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les raisons magnétiques dans nos générations perplexes, ne porte plus les fluides électriques correspondants aux moyens actuels de réaliser ce qui veut vivre et qui s'agite à la base de nos aspirations.
102 VERS LA vie!
Nettement notre chant national sépara la vieille France de la nouvelle; il entraîna les volontés; il aida et soutint les énergies dans la préparation du champ libre pour l'Idéal qui doit guider les jeunes générations.
Mais il glorifie ce qui fut le moyen d'action hardi, inévitable lorsqu'il s'éleva vibrant de toutes les souffrances, la guerre civile, dont nous ne devons vouloir à aucun prix.
La Marseillaise fit une rude besogne.
Mais si, dans ses accents, elle apportait la Liberté naissante qu'il fallait tout entière conquérir, elle n'est plus aujourd'hui l'expression adéquate au progrès accompli.
Voilà plus d'un siècle qu'elle entraîne les volontés agissantes.
D'où vient qu'un autre chant ne sort pas victorieusement de nos efforts r
C'est que nul accord, nuls accents ne sauraient correspondre à notre état de gestation ni le caractériser dans une forme précise.
Si le chant de la vie nouvelle vibre dans quelques individus, il ne soulève pas encore la nation tout entière.
Le trinôme Liberté, Egalité, Fraternité, n'est pas encore réalisé dans les esprits et dans les cœurs.
Travaillons avec courage.
LE CHANT La femme comme l'homme porte en elle le chant de la vie et les DE VÉRITÉ nioyens de la traduire dans son essence.
Quand les deux sexes conscients, réalisés, vivants et libres dans toutes leurs facultés développées, sauront en expliquer les raisons et les appliquer parleurs moyens, ils comprendront ce que vaut en eux le chant de la vie, cette note particulière de l'Harmonie générale progressante. Ils sauront la traduire, chacun, selon la vérité de leur être.
Et quand, unis et connaissants, l'homme et la femme, le couple humain complémentaire, l'unité sociale consciente, sachant voir, sachant entendre et exprimer, associeront dans leurs créations la spécialité et la force intrinsèque de chacun, le progrès et le devenir seront sans cesse en possession de l'Harmonie immuable et progressante. Le but de la vie humaine sera près d'être réaHsé.
La musique, traductrice du chant de la vie, ne sera plus seulement un art de composition basé sur une science qui s'alimente d'erreurs et de déviations imaginatives : elle sera l'art lui-même, l'amour réaHsé, la sensibilité exprimante, l'Harmonie simple, grandiose,
VERS LA liberté! IO3
supérieure, la voix de la création et de la vie, le verbe mélodieux qui est le traducteur de la pensée profonde de ce qui est !...
Le sens de l'ouïe correspond ainsi au pouvoir de l'intelligence qui entend la voix, le chant de tout ce qui est.
Lorsque l'Individu possède à la fois le sens de la vue et le sens de l'ouïe, il est Goethe ou Wagner, comme il fut Salomon ou Marc- Auréle, Michel-Ange ou Léonard de Vinci.
L'éducation des sens est en réalité la détermination des pouvoirs de l'intelligence qu'ils actionnent et renseignent, selon l'Individu et sa Race (i). et la connaissance de la mesure et de l'orientation dans lesquelles, après leur culture, il peut s'en servir.
Le Français est trop bien doué pour l'exercice superficiel de ses sens. Il en est heureux et ne cherche pas assez le pourquoi intellectuel ils existent ni à quoi ils correspondent. Il est content de vivre quand on ne le secoue pas. Lorsqu'il s'aperçoit de sa misère, de sa faiblesse, de son ignorance, il en souffre, mais il ne sait pas comment s'y prendre pour en sortir. Il n'a pas de vie intérieure capable de déterminer, de soutenir le très bel organisme, la très supérieure objectivité qu'il possède.
La culture rationnelle qui doit surtout assurer dans l'individu le terrain et la force motrice évolutionnelle de son être moral veut que l'ouïe, comme la vue, sentent intérieurement.
Lorsqu'on opérera éducativement de cette manière, il n'y aura plus de doute sur la valeur de l'âme, cultivée dans ce qu'elle doit être.
Les générations comprendront que la partie qualitative et féminine de l'individu, l'âme, ne doit pas être plus sacrifiée que celle de la société : la femme.
Leur méconnaissance, leur infériorisation stagnante est douloureuse pour tous, pour tout un sexe, pour l'homme et pour le social.
Qu'on éduque et qu'on mate ce qui doit l'être, en connaissant ce que Ton doit vouloir réaliser, ceci est une autre question. El à mon sens, c'est la clé du problème : Réaliser la Femme dans ce qu*elle est : L'entendement et le régulateur moral par excellence qui ne se connaît pas, voilà toute l'œuvre à accomplir; car il ne faut pas
(1) Voir Etude des sens comparés des peuples. — Les Educateurs (en préparation).
VERS LA vie!
perpétuer dans l'ère de liberté et de savoir ce qui renouvelle et entretient sans cesse en l'Etre Humain la tare originelle.
A notre époque, ce n'est pas le serpent, que V oreille du couple humain doit entendre, ce n'est pas la perfide et impérieuse insinuation de la matière vivante, de la nature naturante ne comprenant pas ce que sont les pouvoirs de l'intelligence, c'est la voix de la Vérité et de la Vie ; l'action revendicatrice de la Femme si légitime et si haute, si noble pour l'Humanité, doit se baser sur la vérité, sur la raison, sur ce qui est.