LA MAIN
Savoir voir, savoir entendre ne sont rien si l'on ne sait et ne peut exprimer.
Le sens du toucher^ répandu sur toute la surface du corps et dans tout l'intérieur, commun à tous les autres sens, se centralise pour l'expression ingénieuse de la conception et de l'action, dans la main.
La main est ainsi la caractéristique, selon sa forme, sa qualité et sa structure, de la valeur intellectuelle, psychique et ingénieuse de l'individu ; elle est l'instrument plus ou moins docile de la Volonté, selon la valeur de cette volonté.
Il n'est rien de précieux comme d'apprendre à connaître la valeur caractéristique des Humains, par l'examen attentif et savant de la physionomie, des traits du visage, des aboutissants connaissants, de la démarche, de l'attitude du corps.
L'antiquité étudia l'être dans toutes ses potentialités.
L'hermétisme et l'occultisme ne sont que le résumé de ces études et de la puissance qui résulte pour l'Etre humain de se connaître, de s'exploiter, de connaître les autres le plus possible, afin d'établir plus sûrement des relations profitables et harmonieuses entre les individus de même valeur et d'être le moins possible entravé dans l'accomplissement de la Volonté. Rien n'était précieux pour les meneurs de peuples comme de se connaître en hommes. Rien n'est plus important aujourd'hui, pour tous, dans ce temps d'association et d'union de la force et de l'intelligence, pour conquérir la vie, que de savoir juger ceux auxquels on s'associe.
Le toucher participe de toute la sensibilité ; il participe à ses agréments, à la vie de tous les organes et de tous les sens, auxquels il prête son concours.
Il est très important d'éduquer le sens du toucher qui contient le pouvoir de recevoir, de prendre, d'apprécier, de reconnaître la qualité substantielle, fluidique et vibratoire de tout ce qui est. Il s'exerce concurremment avec la sensibilité ; et la sensibilité est en rapport direct de sa finesse, de son intensité de réception et de la qualité des papilles. Celles de la main, très visibles, sont des plus caractéristiques.
L'étude de la main de l'enfant, à la naissance et dans sa croissance, est une indication précieuse de ce qu'il est. C'est dans la structure et la forme, dans les rapports dimensionnels des phalanges, phalangines et phalangettes des doigts, de la paume de la main et de la qualité du pouce qu'il faut considérer l'équilibre et la force de la volonté de l'individu, la spécialité de sa valeur.
Il convient de l'habituer à l'adresse, au maniement et à l'emploi de tous les instruments dont l'intelligence et l'ingéniosité de l'Homme se sont intensifiées ou aidées. Il est inutile de laisser recommencer à chacun ce travail, comme les intelligents sont portés à le vouloir ; il importe de faire comprendre les inventions des devanciers, le bénéfice qu'on en retire et le devoir du perfectionnement.
L'habileté de la main et la priorité d'un sens intellectuel indiquent facilement quels états conviennent à un individu.
Si la nature et la vie ont été parcimonieuses, il ne manque pas d'états où il faut des bras et des jambes conduits par de la raison avec conscience; c'est vers eux qu'il faut diriger les moins favorisés.
Et pourtant, si nous n'étions ni indifférents, ni légers, nous saurions découvrir le point de sensibiHté à solliciter en chaque individu ; nous donnerions à l'enfant le bonheur d'une faculté cultivable. Ce sont ceux qui ne trouvent rien en eux qui sont la plaie de la société et le recul du progrès de la vérité de la vie.
La Femme a devant elle une tâche bien intéressante et bien importante à accomplir. C'est à elle que revient et qu'incombe toute l'Education morale humaine. Son rôle n'est pas de consoler, son rôle est de connaître pour préparer, pour rendre l'enfant fort et connaissant afin qu'il triomphe de la vie et la fasse rayonner en soi et en dehors de soi. Ainsi elle réalisera les raisons du bonheur.
