‹ Éducation maternelle sisimples leçons d'une mére a ses enfantsChapitre 96 sur 549 · LA CIGALE ET LA FOURMI · texte numérisé non relu

LA CIGALE ET LA FOURMI

La cigale , ayant chanté Tout l’été,

Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue :

5 Pas un seul petit morceau

De mouche ou de vermisseau :

Elle alla crier famine Chez la fourmi sa voisine,

La priant de lui prêter 1 0 Quelque grain pour subsister Jusqu'à ta saison nouvelle :

Je yous paierai , lui dit-elle ,

Avant l’oût, foi d'animal ,

Intérêt et principal.

45 La fourmi n'est pas prêteuse,

C’est là son moindre défaut :

Que faisiez- vous au temps chaud?

Dit-elle à cette emprunteuse. —

Nuit et jour à tout venant 20 Je chantais, ne vous déplaise. —

Vous chantiez! j'en suis fort aise.

Hé bien I dansez maintenant.

La Fontaine.

* Dépourvue, tant ressource, n 'ayant rien ou presque rien.

• La bits, veut du nord, »rc cl froid; quand l'Iùvcr fut vécu. Il Jusqu'à (a ta i*o n h< nvtlle, qui était celle de lu moisson.

Avant Coût, avant ta moisson qui se fait an mou d’août. — foi d'animal, sur ta promesse de ta cigale.

•* Intéiét et principal. D'abord tant pour lui avoir prêté, et puis ce qu’elle aura emprunté, supposons mille grains de blé comme principal et cinquante grains comme intérêt; en tout mille cinquante grains de blé que recevra la fourmi, si elle veut bien prêter.

I* Moindre, le plus petit de ses défauts.

• T Temps chawl , au temps des chaleurs, en été.

>9 A tout venant, au premier qui venait, qui passait.

*» AV nous déplaise, si cela peut ne pas vous déplaire.

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