‹ Education et instructionChapitre 10 sur 114 · Paris · texte numérisé non relu

Paris

rieure, où tous les enfaufs de 9 à 12 ans apprenaient enseml)le la lectiiro, l'écriture, l'orlhograplie, l'arilhmétiquc et les principes de la langue laline; — une section supérieure, partagée en deux divisions, entre lesquelles, à partir de 12 ans, les élèves se répartissaient, selon leurs aptitudes et leur choix, les uns pour suivre les cours d'Iiunianilés, de iliétorique et de philosophie, qui conduisaient, en quatre années, aux carrières civiles; les autres pour entrer dans les classes « d'algt'l)i-e, de géométrie théorique et pratique, de trigononiéliie rectiligne et sphérique, de statique, d'astronomie, de fortification, de physique et de chimie, de manœuvre du canon », qui préparaient, en trois années, à la carrière militaire. Les deux divisions recevaient en outre des leçons d'allemand ou d'anglais. Celait le seul enseignement qui représentât les lettres dans la division militaire. Dans la division civile, un cours de géométrie élémentaire était annexé au cours de philosophie, à titre d'exercice complémentaire de raisonnement*. Créer dans les éludes secondaires deux courants indépendants et distincts, tel était l'ohjet de cette constitution scolaire, origine et essai du système de la bifurcation. On y sent aussi la pensée d'un retour aux programmes d'avant 178'J : les humanités étaient, en partie du moms, remises en honneur, et, si les sciences gardaient la part qu'elles avaient conquise, elles étaient réduites aux mathématiques proprement dites; les sciences d'obser-

1. RégJcmciil général du Prrjtanée, du 27 messidor an IX (16 juillet 1801), lit. IV, ari. 5 ;i 25. — Le Prytanée français, appelé d'abord Collège Égalité, j'était maintoiiu à côlc des Ecoles cenlrales dans les bâliinenls de Louis-le-Graud. Un anèlo du 22 mars ISOO l'avait divisé en quatre grands Collèges, soumis à la même aduiinislralion et qui devaient être placés, le premier dans le local de (,ouis-le-Grand, le second ù loiilainebleau, le troisième à Versailles (Saint-Cyr), le quatrième à Saint-Geritiain ; cbacun de ces Collèges était disposé pour recevoir cent élèves. Une cinquième seclion devait être établie à Compiègae pour trois cents élèves spécialement destinés aux arts industriels.

LA QUESTION DES PROGRAMMES. iO

vation avaient disparu du programme presque complètement.

Cette pensée de retour s'accuse clairement dans la préparation de la loi de 1802. « Le système des Écoles centrales a fait tout le contraire de ce qu'indiquait la nature des choses, disait Ilœderer, un des orateurs du gouvernement consulaire : peu ou point d'enseignement litléraire; partout des sciences; elles semblaient avoir entrepris de peupler la France d'encyclopédies vivantes : il y avait plus de sagesse dans le système des anciens Collèges. » L'intention n'était pas cependant de revenir au passé, il s'agissait simplement de s'y relier. «... Dans les Lycées, — ainsi s'exprimait Fourcroy au Corps Législatif le oO germinal an X, — ce que les Collèges enseignaient autrefois sera cumulé avec les objets d'enseignement des Écoles centrales.... Les leçons y seront progressives, depuis les premiers principes des langues et de la littérature des anciens, qui doivent commencer toute éducation libérale, jusqu'aux éléments des sciences qui ont reçu un grand accroissement.... » C'est ce qu'entendait la loi du 11 floréal (1" mai 1802), lorsqu'elle disait : « On enseignera dans les Lycées les langues anciennes, la rhétorique, la logique, la morale et les éléments des sciences mathématiques et physiques » ; c'est ce que formulait avec une brièveté plus expressive encore l'arrêté du 10 décembre, interprétatif de la loi : « On enseignera essentiellement dans les Lytées le, latin et les mathémaliques' ». Les classes étaient au

1. Arrêté du 19 frimaire an XI (10 décembre 1802), art. 1". — Cf Arrête du 12 octobre 18(Jû. — C'est à tort que, dans ses Rapports au Prince Président (10 avril 18)2) et à i'IIrnpereur (It) septembre iii'67>), M. Forloul semble rattacher à la loi de 1S()2, et non au llèi^dniucnt du Prytanée, son plan dit de la bifurcation. L'arrêté du 10 décembre 18')2 établissait la simultanéité des études. Voiraux Annexes le Tableau n» I, où nous avons essayé d'éclaircir la qucsliou dans le détail. —Le texte de l'arli, le 11 de l'arrêté précité, entre autres, ne nous parait permettre aucun doute.

