S, 129.)

« Il faut bien reconnaître, en effet, que les candidats, tels que nous les voyons à chaque session d'examens, laissent beaucoup à désirer; l'ensemble de leurs connaissances ne dépasse pas un niveau moyen bien modeste. » (Faculté des sciences de Caen, p. 151.)

n Que deviendraient les études classiques, si elles n'avaient plus la sanction du baccalauréat, lorsque chaque année la faculté constate de plus en plus la faiblesse extrême des candidats, incapables le plus souvent de traduire uii texte des Institutcs ou du Digeste? » (Faculté de droit de Dijon, p. 201.)

« La faculté déplore depuis quelques années dans ses rapports officiels l'abaissement du niveau des études classiipics. Elle constate chez la plupart des bacheliers qui entreprennent l'étude de la science juridique une grande difficulté pour lire les textes do droit romain, une ignorance presque absolue de l'art de la composition et du style, un manque général de connaissances historiques. » (Faculté de droit de Douai, p. 267.)

« L'abaissement des éludes littéraires et par suite celui de la culture générale qu'elles donnent à l'esprit sont des faits trop certains qui vont s'aggravant chaque jour. Il est incontestable, d'autre part, que les bc-

LE nACCALAURÉAT. I45

nent pas que la préparation qu'ils donnent peut être

soins de l'époque rendent chaque jour plus nécessaire l'exlension des études pos.livcs et i.ratiques. Si l'on ne veut pas, en conséquence, que les ttudes litloraires meurent avant peu de consomption, il faut trancher dans le vif, eu faire résolument l'apanage d'une petite élite » fFa culte des lettres de Douai, p. 2So.) '

. Lorsque létudiant arrive à la faculté de droit, il est fort empêché de traduire couramment le texte le j.lus élémentaire de droit romain et son i-norancc presque complète de l'histoire générale lui interdit de' pouvoir comiuendrc le développement des institutions juridiqiics qui lui sont exposées. Ce n'est pas une exagération de dire que la majorité des étudiants de i>reiuiére année n'est pas capable d'expliquer correctement le laliii, pourtant très simple, des Commentaires de Gains; les pa^^sa^^es juridiques de Cicéron leur demeurent lettre close. Quant à l'histoire "en depil des exigences des programmes du baccalauréat, il n'est que trop (aille de s'assurer que beaucoup d'étudiants n'en connaissent guère les grandes lignes : ils no jieuvent donc retirer aucun fruit de l'enseignement du droit romain et de l'histoire du droit qui leur est présenté dès le début de leurs études juridiques. » (Faculté de droit de Grenoble p. ooo-oW.) '

« Pour jiarler seulement des notions historiques élémentaires indispensables a l'intelligence de l'histoire du droit, nous constatons fréquemment chez un grand nombre d'étudiants une manifeste insuflisance de savoir. ■> (Faculté de droit de Lyon, p. Ô'J2.)

« La faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lvon demande un examen d'entrée spécial (p. 4IO-415j. De même la facu'ltn des sciences (p. 4U).

« La faculté des lettres, très préoccupée de maintenir et même d'élever le niveau des études classiques, pense que les études gagneraient à être envahies par un moins grand nombre d'élèves qui y cherchent moins une culture élevée qu'un grade devenu à la fois indispensable et banal. Lu examen d'entrée à la faculté permettrait d'en interdire l'accès à beaucoup d'incapables, comme on en rencontre parmi les bacheliers actuels, et il répondrait peut-être aux critiques récemment formulées contre l'insuffisante préparation classique des candidats aux diverses licences. » (Faculté des lettres de Lyon, p. il7, 418.)

. Dans l'état actuel, les bacheliers es lettres ou es sciences n'apportent i leur entrée dans les facultés que des connaissances insuffisantes aux études spéciales. Cela est manifeste surtout à l'école de droit, où Ton arrive avec des connai'^sances dérisoires, surtout en histoire «'(Faenlté de droit de Paris, M. Cauwés, p. 389.) — « Dans l'état actuel, il est constant qu'un grand nombre des bacheliers arrivent à l'école sans avoir les connaissances historiques et philosophiques nécessaires. » (/rf., M. Glasson, p. 618.) . L'enseignement classique ne s'adressant pas seulement aux futurs candidats à la licence es lettres, mais à des jeunes gens en nombre infiniment plus considérable qui n'y visent pas, l'instruction littéraire, historique, philosophique, a été naturellement restreinte à la portée et aux besoins du plus grand nombre, et est restée au-dessous de ce qui est indispensable à ceux qui veulent entrer dans l'enseioncment des collèges ou devenir ce qu'on a si bien nommé dans ces deinior temps des étudiants en lettres. » {Id., p. CI2.)