Car la sûreté de l'acquis d'un pouvoir personnel donne à l'Etre humain des points d'appui en lui-même et lui ouvre la compréhension sur ce qui lui restait clos. Ce n'est qu'alors qu'il commence à
prendre possession de la vie par la confiance qu'il se sent dans sa force personnelle et par une noble fierté d'exister et de vivre. Ce qu'il voit, ce qu'il entend, ne sont plus des êtres, des choses, d-es mots vagues, des idées dautrui indifférentes. Ils vivent dans son être à lui ; ils constituent, parce qu'il en comprend, son expérience, son bagage de force intellectuelle conquise, qu'il peut opposer à ce qui ne lui convient pas dans l'interprétation dautrui. Il devient une résistance et une action raisonnables, intelligentes. S'il veut quelque chose, c'est qu'il est certain d'être d'accord avec tous les organismes qui vivent en lui et qu'il dirige, par sa science de luimême et l'accord de son entendement, vers ce qui lui convient et ce qui est nécessaire à toutes ses facultés. Il a conquis ses raisons d'être libre intellectuellement.
Il a réalisé le but de l'Education des sens qui doit servir son idéal et le but de l'Humanité.
Et nous voici remis en présence de la question toujours aride, mais toujours primordiale du droit et du devoir, qui, impérieusement corrélatifs, ne s'affirment jamais l'un sans l'autre dans leiir exercice et prouvent la solidarité de notre devise « Liberté, Egalité, Fraternité. ))
Nos droits pour s'exercer en société sont fondés sur des devoirs et n'existent que dans la limite de ces devoirs.
Chaque état, que l'on embrasse, que l'on exerce, qui nous échoit par nature, crée des droits, mais comme il entraîne des devoirs ; il faut avant de s'y livrer savoir quels sont et les droits, et les devoirs qu'il comporte, et si, pour vouloir exercer les premiers, on sera capable de remplir les seconds.
LE DROIT Le droit est la faculté de faire quelque chose, d'en jouir, d'en disposer, de la revendiquer; soit que cette faculté résulte des lois essentielles de la vie, des rapports qui s'établissent entre les personnes qui éprouvent les mêmes besoins et subissent les mêmes nécessités ou d'un état qui naturellement vous les confère.
LE DEVOIR Le devoir est le respect des lois de la vie dans la nature entière, et, plus spécialement, le respect de soi-même et d'autrui dans les responsabilités consenties et les obligations reconnues et acceptées. Le devoir a pour principe la Liberté, pour régie la Justice, pour juge suprême la Conscience et, pour but, le perfectionnement indéfini de soi-même et de l'Humanité.
VERS LA liberté! IO7
A ces titres, il embrasse l'universalité de la vie humaine.
Le devoir, qui semble ou collectif ou individuel, est toujours individuel dans tous les cas où il exige la participation consentie de l'Individu. En collectivité, la responsabilité individuelle semble diminuer en raison inverse du nombre de ses collatéraux : plus il a d'alliés, moins sa part de responsabilité semble grande dans le devoir à accomplir; et cependant, si, par suite d'événements imprévus, la collectivité à laquelle il appartient venait à être anéantie et qu'il restât seul pour la représenter, il serait porteur du devoir de tous et devrait savoir trouver en lui la force et l'énergie de la représenter et d'y faire honneur.
Ceci constituait un des principes dits de noblesse, autrefois;. il est simplement de la dignité humaine chez l'Etre humain réalisé et libre.
Nous voulons tous être des Hommes et des Femmes libres, aujourd'hui ; la conscience du devoir à accomplir est la vraie noblesse de l'Etre humain.
Elle constitue aussi la réelle égalité entre tous les individus.
Celui, celle, sur la parole et la conduite desquels on peut compter sont les plus nobles de tous les êtres et les égaux de toutes les valeurs.
Le devoir est fnultiple de sa nature, puisqu'il respecte la vie dans toutes ses manifestations qualitatives et progressantes.
Il dépasse les limites du temps présent. Aux générations actuelles, il impose, vis-à-vis des générations futures, la prévoyance. Connaître pour choisir et pour prévoir est, par cette raison, d'une valeur primordiale pour le présent et pour l'avenir, puisque l'un prépare l'autre et l'influence.
Outre les devoirs généraux des citoyens et des citoyennes, s'imposent les devoirs spéciaux inhérents à l'âge, au sexe, à la position sociale, à l'état de célibat ou de mariage et à la profession.
