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Chambre des députés, séance du 23 mars

en remplacement d'une des classes de grammaire ou d'humanités* ». En même temps il rendait obligatoires, à partir de la Cinquième, les leçons de langues vivantes^ « Les langues modernes, disait-il, n'ont pas, dans l'éducation de la jeunesse française, la place que me paraissent exiger l'état de la civilisation et les rapports de la France avec le reste du monde. Si l'enseignement scientifique ne laisse pas de rencontrer des obstacles sérieux et de soulever de légitimes objections lorsqu'il s'agit de le faire descendre jusqu'à l'enfance, l'élude des langues ne présente nullement les mêmes difficultés et les mêmes inconvénients. Elle plaît à l'esprit, elle le développe, elle le féconde;... elle aide et complète le travail de l'intelligence, de l'imagination, de la mémoire appliquées à l'étude des langues classiques ».

Les objections faites au développement de l'enseignement des sciences devaient frapper M. Yillemain. Une sorte de réaction marqua son entrée au ministère. A peine maître du pouvoir, il avait rendu un arrêté prescrivant de reporter en Philosophie l'histoire naturelle et la chimie et dispensant les élèves de philosophie de suivre le cours de Mathématiques élémentaires^. Le temps lui manqua pour assurer l'exécution de la mesure*. Mais, dès son avènement (l^r mars 1840), M. Cousin la reprit, en la complétant avec une décision souveraine.

1. L'arrêté du 21 février ne devait être exécutoire qu'à partir du 1" octobre.

2. Arrêté du 28 septembre 1838. — Cf. Arrêté du 9 octobre 1838. — Sur la répartition de l'enseignement de l'histoire, voir aux Annexes, n° I, Arrêté du 2 mars 1838.

3. Arrêtés des 21 août et 2 octobre 1838. — Voir l'arrêté du S janvier 1858 et les circulaires des 12 mars 1858 et 1" mars 1859. Les cours de langues vivantes commençaient en Cinquième.

i. Arrêté du 21 février 18iO. Par contre, il était créé, en faveur des élèves qui ne suivaient pas le cours ordinaire de Philosophie, une conférence spéciale de philosophie de quatre heures ou de deux leçons par semaine.

« Deux points, déclarait-il dans la circulaire du 27 août, sont aujourd'hui mis hors de doute : l** les portions d'enseignement scientifique réparties depuis la Sixième jusqu'à la Rhétorique inclusivement ne produisent aucun bon résultat; 2'^ cet enseignement accessoire, infructueux en lui-même, nuit considérablement aux études classiques. » Et, entraînant le Conseil de l'Université par un de ces coups d'éloquence qui lui étaient familiers, il supprimait tous les accessoires scientifiques depuis la Sixième jusqu'à la Rhétorique et les replaçait d'un l)loc en Philosophie^ En même temps, il est vrai, il faisait aux langues vivantes une place définitive. L'arrêté du 21 août 1858, qui les avait introduites dans les programmes de toutes les classes, leur laissait un caractère précaire, la classe à laquelle elles avaient droit n'étant en réalité qu'une sorte de classe de tolérance prélevée sur le temps de l'étude; M. Cousin ne leur accordait que deux heures par semaine, de la Quatrième à la Seconde, mais deux heures régulières et eu tout semblables à celles des autres enseignements. Son intention était, en outre, de rayer des cadres la Neuvième et la Huitième, qui lui paraissaient sans objet, — la Septième suffisant à la préparation des classes de Grammaire, — pour rétablir, comme en 1821, deux années de Philosophie, dont l'une serait exclusivement consacrée aux sciences.

De vives critiques accueillirent cette déclaration de principes. Les pères de famille se plaignirent; les savante s'émurent. La Faculté des Sciences de Paris, officiellement consultée, appuya ces réclamations^. On

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