L'inlernal et la vie. de collage, déjà cité
2. Sept fins à Eton, déj^ cité. — « Les étudiants ne vivent pas sur le pied de camarades tous égaux entre eux : ils sont rangés en catégories qui correspondent aux différentes classes de la société anglaise. Ainsi, à Cambridge, on distingue quatre ordres : les noblemen, (ils aines de pairs; les fellow-commoners, cadets de familles nobles ou fils aînés de baronnets; les pensioners, étudiants roturiers et payants; enlin, les sizui's ou étudiants boursiers. Les deux premiers ordres se distinguent par l'habit et par certain privilèges. Les noblemen dinent sur une estrade au milieu de leurs condisciples; ils sont dispensés du stage qui doit procéder la présentation aux examens, clc. Autrefois les boursiers balayaient les salles, faisaient le service de la table, etc. Ces travaux étaient censés payer leur instruction. » (Marguerin et Motheré, De l'enseignement des classes moyennes e7i Angleterre, cliap. i, p. 5.)
5. « Ce sont les boursiers en général qui soutiennent l'Iionneur de l'établissement à l'Université et dans les concours; ce sont eux qui accaparent les prix et les distinctions. Ils forment, suivant l'expression dt-s maîtres, « l'élite et la crùme de l'école. » (J. Demogcot et 11. .Monlucci. De l'enseignement secondaire, etc., cliap. vi, p. 53. j
I'J8 E.\SEI(JNEME>T SECONDAIRE.
gncnt plus invinciblement. Nos boursiers, connus comme tels par tous ceux au milieu desquels ils vivent, maîtres et camarades, ne sont pas moins bien traités que les autres. On serait même disposé parfois — les exemples ne sont pas rares — à les considérer avec plus d'égards, par cola s(uil que leur situation mérite [)ius d'intérêt. « Le principal, disait déjà Rollin de son temps, leur doit un soin particulier. Ils sont les enfants de la maison, et les Collèges, à l'origine, ont été fondés pour eux; on doit toujours s'en souvenir*. »
Ce sentiment d'une égalité de raison qui corrige les inégalités du sort est fortifié par le respect mutuel d'un des plus généreux principes de la société moderne, je veux dire le pi'incipe de la tolérance. La législation (|ui attribuait aux écoles primaires un caractère confessionnel- n'a jamais été appliquée aux établissements d'instruction secondaire. Les opinions, les croyances les plus diverses se sont de tous temps coudoyés sur les bancs du Lycée. Si ce rapprochement ne prévient pas toujours la division des esprits, lorsque la vie met aux prises les intérêts et les passions, le souvenir qu'il laisse en atténue du moins en partie les effets. Ce qui fait la force de ce sentiment, c'est qu'il a pour base la pratique quotidienne de la franchise. Sur ce point il n'est presque besoin de rien prescrire aux enfants ; il n'y a qu'à ne les pas emiiécher d'être ce qu'ils sont en général naturellement. « La feintise et la politique ne sont pçjs de cet âge, suivant la judicieuse remarque
1. Du gouvernement intérieur, oie., cliap. i, 2* pari , arl. 3. « l.e principal, trouvons-nous quelques lignes i)lus bas, doit cmpèclier surtout que les rielies n'aicnl du iiu''|iris pour eux (les boursiers), et piUir cela' leur témoigner lui-inCnio de l'cslinie et de la considération. » — Cf. l'abbé de Saint-I'ierrc, l'rojet pour ■pcricci.iunncr l'cducatiun, Obscivalion \xiv.