VOYAGE D’ESDRAS
Après Cyrus, ses successeurs continuèrent à être favorables aux Juifs; un d’eux, que l’Écriture nomme Assuérus, épousa
HISTOIRE SAINTE
te
résilier, nièce de Mardochée. (Je fut elle qui, à l'instigation de son oncle, demanda et obtint la grâce des Juifs, condamnes par Aman, premier ministre du roi, à être tous massacrés, et fit pendre ce parvenu à la potence où devait être suspendu Mardochée. Xerxès, fils et successeur d'Assuérus, confirma aux Juifs tous les privilèges que son père leur avait accordés. Artaxerce, qui lui succéda, ne fut pas moins ami du peuple de Dieu. Ce prince envoya en Judée Esdras, qui était de race sacerdotale; il le chargea de présents magnifiques pour le temple de Jérusalem ; il lui donna d’amples pouvoirs pour instruire, en visitant la Judée, le peuple dans la loi de Dieu, et y établir des juges et des magistrats qui eussent l’autorité de punir, même de mort, quiconque n’obéiraït pas à la loi de Dieu et à l’ordonnance du roi. Esdras partit donc accompa-
gné d’un grand uorabre de Juifs, et vint à Jérusalem. 11 fait lui-même le récit intéressant de son voyage en ces termes : « Béni " soit le Seigueur Dieu de nos pères, qui a " mis dans le cœur du roi la pensée de re- » lever le temple de Jérusalem, et qui par ' sa miséricorde m’a fait trouver grâce de- *• vant le roi de l’erse et devant les grands <• de la cour ! Etant arrivé devant la rivière » d'Ahava, je publiai un jeûne pour nous » humilier devant le Seigneur notre Dieu * et pour le prier de nous conduire heu- ” reusement dans notre voyage, nous, nos " enfants, et tout ce que nous portions avec
» nous; car j’eus honte de demander au » roi une escorte de cavaliers pour nous » défendre de nos ennemis pendant le cbe- » min, parce que nous avions dit au roi » que la main favorable de notre Dieu est » sur tous ceux qui le cherchent sincère- » ment, et qu'il sait les garantir de tout » danger : après avoir exalté la puissante » protection de notre Dieu, nous craignions » de donner la moindre marque de timi- » dite. Nous jeûnâmes donc , et nous fîmes » notre prière à Dieu, qui l’exauça. Tout » nous réussit heureusement. Nous arrivâ- » mes à Jérusalem le premier jour du cin- » quième mois, et nous portâmes à la mai- » son de Dieu l’argent et les vases que le roi » et ses officiers avaient offerts volontaire- » ment pour être employés au service du » temple. »
Esdras, à son arrivée dans Jérusalem, apprit avec douleur que le peuple de Dieu avait, au retour de la captivité, contracté des mariages avec des femmes étrangères; mais, ayant convoqué toutes les tribus à une grande assemblée, il fit casser toutes ces alliances.
Ml'RS DE JÉRUSALEM REBATIS.
La construction du temple' était achevée depuis longtemps, mais les murs de Jérusalem n’étaient point encore relevés la vingtième année du règne d’Artaxerce; cependant Dieu disposa le cœur du roi à favoriser les Juifs. Voici en quelle occasion. Un vertueux Israélite exerçait auprès du roi la charge d'écbanson. Un jour qu’il remplissait à table ses fonctions ordinaires, Artaxerce, remarquant qu’il avait l’air abattu , lui dit : « Pourquoi êtes-vous triste ? » Il répondit : •< Gomment ne serais-je pas » triste? mes parents viennent de me ren- « dre visite, ils m’ont appris que la ville où » reposent mes ancêtres est encore déserte, n et que les portes en sont brûlées, Permet-
HISTOIRE SAINTE
» lez-moi d’aller en Judée et de faire re- .f. » bâtir la ville où sont les tombeaux de mes
» pères. » Le roi, touché, le lui permit, et lui donna des lettres pour le grand-maitre de la forêt royale, afin qu’il eût à lui fournir s les bois nécessaires. £
Arrivé à Jérusalem , Néhémie ne découvrit d’abord à personne ce qu’il voulait 2 faire; mais il sortit la nuit à cheval et fit le 5 tour de la ville pour en considérer les mu- \ railles. Ensuite , ayant assemblé les magis- :ï trats et les anciens du peuple, il leur dit : «5 m Venez, relevons les murailles de la cité •’ sainte , et faisons cesser l’opprobre dont j~ » elle est couverte. ” A peine eut-il fini de parler, que tout le monde demanda à être mis à l’ouvrage en s’encourageant mutuelle- £ ment. Les ennemis du peuple de Dieu ap- :: prirent avec chagrin l'arrivée de Néhémie S et l’entreprise qu’il formait; mais, dissimu- .1 lant leurs alarmes, ils se contentèrent d’en 2 faire des railleries amères : « Que préten- « dent ces insensés? disaient-ils; bâtiront-ils ;; x un jour leurs murailles de ces monceaux :: x de pierres calcinées et réduites en pou- zi x dre? >■ Enfin, toutes les brèches de la £ muraille étaient réparées jusqu’à la moitié ;; de lu hauteur où on voulait les élever. Alors 2
les ennemis du peuple de Dieu essayèrent & de surprendre les travailleurs à l’ouvrage ; S mais Néhémie, averti de leur dessein, après £3 avoir adressé à Dieu une prière touchante, 2
arma le peuple de Jérusalem et le rangea le long des murailles. Depuis ce jour-là, une moitié des jeunes gens était occupée au travail, et l'autre se tenait prête à repousser l’ennemi. Néhémie donnaità tous l’exemple d'une assiduité infatigable, et soutenait le courage de ses frères en ne s’accordant à lui-mème aucun repos. On n’employa que cinquante-deux jours à relever les murs de Jérusalem. Lorsqu'ils furent achevés, ou fit la dédicace de la ville au Seigneur par plusieurs cérémonies. Ensuite il régla ceux qui habiteraient dans la ville sainte et ce qu’il fallait faire pour sa sûreté ; et , ayant appris que plusieurs riches pratiquaient l’nsure, il prononça contre eux et ceux qui leur ressembleraient un anathème terrible que tout le peuple approuva.