EXS SEC- 11, — 4

nombre de six : six de lalin, six de mathématiques; on pouvait parcourir chacune de ces séries en trois ans, les éhnes faisant par année deux classes; les deux classes iulëiieures de latin étaient la base commune; ce n'est qu'après avoir achevé la Cinquième de lalin qu'on entrait en Sixième de mathématiques. Les cours à partir de là étaient des cours parallèles, suivis concurremment par tous les élèves. Dans les cours de sciences étaient comprises, outre les mathématiques : l'histoire natui-elle (Giclasse), les éléments de la sphère (5''), la physique (4''), l'astronomie (a''), la chimie (2"), la minéi'alogie (1'"*^)^ Aux cours de latin étaient rattachées la géographie, l'histoire, particulièrement l'Iiisloire et la géographie de la France, les belles-lettres latines et françaises, c'est-à-dire « les exercices qui pouvaient former l'élève à l'art d'écrire ». Le grec ne faisait pas partie des leçons obligatoires; on se bornait à en recommander l'étude, quand elle serait possible. « Puisse au moins cette belle langue, était-il dit dans une sorte de vœu mélancolique, être enseignée dans les villes où l'on étudie la médecine et les autres sciences qui ont tiré du grec leurs principaux termes et souvent toute leur nomenclature! 11 est vrai que le

Voici ce que nous y lisons : « Il sera nommé deux commissions, l'une pour le lalin, Tautre pour les matliénialiques. Elles dresseront une instruction qui déleniiiuera d'une nianiôre précise les parties qu'on doit enseigner dans cliaque classe et les cours qu'on doit suivre. Elles traceront avec soin l'ordre Aélahlir entre les cours qui seront suivis simultnnéinent et la durée de chaque classe; elles s'occuperont de la réimpression des auteurs classiques (le mot est pris ici dans le sens généial d'auteurs de livres scolaires) et la disposeront de manière qu'il y ait autant de volumes /pi'il !i a de classes, en réunissant dans un seul et même volume tout ce que doit montrer le professeur innir une classe de lalin ainsi que tout ce qui appartient à une classe de mathématiques. »

1. Au-dessus des six classes normales de matliumaliqucs il y avait deux classes de matliématiques transcendantes, lesquelles pouvaient étraleniont être )i;ircourues en une année et qui n'étaient d'ailleurs dcslinées qu'au petit Mdiubre; c'est l'origine de noire classe actuelle de mathématiques spéciales.

LA QUESTION DtS PROGRAMMES. 51

temps est court, que les objets d'études sont nombi-eux, et déjà même ou accorde peu d'années à la langue latine. » En revanche, on ne négligeait rien pour asseoir l'enseignement scientifique sur de solides fondements : les livres élémentaires manquant, on les avait demandés à Duméril pour l'histoire naturelle, à Brongniart pour la minéralogie, à Legendre pour la géométrie, à llaûy pour la physique, à Biot pour l'astronomie.

Aussi l'avantage, dans l'opinion, restait-il aux sciences. Les avocats des institutions nouvelles se croyaient eux-mêmes obligés de se défendre à cet égard. « Parce que le gouvernement a reconnu que le temps qu'on donnait dans les Universités aux sciences était insuffisant, écrivait Fontanes, on s'est hâté de publier que, dans les Lycées, on s'occupait presque exclusivement des mathématiques et qu'on y négligeait les lettres. 11 est temps d'avertir enfin les pères de fîimille qu'on leur en impose, quand on leur dit que l'étude des mathématiques est exclusive dans les Lycées ou même qu'elle y nuit à celle des langues'. » La vérité est que, si le décret organique du 17 mars 1808 n'avait pas modifié le texte de la loi de 1802-, le principe de la fusion des deux éléments était marqué dans le règlement du 19 septembre 1800 avec une netteté qu'il n'avait ja^ maiseue jusque-là. Les cours comprenaient : — 1" deux années de Granmiaire affectées au français et au la lin dans la Première, au grec à partir de la Deuxième, avec des leçons d'histoire sainte et de mythologie dans l'une et dans l'autre; — 2" deux années d'Humanités, embrassant, d'une part, les trois littératures classicjues et des lectures d'histoire; d'autre part, l'arithmétique,

Page 1