Traité du 10 août
2. « Aniio Uomini 1So3, curante simniio Gallica" Universilalis inacside, fri-quenlissimo disciiiulorimi et mafîislronim, iiccnon Parisicnsis ;edilitalibatque oiiiniurn ordiniiiii concursu, Sorbonici palalii, ad majorern bonaruiii artiiim f^loriatn iiovis iiicrcmentis augendi atque ampIiTicandi, prima ruiidanienta lilc )ioiiuiitur. »
3. • C'était pour la Ville », disait M. Haussmann, dans son discours au tlinistre, le jour de la pose de la premii'-ro pierre, « l'accomplissement d'un jjioux di'voir que de s'associer dans la |)lus large mesure à l'acte qui assure cnlin des auditoii'es dijines d'eux aux plus illustres interprètes de l'Université nouvelle. J'ose même dire que la Ville a pris l'initiative de cet acte réparateur Kirsqu'elli- a percé, à travers des quartiers ij^norés du gianil nombre de la rue des Kcoles, cette large vuie dont la «liroclion, quelque temps indécise, est aujourd'liui définitivement lixée. »
municipale pour l'expropriation n'élait même pas compK-liMULMil soltK'O. Oriire fut donné do cesser les travaux. Un se borna à poursuivre l'examen des plans et devis, eu élargissant sur le papier les bases du projet. En dernier lieu, l'opération devait comprendre le périmèlre limité par la rue et la place Gerson (l'ancienne rue des l'oirées), la rue Saint Jacques, la rue des Écoles et la rue de la Sorbonne; la dépense totale était évaluée à ItioUUUOO Ir. ^
Il semblait qu'il fût réservé à la longue et féconde administration de M. V. Duruy de mettre fin à cette situation étrange. Mais sur quels fonds aurait-il pu risquer une telle entreprise? Obligé de vivre au jour le jour et souvent d'expédients, ne pouvant grossir un article de son budget qu'au détriment de tous les autres, justement préoccupé d'ailleurs des progrès de l'enseignement proprement dit, le vaillant Ministre dut se borner à enricliir les collections de la Faculté des
t. Le 2 mars 1867, le Préfet de la Seine écrivait au Ministre de l'Instruction publique : t Le devis estimatif des travaux de construction de la Sorbonne s'élève, après revision, à la somme de 9 579 tàQ l'r.
« En outre, les acquisitions à faire pour la formation du périmètre de l'édifice donneront lieu, suivant l'estimation qui a été dressée, à une dépense approximative de 1 •>'3 000
Ensemble 10 694 iCG
« D'un autre côté, les acquisitions précédemment réalisées par la ville de l'aris se sont élevées, en principal et frais, détiuclion faite de la valeur des matériaux et des terrains revendus, à la soniin" de 1 802 070 fr. ii c.
« Il résulte de ce qui précède que l'asiandissement
de la Sorbonne donne lieu à une dépense totale
de iii'JO Ô5G fr. ii c.
dont la Ville consentirait à prendre la moitié à sa charge, soit 6218 168 fr. 22 c.
0 Sur la somme de 901 035 fr. 22 c. qui représente la moitié de la dépense nette à la charge de lÉtat pour les acquisitions réalisées et soldées, il n'a été versé jusqu'ici à la caisse municipale que 425000. 11 reste donc du à la Ville, de ce chef, 476 055 fr. 22 c. »
24 ENSEIGNEMENT SLTÉRIEL'R.
Sciences, à rrcor l'Ecolo des Hautes Eludes et les laboratoires de recherches, à ouvrir pour les cours lii)res do la Faculté des Lettres les am|)hillu''âtres de la rue Gerson qu'on appelait la petite Sorbonne; et toutes ces améliorations n'avaient fait que rendre plus sensible la nécessité d'un agrandissement.
La question ne pouvait manquer de ressaisir les esprits après nos malheurs. Dès les derniers mois de l'année 1871, tandis que, sous l'active impulsion de M. J. Simon, l'administration de l'instruction publique (iusail dresser dans toute la France l'inventaire des ricliesses, ou plutôt de lamisùre de notre enseignement supérieur, le Prélct de la Seine, M. Léon Say, d'accord avec le Conseil municipal, se déclarait en mesure de rouvrir les négocialions restées en suspens. Ou ne pensait pas pouvoir reprendre l'ancien projet avec tous ses développements en raison de la dépense; mais on avait à cœur d'inaugurer les travaux*. Cependant trois années se passèrent encore en pourparlers.
Il était clair que, loin d'être exagérés, les plans (]t> 1835 n'étaient plus en rapport avec la situation. On offrait à la Faculté des Sciences de se transporter sur les terrains retranchés du jardin du Luxembourg; mais elle ne pouvait se résoudre à s'éloigner^. Après s'être emparée de tout ce qui était disponible dans l'enceinte de la vieille Sorbonne, elle avait, avec le concours de l'AdininisIration inunicipale, cherché un coniplétncnt d'abri dans les maisons riveraine : de la rue Saint-
1. I.oltrc du Préfet de la Seine au Ministre, 7 oclobro 1871.
2. Voir aux Annexes, n' V, les délibérations des 15, 18 et 20 décembre lS7i.
LTNSEIGNEMENT SUPÉRIEUR A PARIS EN 1881. Ty
Jacques', s'y ménageant, comme elle pouvait, un peir despace, d'air et de lumière; et bientôt, ces masures ne suffisant plus elles-mêmes à ses ateliers de travail, elle avait envahi le tci-rain libre de la rue des Écoles, et disputé la place au cbanlier des tailleurs de pierresqui s'y était installé. Ces extensions croissantes faisaient entrer les éludes dans une phase nouvelle.