Chacun de nous, qu'il le veuille ou non, se trouve soumis à un code particulier de devoirs non moins impérieux que les devoirs généraux, pour pouvoir vivre naturellement et socialement, moralement, en toute dignité comme en toute Liberté.
Car il ne peut y avoir de devoirs sans liberté morale, sans connaissance, sans discernement, sans acquiescement et sans choix librement et sciemment consenti.
L'Egalité est donc la conformité absolue, l'absence complète de l'égalité distinction légale entre les individus sous le rapport des droits.
L'unité d'éducation sociale, jointe à la connaissance et à l'application de l'Education humaine, peut seule mener vers l'égalité morale d'une nation et assurer ses mœurs, son progrès et sa puissance, en créant dans les êtres la raison de la moralité.
La perfectibilité de l'espèce humaine n'est pas autre chose que la tendance vers l'unité, vers la réalisation du couple humain complémentaire progressant.
Car l'égalité est une autre gravitation universelle dont le couple humain, l'Homme et la Femme, consciemment complémentaires, parvenus à la connaissance intégrale respective et manifestant le savoir de leurs différences et de leur emploi dans la vie privée et dans la vie sociale, doit être l'unité.
L'Egalité est le sentiment qui met le plus à Taise le cœur de l'Etre humain, dit-on. Ceci est surtout réel lorsque l'individu se sent, en lui-même l'égal d'êtres de valeur qui le considèrent comme tel, et qu'il comprend tout le prix qu'il recueille de son travail continu de progression, par la dilation heureuse qu'il éprouve dans des échanges intellectuels, sympathiques et simples, avec des intelligences qu'il apprécie et qui le lui rendent. Le reste est vanité, puérilité, et presque toujours une source d'amertume et de déception.
Car il ne faut pas nous leurrer; l'Egalité des droits, celle de l'instruction et de l'éducation, ne fera pas qu'il n'y aura plus de différences entre les êtres; les facultés des uns ne seront jamais celles des autres. La véritable égalité sera lorsque chacun partant de la même base: la connaissance de soi et de ce que l'on doit choisir, allant vers le même but : l'harmonie, sera ainsi posé sur l'échelle du progrès comme tout le monde. Ceux qui naturellement monteront plus vite et arriveront plus haut respecteront les moins rapides, et les retardataires comprendront qu'il y a des inégalités naturelles irréductibles, auxquelles personne ne peut rien pour y suppléer complètement ; mais par la connaissance et le développement de la force qualitative de chacun lui permettant de vivre dans le plaisir de ses facultés exprimantes, r égalité sera dans le respect général de la personne humaine. Les mieux doués n'aviliront pas les moins favorisés, ne les accableront ni de mépris, ni d'esclavage ; et ces derniers, se sentant égaux devant la loi, mais étant bien obligés de s'avouer moins supérieurs tout en se sachant cultivés, soutenus, soulevés, entraînés vers le mieux, dans les meilleures conditions d'hygiène, de travail et de rémunération, tireront le meilleur parti possible d'eux-mêmes, en concourant selon leurs moyens d'action,
VERS LA LIBERTÉ ! lOQ
et avec un acquiescement digne, à l'œuvre de la Vie et du Progrès de tous.
Tout le monde pense, tout le monde croit avoir des idées ; le grand bienfait de l'égalité dans la liberté consciente sera d'établir^ de respecter les inégalités naturelles et l'intégrité du savoir. On veut la Vérité. Or, la Vérité est sévère et rigide. C'est bien elle, en effet, qui met toute chose au point. Le jour où elle pourra le faire, au nom de la Justice régnante, ce ne sera pas gai pour tout le monde, peut-être.
Mais si la vanité subit un grand échec, l'honnêteté, l'intégrité, verront s'ouvrir l'ère de la bienveillance et l'exercice de la Bonté.
C'est au nom de l'unique moyen pour tous d'arriver dans la vie et d'y être pourvus du même organisme ; c'est au nom de l'intelligence, de la pensée et de la conscience dont tout être humain normal est possesseur, que l'on réclame l'égalité des droits de tous, hommes et femmes, devant la Loi.
