‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 167 sur 549 · L’ESPRIT · texte numérisé non relu

L’ESPRIT

Penser peu, parler de tout , ne douter de rien , n’habiter que les dehors de son âme, et ne cultiver que la superficie de son esprit; s’exprimer heureusement, avoir un tour d’imagination agréable, une conversation légère et délicate, et savoir plaire sans se faire estimer ; être né avec le talent équivoque d’une conception prompte, et se croire par là au-dessus de la réflexion; voler d’objets eu objets, sans en approfondir aucun ; cueillir rapidement toutes les fleurs, et ne donner jamais aux fruits le temps de parvenir à leur maturité : c’est une faible peinture de ce qu’il a plu à notre siècle d’honorer du nom d’esprit.

Esprit plus brillant que solide, lumière souvent trompeuse et infidèle, l’attention le fatigue, la raison le contraint, l’autorité le révolte ; incapable de persévérance dans la recherche de la vérité, elle échappe encore plus à son inconstance qu’à sa paresse. D’Aguesseau,

Nécessité de. la Science.

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