Le Pailement s'émut à son tour. Le 10 décembre 187 k la conunissi«tn du budget demanda qu'un projet de lui lui fVil soumis.
Depuis ce moment, trois plans ont été successivement élaborés.
D.Mis le premier, introduit au Conseil municipal en i SU) {27) décembre) et présenté à la Chambre des Députés en 1878, on proposait:
i" De maintenir le périmètre des bâtiments qui constituaient l'ancienne Sorbonne, avec adjonction du terrain de la rue des Écoles, et de six maisons de la partieinférieure de la rue Saint-Jacques ; le tout occupant entre la rue des Écoles et la rue Gerson un emplacement àpeu près rectangulaire, sauf une enclave formée par le groupe de huit maisons sises au coin de la rue Saint- Jacques et de la place Gerson;
2° D'édifier sur cet emplacement de nouveaux bâtiments raccordés avec les anciens, et d'affecter les locaux anciens et nouveaux à l'Académie de Paris, à la Faculté de Théologie et à la Faculté des Lettres;
5° De transférer la Faculté des Sciences sur un terrain de la rue de l'Abbé-de-l'Épée, provenant de l'ancienne
1. Crs maisons (n" 112 h 122) nvaieiit failli (Hre détruites en tS5<>. C'est SI. J.-B. Dumas, Président du Conseil municipal, qui avait arrêté la pioche des démolisseurs en demandant que les masures qu'on était d(>cidé à abattre fussent louées à la Faculté pour y établir des laboratoircSv — Voir aux Annexes le plan w'b.
2R EXSEIGNEMEÎNT SUPÉRIEUR
pépiniôro du Luxembourg, d'uue conlonance d'environ 15000 mètres, ledit terrain cédé gratuitement par l'État'.
La dépense était évaluée à 8000000 fr. : 5 500000 fr. pour la construction des bâtiments neufs de la Sorbonne — on ne faisait pas réparer les bâtiments anciens ; — 4500000 francs pour l'édification delà Faculté des Sciences ^
Ce plan était fait surtout pour donner satisfaction à la Faculté des Sciences. Cependant les objections de la Faculté persistaient. Comme en IS-iC, comme en 1874, les professeurs se refusaient à quitter l'enceinte de la Sorbonne; ils ne voulaient pas se séparer de la Faculté des Lettres; ils regrettaient le voisinage du Collège de France et de la Faculté de Médecine; ils craignaient enfin que leurs cours ne fussent d'un accès moins facile pour leurs auditeurs ordinaires et pour les jeunes maîtres de nos lycées. Ces apprébcnsions ayant trouvé créance et appui au Conseil municipal, diverses propositions vinrent se greffer sur le projet^.
La Faculté des Sciences proprement dite avait suggéré l'idée de lui donner tous les terrains situés au nord et à l'est de la Sorbonne, c'est-à-dire l'emplacement compris entre la place Gerson, la rue Saint-Jacques, la rue des Écoles, la Sorbonne et la rue de la Sorbonne, ce qui équivalait à demander l'îlot entier, sauf l'ancienne Sorbonne, qu'on laissait aux services qui
1. Cette cession gratuite de TÉtat à la Ville était considérée comme équivalente à la cession faite par la Ville à l'État des terrains de la rue des Éroles.
2. Voir lo rapport de Jf. Ilarant au Conseil municipal f20 mars 1877) et le projet de loi de M. Bardoux /Il janvier 1S78).
3. Voir la dopéche ministéiielle du 1" mars et le rapport précité de M. Ilarant.
roccupaionl. Mais ces conditions avaient bientôt paru inacceptables à ceux-là même qui étaient le plus intéressés à les soutenir'. I)'une part, elles élevaient considérablement le chiffre de la dépense; — l'acquisition des maisons du coin de la rue Saint-Jac(jues et de la place Gerson n'était pas estimée à moins de ô à 4 millions; — d'autre part, elles rendaient presque impossible toute amélioration sérieuse pour la Faculté des Lettres, la Bibliothèque et l'Académie.
Pour faire le champ libre, d'autres avaient pensé à transporter sur les terrains du Luxembourg les services administratifs de l'Académie et la Bibliothèque de l'Université. « Il n'est personne qui ne reconnaisse, disait-on, que les bureaux de l'Académie sont peu dignes d'une grande aduîinistration de Paris, qu'il ne s'y trouve des locaux convenables ni pour les réunions des conseils académiques, ni pour les réceptions des savants français et étrangers que la Ville voudrait dignement recevoir. 11 serait utile d'y placer une grande bibliothèque universitaire, d'y établir des locaux pour les agrégations et tous les examous scolaires, d'y refaire même une salle pour les solennités, qui ont lieu actuellement dans la salle dite du Concours, si incommode, si exiguë et si insuffisante. Nous irions ainsi audevant d'une pensée que le Ministre a expiimée et à laquelle cerlainement Paris tiendra à s'associer, celle de faire de ce palais académique non seulement le cheflieu des établissements de l'État qui sont du ressort de noti'e Académie, mais une sorte de métropole de l'enseignement universitaire-. » Celait une idée très acceptable
1. Proposition de loi relative à l'agrandissement de la Sorbonne et à la construction d'un bâtiment sp<îcial pour la Faculté des Sciences, présentée par M. Paul lîert (l juin 187S> page 11.