RURALE
Oh ! nous ne sommes pas eqcore à cet état de compréhension I
Nous commençons à, peine à comprendre l'utilité de lç| propreté, de l'ordre pour nous-mêmes. Nous cqmn^ençons à peine à savoir ce que c'est que l'ordure pt combien est pernicieuse, pour pous, la vie qui s'y manifeste et le contact des êtres qui y naissent ou qui s'y substantent(i).
A ce propos, ouvrons qne parenthèse pour l'hygiène.
l^' Hygiène indi'Oiduelle et privée fait partie intégrante de l'Education humaine; il en sera parlé en son temps. U Hygiène fit,blique^ dans les villes, est du ressort de la municipalité. Elle va son petit train. Il y a beaucoup à dire sur elle; mais il est des gens officiels pour en parler.
C'est VHygiène publique rurc(,le qui est dc^ps un sommeil dangereux pour tout le monde.
A qui incombe-t-elleP
Est-ce au maire, au conseil municip?^!, au garde-champêtre, au maître d'école, % tous les particuliers? Je crois que c'est à tous les Ê^dministrés qui n'ont sur elle que des notions insuffisantes.
Aussi n'existe-t-elle pas. Ce serait intéressant de savoir qui doit s'occuper d'elle. Faire de l'hygiène ici, dans une ville, n'en pas feire à cinq cents mètres tout autour, dans les communes, c'est comnie si Ton n'en faisait pas. L'air, les virus, les bestioles, ne s'inquiètent guère de nos démarcations. D'ailleurs virus, microbes, mouches pt moustiques, échappés des immondices rurales, s'épanouissent et s'exercent bien supérieurement ensuite dans les villes où ils trouvent des organismes plus délicats et des épidermes plus fins.
On a établi à grands frais quelques fours crématoires dans plusieurs villes. Ils n'ont qu'une utilité sociale peu comprise et répondent surtout à des manières de penser spéciales. C'est dans les campagnes qu'on devrait en construire ; non pas pour les liun^^ins, mais pour les animaux et les détritus pernicieux.
On s'é^pnnç des épidémies q\ii sévissent partout. Ejl^s tiennent à des causes multiples, les mêmes pour to^te la France.
Depuis que \^ consommation général^ de la viand^ invitp à faire Un élevage considérable de bétail, l'on débite trop souvent, dans les villes et dans les campagnes, des bêtes mort-néçs ou malades, tandis
(i) Lire dans le Matin du ii septembre 1903 Texcellent et concluant article de Pierre Giffard sur les mouches, leur provenance, leur action dangereuse et le moyen de les détruire.
que, sur la grande quantité d'animaux élevés, àl se produit plus de crevaisons. Les botes crevées, et qu'on «ne peut vraiment pas vendre, sont très mal enterrées, quand elles ne sont pas tout simplement jetées dans quelque trou ou à la rivière. Ceci est un mal que l'on se donne pour les gros animaux. Mais si les accidents se passent sur des poules, des chiens, des chats, etc., on les laisse sur la route ou dans les jardins ; les bestioles s'y posent, nous en connaissons les terribles conséquences possibles.
Vraiment l'hygiène rurale est insuffisante, si elle existe.
Les fours crématoires devraient y devenir permanents. Les bêtes crevées y disparaîtraient toutes.
L'on n'a jamais vu autant de tuberculeux. Jamais l'on n'a tant bu de lait dans les villes. Les vaches sont facilement contaminées par la phtisie.
Si elles crèvent de ce mal et qu'on les mange, c'est terrible pour l'homme; mais si on les enterre dans un champ, où leurs congénères viennent pâturer, celles-ci absorbent tous les mauvais germes qui reviennent à la surface du sol, et leur lait et elles-mêmes sont atteintes par le mal.
D'autre part, l'on n'a jamais tant bu d'alcool, partout, d^ns les villes et dans les campagnes, et jamais les boissons ne furent plus frelatées.
De plus, le Tout-à-l'Egoût empoisonne un grand nombre de nos rivières, achevant Toeuvre de l'industrie, et Ton s'étonne de Timpureté de l'eau et de la dépopulation poissonnière.
En résumé :
L'air qu'on respire est corrompu.
L'eau qu'on boit et dont on se sert est empoisonnée par nos détritus.
La viande qu'on mange n'est pas toujours saine.
Le lait auquel on demande la vie est infecté ou frelaté.
L'alcool est du tord-boyau.
Et je circonscris les observations. Mais Ton veut réaliser « l'esprit sain dans un corps sain ».
Il faudrait peut-être s'organiser pour qu'au rnpins l'air, l'eau, le lait, la viande et l'alcool, pour que tout ce qui sert de nourriture première, physique et morale ou qui se débite partout, pour ce qui pénètre l'individu malgré lui, soit sain, propre et pur dans la mesure de nos moyens. Ce qui indique qu'il convient d'établir l'hygièi^e où réside un petit gouvernement particulier : la plu^ petite; conam^ç^ç.