Mais, une fois la question légale posée, il faut bien reconnaître que tout, à part le moyen de naître, est Tinégalité pour tous et pour chacun.
On a dit : (\ Le cimetière est le champ de l'Egalité ». Quelle erreur ! Ceux qui sont là ne moururent ni aux mêmes âges, ni dans le môme état de progression, ni dans les mêmes conditions. L'un avait fini sa carrière. L'autre fut brisé dans sa fleur, l'autre encore fut fauché avant la moisson.
L'Egalité n'est donc pas, en dehors des droits de la naissance naturelle. Elle est à créer, avec la Liberté consciente, dans les cœurs et dans l'entendement. C'est elle qui élèvera tous les individus. Alors l'Egalité, et toute sa beauté, sera dans la conscience par la Justice . elle sera dans la conviction et l'action de tous par l'amour réellement humain et par la solidarité
Lorsque l'Etre humain est arrivé à posséder la plénitude de ses facultés dans l'usage de la Liberté et l'exercice de l'Egalité, il est prêt à la fraternité vers laquelle aspirent tous les cœurs généreux et les esprits sagaces.
Le mot Fraternité, qu'il n'est pas besoin d'expliquer dans l'ordre l^^
naturel, a reçu dans l'ordre moral et étendu à un sens général, une fraternité grande extension : il est devenu le troisième terme du Credo humain. Celui-ci, synthétisant l'Idée révolutionnaire en 1790, reparut en 1830 et en 1848 et se fixa, comme devise de la République française, en 1870.
Il fît son apparition le 14 juillet 1790, sur les bannières des délégués francs-comtois et dauphinois, à côté de la Liberté et de TEgalité.
Il fut une surprise pour les esprits positifs qui Taccueillirent avec défiance. Ils ne comprenaient pas ce que venait faire le sentiment pur à côté de mots d'ordre et d'action.
Dans le trinôme républicain, pour Liberté, Egalité, tous les esprits étaient d'accord ou croyaient l'être sur le fond que ces mots renferment, tant ils répondent à une avidité générale et légitime. Mais pour Fraternité, qui indique toujours un petit sacrifice, une dépense de soi, il n'en allait pas de même dans l'entendement des politiciens et des égoïstes
Il laut en être arrivé à la réversibilité consciente de la sensibilité pour que la pratique d'une idée d'apparence aussi peu pratique, le devienne.
(( La Liberté, bien ou mal comprise, pensaient-ils, est un principe de gouvernement qui peut se réglementer par des lois positives. L'Egalité peut être la base d'un état social et se traduire par des droits réels, civils et politiques, que consacrent et garantissent des codes, mais comment concevoir une loi organique qui décrète, article par article, la Fraternité? ))
La pratique de la Liberté nous montre que la tâche n'est pas pour elle beaucoup plus facile et que (( Liberté, Egalité, Fraternité » sont avant tout d'ordre moral et intellectuel-rationnel.
Il est très heureux que ceux qui ont voulu et formulé « Liberté, Egalité, Fraternité)) ne l'aient pas su.
Ils n'auraient peut-être pas osé vouloir. Et maintenant que l'œuvre est entreprise et que nous savons la regarder sans passion, sans fébrilité, comme la réalisation de la vie elle-même, qui ne peut pas se manifester dans des organismes sans que l'Etre possède des raisons préconçues, c'est à nous de la considérer avec bravoure et courage, de vouloir à notre tour, et d'oser en sachant.
Quand Lamennais écrit : « La Vie, c'est la Fraternité », et que l'on reste au premier abord étonné, puis pensif sur cette affirmation qui est la vérité à la fois la plus haute et la plus élémentaire, on demeure persuadé, après une sérieuse et sincère réflexion, que la Fraternité est l'état auquel restera la victoire définitive.
L'autre nom'dela Vie, celui de son expression vivante qualitative, impalpable et fluidique, réceptrice et génératrice de la force magnétique et psychique, est sensibilité.
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La Fraternité est le seul état supérieur ou, dans l'Egalité, par la Liberté, se fondront toutes les actions de paix, par le respect et l'emploi de toutes les sensiblités.
C'est donc la Vie elle-même qui resplendit sur nos murailles quand notre devise y est écrite.
