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LES SOLUTIONS PROPOSEES POUR REMEDIER A LA SURCHARGE DES PROGRAMMES

Ce qui rend plus que jamais difficile la solution du problème, c'est l'idée que certains esprits ont conçue de ce qu'ils appellent l'instruction intégrale.

Par instruction intégrale, on entend « une instruction dont l'objet n'est pas seulement de fournir une élite de lettrés comme les anciennes humanités, un corps d'industriels ou de commerçants comme l'enseignement professionnel, une société de citoyens ainsi que le voudrait une école exclusive de pédagogie politique, mais qui accepte toutes ces destinations et qui les synthétise dans l'éducation générale de l'homme, développée dans l'intégrité de ses facultés et de ses fonctions* ». Le système ainsi défini, on le place sous le patronage de Condorcet, et on en rattache le principe, à travers Auguste Comte et Jacotot, à Helvétius, à Locke et à Descartes. Voici par quel raisonnement.

L'égalité absolue dans les fins de l'éducation suppose l'égalité absolue dans l'aptitude à la recevoir. Or, cette égalité d'aptitude, Descartos ne l'a t-il pas posée en axiome, lorsque, au début du Discours de la Méthode, il déclare que « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée », et lorsqu'il ajoute que « toute la diversité des esprits vient de ce que nous

1. Nous empruntons celte définilion à l'École nouvelle, novembre 1876.

conduisons nos pensées par diverses voies' »? Tel n'estil pas égjilement le sentiment de Locke, quand il établit comme une règle, dans le préambule de sa pédagogie, que « les neuf dixièmes des hommes sont bons ou mauvais, utiles ou nuisibles, par l'effet de leur éducation^ » ? ITclvétius, à son tour, ne déclare-t-il pas « que la nature a doué tous les hommes du degré d'attention nécessaire pour s'élever aux plus hautes idées; mais que, l'alfenfion étant une fatigue, tout se réduit à savoir si l'on a la passion des choses assez forte pour changer cette fatigue en plaisir'' »? Auguste Comte n'a-t-il pas dit enfin que <( la première condition essentielle de l'éducation positive, à la fois intellectuelle et morale, doit consister dans sa rigoureuse universalité* »? A mêmes facultés même régime. C'est la conclusion que Jacotot déduisait avec une rigueur pittoresque : les intelligences se valent ; nous soinmes tous nés pour être Corneille ou Newton ; il n'a manqué à ceux qui n'ont été ni l'un ni l'autre que l'occasion ou le moyen de le devenir^.

Peut-è(re convient-il tout d'abord de ne pas laisser à ce paradoxe le prestige des noms plus ou moins illustres qu'on invoque pour le soutenir. Helvétius est le seul peut-être qui fût prêt à soutenir plus ou moins sérieusement que, l'homme étant composé partout des mêmes éléments, et les conditions dans lesquelles la combinaison de ces éléments donne le talent ou le génie étant connues par l'analyse, il ne s'agissait que de soumettre

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