‹ Education et instructionChapitre 52 sur 114 · De l'homme, HO · texte numérisé non relu

De l'homme, HO

2. « Je ne saurais croire (jirune corroction soit utile à un enfant, quand la honte de la su))ii' pour avoir conunis quelque faute n'a pas

sion » qui, suivant une heureuse expression de Rollin, « est la vraie fin de l'éducation* ».

Et telle est, au moins dans sa dernière évolution, la doctrine de M. Spencer. Très absolu dans l'énoncé du principe sur lequel il se fonde, il se garde bien d'en pousser à fond les « conséquences inévitables ». Le sentiment de la réalité morale l'avertit. Rousseau se flatte ou s'abuse lorsqu'il prétend que c'est l'observation de l'enfance qui lui a inspiré son système. 11 n'a guère vu les enfants que de loin, dans ses rêveries-, en solitaire et en doctrinaii-e, il ne les aime point : Emile n'est qu'une créature de son imagination. On sent, au contraire, que tous les exemples allégués par M. Spencer à l'appui de sa thèse ont été recueillis dans le courant de la vie, pris sur le vif; et c'est la rigueur de ces observations de détail, précises et solides, tout à l'anglaise, qui le ramène dans les voies de l'éducation vraiment psychologique.

Il ne pouvait manquer de rencontrer, son élève avançant en âge, ce qu'il appelle lui-même les cas graves, c'est-à-dire les cas qui touchent au fond des sentiments et des habitudes morales, ceux contre lesquels les réactions naturelles ne peuvent rien. Que fain; ? 11 semble qu'il ait quelque peine à aborder la difficulté. 11 se pose trois fois la question sans y répondre^ : il lui en coûte évidemment de rompre avec la théorie qui l'a conduit si aisément jus(jue-l;i. Son objet principal, sa préoccu-

plus de pouvoir sur son esprit que la peine cJle-mème. » (Locke, Quelques pensées, etc., sect. m, n" -48, et sect. iv, n* 5o.)

1. Lu gouvernement intérieur des classes et des collèges, chap. i, 1" part., art. 5, § 2. — Cf. id. ibid., art. 2, -i, 5, 10.

2. « Si j'ai fait quelque progrès dans la connaissance du cœur humain, dit-il, c'est le plaisir que j'avais à voir et à observer les enfants qui m'a valu cette connaissance. » {Rêveries d'un promeneur soUlaire).

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