t.s. stp. ly

i4tf ENSEIGNEMENT SL'PERIEUIl.

effeclivemcntinsuffisanle*. On espère trouver le remède dans la création d'un ijaccalaurèat élémentaire commun

« Les jeunes étudiants arrivent dans les écoles munis d'une inslnu-tion prcparatoire lilléraire et si ientifiqne tout à fait insuflisantc » (Farullcde médecine de Paris, p. 0-23, G21.) - « ISos étudiants deux fms iliplomésont d'ordinaire une Tort médiocre culture littéraire et scienlilique; ils ne sauraient, pour la plupart, lire un ouvraye écrit en lansue an-laise ou allemande; et malgré l'extension exagérée sur quelques point» du baccalauréat es sciences restreint, ils ne peuvent généralement suivre un cours élevé de botanique ou de chimie médicales. » (/d., p. bio.J — a Beaucoup d'élèves munis du diplouic de bachelier es lettres ne possèdent aujourd'hui que des connaissances littéraires très incomplètes. » (M., p. «--JS) — La commission est IVappée de rinsufdsancc des candidats qui arrivent munis du baccalauréat es sciences. (W., p. 628.) „ Deaueou|) de nos élèves viennent assister à nos cours sans avoir les connaissances voulues jwur être en état de comprendre les professeurs. . (Faculté des sciences de l'aris, p. 657.)

« L'immense majorité des élèves est hors d'état d'improviser trois pages vraiment bonnes. A très peu d'exceptions près, toutes les copies se ressemblent par un caractère commun d'insignifiance et de médiocrité. » (Faculté des lettres de Paris, p. CiO.) — « Ou peut être bachelier et savonpeu de grec, de latin et même de français. » (M., p. Ci4.)

. .Nourris de littérature latine, nos jeunes étudiants ne seraient pl08 exposés à hésiter dans la traduction, je ne dis pas des textes des jurisconsultes classiques, mais simplement des Institutcs, dont le style n'est cependant pas fait iiour arrêter les moins lettrés. Ils seraient aussi moin.s étrangers aux faits principaux de l'histoire romaine. Enfin, mieux préparés par de fortes éludes philosophiques, ils deviendraient avec moins de peine capables sinon de trouver, au moins de suivre les raisonnements abstraits qui abondent dans la science du droit. » (Faculté de droit de Toulouse, p. 805.)

« Le baccalauréat est insuffisant comme garantie des connaissance» nécessaires pour les études médicales. » (École de médecine et de pharmacie d'Alger, p. 895.) 1. Sur l'insuffisance de la piéparation, nous ne relèverons que quelques j

témoignages : , , . . i .-i x.i '

«Considérant qu'il y a entre l'enseignement des lycées, tel qu il a eie constitué par les dernières réformes, et celui des facultés une lacune qu'il cït urgent de combler, l'assemblée proposje : 1* qu'il soit créé dans certains lycées importants des cours supérieurs de lettres ou ne seront admis que les élèves iléjà bacheliers, pour y être exercés spécialeiiienl ;. la composition latine en prose et en vers, aux traductions et aux ex|ilications aiipiolondics des textes dans les trois langues classiques et dans les langues vivantes, comme aussi à l'étude de Ihistoire, de 1 histoire des littératures et des institutions grecques et romaines ; 2° que commsanction un certificat ou plutôt un diplùme supérieur soit délivré . ■nu avants droit et donne seul l'accès des facultés des lettres auxcandid;tN à l;i licence. . (Lycée du Havre, p. 153.) — <- Le grec est de plus en phin6"ligé. » (Lvcée de llouon, p. 157.)— « En proposant qu'à Pavenir nin' «les épreuves serait, selon que le sort en déciderait, ou une version latin.',

LE BACCALAURÉAT. Ml

et de baccalauréats supérieurs répondant aux divers besoins de la science et de l'enseignement.

