‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 132 sur 549 · PARIS, CHANT II · texte numérisé non relu

PARIS, CHANT II

• Pai faim , vous qui passez , daignez me secourir. Voyez , la neigo tombe et la terre est glacée;

J’ai froid : le vent se lève et l'heure est avancée ,

Et je n'ai rien pour me couvrir.

« Tandis qu’en vos palais tout flatte votre envie ,

A genoux sur le seuil, j’y pleure bien souvent;

Donnez , peu me suffit : je ne suis qu'un enfant ,

Un petit son me rond la vie.

« On m’a dit qu’à Paris je trouverais du pain ; Plusieurs ont raconté, dans nos forèls lointaines, Qu’ici le riche aidait le pauvre dans ses peines :

Eh bien! moi , je suis pauvre et je vous tends la main.

a Faites-moi gagner mon salaire :

Où me faut-il courir? Dites, j’y volerai.

Ma voix tremble de froid; eh bien! je chanterai,

Si mes chansons peuvent vous plaire.

« Il ne m'écoute pas , il fuit ;

Il court dans une fête (cl j'en entends le bruit)

Finir son heureuse journée.

Et moi , je vais chercher , pour y passer la nuit ,

Cette guérite abandonnée.

« Au foyer paternel quand pourrai-je m'asseoir?

Rendez-moi ma pauvre chaumière,

Le laitage durci qu'on partageait le soir,

Et, quand la nuit tombait, l'heure de la prière,

Oui ne s’achevait pas sans laisser quelque espoir.

« Ma mère, tu m'as dit, quand j'ai fui ta demeure : Pars, grandis et prospéré, et reviens prés de moi... Hélas! et, tout petit, faudra t-il que je meure Sans avoir rien gagné pour toi !

» Non , l’on ne meurt point à mon âge ; Quelque chose me dit de reprendre courage.-.

Eh! que sert d'espérer! Que puis-je attendre enfin? J’avais une marmotte1, elle est morte de faim. »

Et, faible, sur la terre il reposait sa tète :

Et la neige, en tombant, la couvrait à demi, Lorsqu'une douce voix , à travers la tempête ,

Vint réveiller l’enfant par le froid endormi.

• Qu’il vienne à nous, celui qui pleure,

Disait la voix mêlée au murmure des vents;

L'heure du péril est notre heure :

Les orphelins sont nos enfants. »

Et deux femmes en deuil recueillaient sa misère ;

Lui , docile et confus , se levait à leur voix :

Il s'étonnait d’abord; mais il vit dans leurs doigts Briller la croix d'argent au bout du long rosaire,

Et l'enfant les suivit en se signant deux fois.

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