‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 319 sur 549 · AÎ · texte numérisé non relu

AÎ

nuit, sans crainte, les mugissements des vents; il s’endort au murmure lointain des forêts, et, en fermant les yeux à la lumière, il bénit celui qui a pourvu aux besoins de tout l’univers.

Bernardin de Saint-Pierre.

Harmonies de la Nature.

MASS1LLOX

Il excelle dans la partie de l’orateur qui seule peut tenir lieu de toutes les autres, dans cette éloquence qui va droit à l'âme, mais qui l’agite sans la renverser, qui la consterne sans la flétrir et qui la pénètre sans la déchirer. Il va chercher au fond du cœur ces replis cachés où les passions s’enveloppent, ces sophismes secrets dont elles savent si bien s’aider pour nous aveugler et nous séduire. Pour combattre et détruire ces sophismes, il lui suffit presque de les développer avec une onction si affectueuse et si tendre, qu’il subjugue moins qu’il ti’enlraine, et qu’en nous offrant même la peinture de nos vices il sait encore nous attacher et nous plaire.

Sa diction, toujours facile, élégante et pure, est partout de cette simplicité noble, sans laquelle il n’y a ni bon goût, ni réritabic éloquence; simplicité qui, réunie dans Massillon à l'harmonie la plus séduisante et la plus douce, en emprunte encore des grâces nouvelles ; et, ce qui met le comble au charme que fait éprouver ce style enchanteur, on sent que tant de beautés ont coulé de source et n’ont rien coûté à celui qui les a produites. Il lui échappe même quelquefois, soit dans les expressions, soit dans les tours, soit dans la mélodie si touchante de son style , des négligences qu’on peut appeler heureuses, parce quelles achèvent de faire disparaître non-seulement l’empreinte, mais jusqu’au soupçon du travail. C’est par cctabandou de lui-mêiue que Massillon sc faisait autant d'amis que d’auditeurs; il savait que plus un orateur paraît occupé d’enlever l'admiration, moins ceux qui l'écoutent sont disposés à l'accorder, et que cette ambition est l’écueil de tant de prédicateurs qui, chargés, si on se peut exprimer ainsi, des intérêts de Dieu, veulent y mêler les intérêts si minces de leur vanité.

D'Ai.embf.rt.

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