Le baccalauréat élémentaire embrasserait rensomblo des connaissances littéraires et scientifiques jugées indispensables. L'examen serait subi à la fin soit de la rhétoriîjue. soit de la seconde, soit même de la troisième; le diplôme auquel il donnerait droit ne serait en réalilé qu'un certificat d'études; et, dans ces termes, rien ne s'opposerait à ce que les épreuves eussent lieu à l'intérieur des lycées et des collèges, devant un jury local ou départemental, composé exclusivement ou pour la plus grande part des professeurs de l'établissement avec adjonction d'un ou deux membres de l'enseignement libre*. Quelques assemblées seraient disposées à dédoubler cet examen élémentaire et à créer un baccalauréat es lettres et un baccalauréat es sciences de premier degré

ou un tlièmc latin, ou une version grecque, l'assemblée estime que ce serait là un excellent moyen de relever les études grecques et latines, on ce moment trop négligées, faute d'une sanction suftisaritc, et de former des élèves moins incapables de suivre fructueusement, à leur sortie du lycée ou du collège, les cours de faculté. » (Collège de Libourne, p. 120.) — « L'explication des auteurs grecs et latins est trop négligée. » (Collège de Honllcur, p. 169.) — Ct. collège de Soissons, p. 536; — baint- Dié, p. o62, etc.

1. Enquête, faculté des lettres de Besançon, p. 49; — des sciences de Bordeaux, p. 03 ; — des sciences de Caen, p. 153 ; — de médecine et do pharmacie de Lille, p. 276; — de droit do Grenoble, p. 555; — de médecine et de pharmacie de Lyon, p. ill-ll3; — des sciences de Lyon, p. 41i; — des lettres de Lyon, p. 418; — de droit de Paris, p. Q-'Q-Gii;

— des lettres de Paris, p. 614; — des sciences de Rennes, p. 818; — des sciences de Toulouse, p. 865. = École des sciences d'Alger, i). 801 ; — des lettres d'.Mger, p. 804. — Voir aussi faculté des lettres de Clermont, p. 181. = Lycée de .Nice, p. 21; — Toulon, p. 52 ; — Vesoul, p. 57; — Agen, p. 102; — Aleiiçon, p. 140; — Cliambéry, p. 172; — Saint-Quentin, p. 207, 208; — Lyon, p. 428; — Nimes, p. 501; — Jlonlauban, p. 873. = Collège de Bonneville, p. 173; — Tulle, p. 108; — Auxerre, p. 220; — Abbeville, p. 302; — Calais, p. 307 ; — la Fére, p. 323 ; — Aulun, p. 431;

— Chalon-sur-Saône, p. 453 , — Celte, p. 308, 30 • : — Saint-Mihiel, p. b64;

— Châtcaudun, p. 733; — Coulommiers, p. 757, 739; — Epernay, p. 762;

— Fontainebleau, p. 763; — Montargis, p. 76!5; — Nogent-le-Iiolrou, p. 771 ; — Bône, p. 809. = Recteur de Cliambéry, p. 176 : « L'examen

dont l'attribution serait niaiiiloiuio aux facultés'. Ce n'est là toutelois qu'une sorte d'amendement. Le vœu, dans sa formule générale, peut s'exprimer ainsi : un baccalauréat élémentaire ou certificat d'études comme tronc commun, lequel se ramifierait en baccalauréats distincts : baccalauréat es lettres ou de philosophie, baccalauréat es sciences mathématiques, baccalauréat es sciences physiques et naturelles, et, pour la sanction de l'enseignement spécial, baccalauréat es arts*.

C'est dans les lycées et collèges que se préparerait et se passerait le baccalauréat élémentaire; c'est dans les facultésque se prépareraient et se passeraient le baccalauréat de philosophie et les baccalauréats des sciences physiques et mathématiques, afin de permettre à l'enseignement supérieur de diriger lui-même le recrutement de ses élèv s. Pour les facultés comme le droit et la médecine, où les études n'auraient pas le contrôle d'un grade, il y serait suppléé par une année de candi-

intérieur iiourrait ("•tre passû dans les élablisscmcnls lilircs devant ui) jury de processeurs libres auxquels serait adjoint un représentant de rÉtat » ; — Clerinont, p. 201 ; — Nancy, p. 5(59 (mêmes prérogatives pour le certificat d'études que pour le baccalauréat, sauf en ce qui concerne l'inscrijition ilans les facultés).

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