C'est bien vers elle que nous allons, quand nous voulons réaliser les promesses qu'elle contient.
C'est au fond de nous qu'il faut l'écrire, l'implanter comme un germe sacré de vie et de félicité, en sachant la cultiver dans un terrain propice.
Il est curieux et intéressant de considérer comment, depuis que nous voulons nous diriger, non selon les superpositions d'antan mais d'après les tendances et les aspirations profondes, du pays, ridée de Liberté a marché à grands pas, et quelles catégories d'Etres Humains, différents de ses premiers défenseurs, elle a engendrés au xix^ siècle.
Les purs, comme on les appelle, furent des martyrs ignorants ou des visionnaires convaincus, entraînés par la foi vive. Tardent désir du règne de lajustice et de la Vie, pour le triomphe duquel leur existence ne devait pas entrer en ligne de compte : il la fallait, ils la donnèrent.
Saluons ces inconnus et pourtant rayonnants héros, au courage, à la prescience desquels nous devrons la Lumière.
Ceux qui poursuivirent la conquête furent des lutteurs plus intellectuels.
Infatigables, encore illuminés, les uns firent des concessions au passé, les autres des emprunts problématiques à l'avenir. Lespremiers n'avaient pas plus craint défaire couler le sang que de sacrifier leur vie. Les seconds voulaient organiser les résultats de quelques victoires et créer, au milieu du désordre et des ambitions soulevées par l'exploitation d'une idée nouvelle, des éléments de continuité. Toutefois, ils ne savaient guère comment se débarrasser eux-mêmes de leur atavisme et ils prouvèrent qu'ils ne sentaient en eux aucune notion de la Loi de Progrès puisqu'ils se créèrent à eux-mêmes et à leurs continuateurs des difficultés au milieu desquelles nous nous débattons.
Depuis 1870, l'exercice de la Liberté n'en a pas enseigné l'usage, mais il en a implanté l'Idée chez tous les Français.
Chacun se réclame d'elle, ce qui est équivalent à cette affirmation générale :
I 12 VERS LA vie!
«La liberté existe ». Eh bien, il faut qu'il en soit d'elle comme de la Vie dans l'Etre Humain, il faut que les faits prouvent que « la Liberté vit )).
Or, ce ne seront ni les institutions anglo-saxonnes (dont les principes prisés à la lois par Voltaire, Rousseau et par tous les philosophes, les penseurs érudits du xviii® siècle donnèrent le branle à la partie consciente de la Révolution française), ni les philosophies grecques qui aidèrent à la formation précise de l'Idée et dont on s'inspire, qui détermineront le règne de la Liberté et établiront sa vie réelle, chez nous d'abord, partout ensuite.
Une jeune France veut renaître. Elle est tout entière désormais dans les mains et sous les yeux de la République. Que les petits, que les jeunes se connaissent, sachent penser et soient conscients ; qu'ils bénéficient réellement des efforts de la Loi de Progrès à travers les siècles et de l'énergie, des sacrifices de leurs devanciers; qu'ils sachent faire conjuguer rationnellement en eux l'Idée et l'Amour; et après quinze cents ans de sommeil, les germes qui dorment au fond du sol gaulois, sollicités par un labeur profond, et la Vérité semée avec intégrité, feront apparaître les moissons fortes, connaissantes, justes et bonnes, qui révéleront leur entière puissance.
Liberté ! Egalité ! Fraternité ou la mort ! crièrent les premiers champions inconscients de la Liberté, dans une ivresse brutale, uue frénésie avide de recommencement, impatients d'agir et décidés à conserver coûte que coûte le pouvoir et l'Idée conquis.
Liberté, Egalité, Fraternité pour la Vie ! Voilà ce que nous devons vouloir et désirer tous. Et nous en réaliserons la beauté et l'efficacité quand chacun de nous sera bien persuadé que nul être humain ne peut dire qu'il ait vécu si Liberté, Egalité, Fraternité, implantés et vivants dans les profondeurs de son âme, ne produisent avec rintelligence, les fleurs, les fruits et les êtres moraux sans; lesquels les individus n'ont d'humain que le nom.