‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 541 sur 549 · TREIZIÈME RÉCRÉATION · texte numérisé non relu

TREIZIÈME RÉCRÉATION

LA VAPEUR. à

iand Peau bout, vous avez remarque y ■• 2 À st* sans doute qu’il s’en éeliappc de la fil- ^ r; v nnv. noiielicz exaelemcul l’ouverture de X JÿtfVVÎ la bouilloire, et celte fumée ou vapeur X comprimée acquerra une telle force quelle fera sauter le couvercle. I.’cait , en Iwuillant , se dilate S au point qu’uu seau d’eau devient 1700 seaux de S vapeur; par conséquent , le même espace ne peut g plus la contenir. Un de ces hommes qui réfléchissent h tout ce qu’ils voient se dit qu’on pourrait ï» utiliser celte vapeur en la tenant captive dans un y cylindre ou tuyau de métal ; la vapeur dilatée cher- SS che à s'échapper et soulève un piston, comme tu 3j peux en voir aux pompes, et qui , montant et des- ~~cendant dans le corps de pompe , élève l’eau jus- £ qu'au robinet. Alors on introduit dans le cylindre de l’eau froide qui condense la vapeur cil la refroi- y distant ; le piston, n’étant plus soutenu, retombe y (mur être soulevé de nouveau par une nouvelle y bouffée de vapeur. Dans les navires, le mouvement y du piston fait tourner un essieu qni se termine à y set deux extrémités par deux roues armées de larges y palettes comme la grande roue d’un moulin. Les : v: palettes en frappant l'eau font l’office de rames cl rj poussent le bateau en avant. X

Tel est le secret de la navigation a la vapeur, dont g l’usage est assez récent. L’invention de la machine iï est due à Denis Papin '. Le perfectionnement et Sj

1 Déni* Papin était ne à Blois, d'une famille protestante; la révocation de l'édit de Nantes le força de s’espairier. Il *c réfugia «x . en Allemagne, prêt du lau-lfp-nve de lle««c , et remplit wr dit-

l’application surtout appartiennent à Walt et h Fuiton5. On leur accorda d’abord peu d'attention, on les tourna presqueen ridicule. Aujourd’hui les inors, les fleuves, les lacs sont sillonnés par ces machines admirables, et l'Angleterre compte plus de cinq cents de ces bateaux. Celui qui fait le trajet de Londres à Édimlxmrg contient un salon où i3o personnes dînent h l’aise, tout en sillonnant la mer avec la rapidité du vent.

La navigation h la vapeur a fait de grands progrès aussi en France depuis i83o. Nous voyons actuellement des compagnies consacrer, dans nos ports, plusieurs millions à la construction de bateaux qui peuvent être comparés aux plus beaux de l’Angleterre et de l’Amérique. Des bateaux à vapeur font aujourd’hui un service de poste, à partir de Marseille, dans tous les ports de la Méditerranée. Nous nous occti])ons d'en établir qui feront un service de Bordeaux et du Havre en Amérique.

La vapeur s’applique h bien d’autres usages. On l’a substituée à l'homme dans une foule de travaux, pour tirer du charbon de terre delà profondeur des mines, élever l’eau, faire marcher des moulins, les marteaux, les cisailles, les soufflets, les cylindres qui servent à fabriquer le fer. On s’en sert pour forer les canons, filer le coton, la laine et le lin, imprimer, moudre, etc., etc. I) est telle machine qui en

li net ion le* fonction* de professeur de mathématique* i l'Université de Marliourg. Il mourut en 1710. (Voycv, dans Y Annuaire du bureau dr» longitude» pour 1837 , la Notice publiée par M. Arafjo, sur les marbinci b Tapeur.)

* XVait naquit en Écouf, le 19 janvier 1736. Il était d’une completion maladive. Un régime sobre lui permit de vivre juequ’au 25 août 1619. Fulcon, Américain, vécut de l’an 1765 à 1815.

