LE SERPENT ET LA LIME
On conlt* qu’un serpent , voisin d’un horloger (C’était pour l'horloger un mauvais voisinage),
Entra dans sa boutique ; el, cherchant à manger , N’y rencontra pour tout potage 5 Qu’une lime d’acier qu’il sc mil à ronger.
Cette lime lui dit, sans se mettre en colère :
Pauvre ignorant! ehl que prétends-tu faire?
Tu te prends à plus dur que toi ,
Petit serpent à tète folle :
1 0 Plutôt que d'emporter de moi Seulement le quart d'une obole ,
Tu te romprais toutes les dents :
Je ne crains que celles du temps.
Ceci s'adresse à vous , esprits du dernier ordre ,
45 Qui, n'étant bons à rien, cherchez sur tout à mordre ; Vous vous tourmentez vainement.
Croyez-vous que vos dents impriment leurs outrages Sur tant de beaux ouvrages?
Ils sont pour vous d'airain , d'acier , de diamant.
La Fontaine.
•3 Celle» du temps ; le» dent» du temps, pour dire le temps use tout, toul »’u«c avec le temps.
I* l'.iprits du dernier oritre. Le» homme» d'un esprit et d'un ■avoir médiocre».
IT Impriment leur» outrage», puissent laisser la trace, f empreinte de leur» outrage».
MÉMOIRE
!• U airain, d acier , de diamant , ce qu*il y * de plu* dur au monde : le premier e*l un composé de cuivre et d’étain; le second est le fer trempé , durci au feu ; le troisième une pierre fine la plus dure et la plus précieuse de toutes. On ne peut polir le diamant qu’avec du diamant en poudre.