‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 146 sur 549 · LA FORÊT · texte numérisé non relu

LA FORÊT

Forêt silencieuse, aimable solitude,

Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !

Dans vos sombres détours, en rêvant égaré , J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude 1 Prestige de mon cœur! je crois voir s’exhalor Des arbres , des gazons une douce tristesse ;

Cette onde que j’entends murmure avec mollesse , El dans le fond des bois semble encor m'appeler.

Oh ! que ne puis-je , heureux, passer ma vie entière Ici, loin des humains 1... Au bruit de ces ruisseaux , Sur un tapis de fleurs, dans ce lieu solitaire,

MÉMOIRE

Qu'ignoré, je sommeille à l'ombre des ormeaux !

Toul parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles : Ces genêts, ornements d'un sauvage réduit,

Ce chèvrefeuille atteint d’un vent léger qui fuit, Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.

Forêts, agitez-vous doucement dans les airs!

A quel amant jamais serez-vous aussi chères? D'autres vous confieront des amours étrangères ;

Moi , de vos charmes seuls j’entretiens les déserts.

Chateaubriand.

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