RECREATIONS. 37

un jour peut filer un fil de coton assez long pour £ faire deux fois le tour du {;lu!>e. A hirminghani on ïen emploie pour la fabrication de la monnaie de g cuivre et des boulons; chacune |>eut frapper de ÿj 4««o à 5ooo pièces en une heure. Quelques ma- & chines à vapeur ont la force de cent chevaux ; à cpioi 2» il huit ajouter que cette foi ce étant constamment la j* même, tandis que celle du cheval va toujours en £2 décroissant à mesure qu’il se fatigue et que le Iravail se prolonge, la foret» du cheval-vapeur représente une fois et demie la force d’un cheval. On cal- ; • cule que la force d’un cheval représente la force de < ?. six hommes. 11 est donc telle machine qui représente la force de plu* de Goo hommes. On prétend “3 qu’il s'est fabriqué à Londres , depuis vingt ans, 1.2 pour le service des distributions d’eau et de gaz tî dans les rues et presque dan* chaque maison, une Î2 quantité de tuyaux telle, que la population entière 23 du globe ne la fabriquerait pas en un siècle avec le 22 seul travail de scs bras.

La vapeur a été aussi appliquée aux transports 33 par terre. Les locomotives sont des machines mises g en mouvement par la vapeur et qui courent sur les :£ deux bandes d’un chemin de fer avec une vitesse !£ qui peut aller à plus de douze lieues à l’heure, re- 22 inorqnant derrière elles une longue suite de voitu- 2: rcs chargées de voyageurs ou de marchandises. 22 Le savant Anglais Stephenson, ingénieur à Newcastlc, a offert de construire une machine qui pour- g rait faire quarante lieues à l'heure. g

Ne croyez pas cependant que ces machines soient 2» arrivées tout d’uu coup au point où elles sont aujour- g d’hui. Elles ont reçu successivement beaucoup de g perfectionnements; vous serez bien aise de savoir g qu’un des plus importants est dû à un enfant. La g première machine h vapeur dont 011 fit usage fut g construite par deux ouvriers anglais, Ncwcomen et g Cawley, l’un quincaillier et l'autre vitrier à Dar- g moulh en Devonshire. On en comprit bientôt l’uti- g

lité pour l’exploitation des mines, où on en fit usage |K>ur épuiser le* eaux qui filtrent à travers la terre et gênent les travaux des mineurs. Or res premières machines, fort importantes, ne fonctionnaient qu’à l’aide d’une personne qui ouvrait et fermait alternativement les robinets qui introduisaient tourh tour dans le cylindre la vapeur d’eau chaude qui faisait monter le piston, et l’eau froide qui le faisait descendre. En certain jour, la personne chargée de cette fonction était un jeune gaiçon nommé Henri Potier. Pend ant qu’il exécutait les évolutions nécessaires avec autant de précision que d’intelligenre, il entendait de loin les cris joyeux de ses petits camarades qui étaient alors en récréation ; il grillait d’imjKitionec d’aller les rejoindre et de partager leurs amusements; mais il n’y a pas moyen de quitter, même pour une seule minute, le travail qui lui est confié, sans causer beaucoup de mal. Henri aimait bien .à jouer, mais c’était nu enfant réfléchi et consciencieux, et il n’aurait pas préféré son plaisir à son devoir. Cependant il soupirait en entendant, au bruit des voix et aux éclats de rire, que le jeu s’animait de plus en plus. Maudite machine! ditil, encore si tu savais marcher foute seule! Tout à coup il se frappe la tête, une idée subite s’empare de lui, et c’était une idée de génie. Un balancier adapté à la machine l’avertissait du moment précis où il devait ouvrir et fermer les robinets. L’un d’eux s’ouvrait quand le balancier descendait , et se fermait quand il montait ; c’était le contraire pour l’autre. Henri combine tout cela dans sa cervelle, tire de sa poche plusieurs morceaux de ficelle qu’il attache par un bout à la manivelle des robinets , et par l’autre au balancier en calculant leur longueur, de sorte que le balancier, en montant et descendant , ouvre et ferme tout seul les robinets au moment où il le faut. Henri , enchanté du succès de son invention, demeure un moment à la voir marcher; et quand il est sûr qu’elle va bien , en deux sauts il est dans la prairie, au milieu de ses petits camarades. Jugez un peu de la surprise des gens qui dirigeaient les travaux , quand à leur retour ils virent leur machine fonctionner ainsi toute seule. Ils comprirent bien vite qu’il était inutile d’employer le* bras et l’intelligence d’une personne là où quelques bouts de ficelle pouvaient suffire. Ils adoptèrent donc l'invention d’Henri ; seulement on remplaça les ficelles par de petites tringles de fer, et un enfant eut ainsi la gloire d’avoir grandement amélioré une des plus importantes découvertes de ce siècle.

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