‹ Education et instructionChapitre 7 sur 114 · Projet pour perfectionner l'éducation, ()l)servation · texte numérisé non relu

Projet pour perfectionner l'éducation, ()l)servation

2. « L élude des auteurs anciens met en état, disait Rollin, déjuger sainement des ouvrages qui paraissent, de lier sociét6 avec les gens d'esprit, d'entrer dans les meilleures compagnies, de prendre part aux entretiens les plus savants, de fournir de son côté à la conversation, où sans cela on demeurerait muet, de se rendre plus utile et plus agréable en mêlant les faits aux réflexions et relevant les uns par les autres. » {Traité des Études, Discours préliminaire, premier objet de l'instruction.)

3. Quelques pensées sur l'éducation, scct. XXIV, n" ICG, trad. Compayré. — Cf. ibid., ii* 147.

belles-lettres, une ville où l'on ne parlât que latin*. Cependant des juges solideset délicats ne se satisfaisaient pas de ce commerce exclusif, même en le goûtant. « 11 n'y a que trop de bel esprit dans le monde, disait dès 1685 le judicieux Fleury; il n'y aura jamais assez de bon sens* » ; et il réclamait, k au profit du développement des connaissances qui vont à l'enti'etien de la vie et au fondement de la société civile' », la part de soins qu'à son gré on donnait avec trop de prédilection aux. connaissances et aux exercices de pur agrément.

Ce qui n'était qu'un vœu discret dans la pensée de Fleury devenait, cinquante ans après, une arme de guerre entre les mains des encyclopédistes et des parlementaires. J.-J. Rousseau se laissait entraîner à son ordinaire par sa mauvaise humeur quand, raillant, « ces risibles établissements qu'on appelle collèges », il en résumait l'enseignement dans celte exclamation paradoxale : « des mots, encore des mots et toujours des motsM » Il n'en faut croire également Duclos qu'à demi, lorsque, dans un mouvement d'emportement joué, il terminait la consultation que lui avait demandée Mme d'Épinay pour son fils, en s'écriant : « du français, de la danse, beaucoup de mœurs, peu de latin, très peu de latin et point de grec'' ! » Mais, pour être plus contenue, la critique de D'Alembert, de Diderot, de La Clialotais et de tous ceux qui reflétaient leur pensée n'était ni moins vive ni moins décidée. Oubliant qu'à côté de ces maîtres routiniers ou dégénérés, trop pré-

Page 1