L’ORAGE
Mais le ciel se couvre de toutes parts. Le soleil, voilé par des nuages sombres, laisse échapper de longs rais d'une lumière pâle qui nous annoncent la tempête. Déjà elle s’élève: des giboulées de neige volent dans les airs, comme des plumes d’oiseau; les troupeaux inquiets mugissent au fond des vallées ; le berger, trompé par l'espoir d’un beau jour, sc hâte de les rassembler avant la nuit. Le terrible vent du sud-ouest s’élève de l’horizon ; il couvre le ciel de montagnes de nuages semblables à celles des Alpes; dans sa course rapide et pesante, il creuse la surface des eaux, et courbe les cimes des forêts, qui font entendre au loin de rauques mugissements; les troncs des arbres tombent avec fracas : tandis que ces vieux monuments des siècles sont renversés, un oiseau parait immobile dans les ci eux. L’épervicr lutte contre la tempête, en jetant des cris funèbres; il épie quelque oiseau malheureux, qui ne doit plus revoir le printemps.
Ne regardez point les tempêtes de l’atmosphère, les ravages des forêts et les guerres des animaux connue des désordres de la nature : tout est bien dans un plan infiniment sage. L’oiseau de proie, en détruisant les oiseaux âgés ou infirmes, prépare de nouvelles places à leurs générations. Les tourbillons du sud-ouest renouvellent les vieux végétaux et disséminent au loin leurs graines; ils portent aux régions glacées du nord l’air chaud de l’Afrique, chargé des vapeurs de la Méditerranée; ils adoucissent l’atmosphère de notre zone, et entassent sur notre pôle septentrional des montagnes de neige, qui doivent donner, à 1’équinoxe du printemps, de nouvelles sources à l’Océan.
Enfants, bâtez- vous de rassembler vos ballons, vos volants et vos cerfs-volants ; déjà vos mères inquiètes accourent et vous rappellent à vos foyers. Heureux celui qui habite avec des parents chéris une humble chaumière au fond d’un vallon ! A l’abri des collines et de ses vergers, il entend, la