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façonner les générations qui feront la nation de demain.
Ce n’est pas que nous professions pour le système scolaire d’Ontario une admiration Sans réserve, surtout en ce qui concerne le traitement par trop défavorable accordé aux écoles catholiques et à nos compatriotes, les Canadiens-Français, déjà si nombreux dans cette province.
Obliger une portion considérable des citoyens d’un pays ou d’une province à soutenir de leurs deniers des écoles que réprouvent leurs convictions religieuses, et dont l’entrée reste ainsi interdite à leurs enfants, est une injustice flagrante, en directe opposition avec l'esprit d'équité et de tolérance, qui forme l’une des heureuses tendances de la civilisation moderne,
Or, c'est là exactement la condition des catholiques d’Ontario en ce qui roncerne l’enseignement supérieur des collèges classiques ou “high Schools ”.
Pour bien comprendre cette condition anormale dont souffrent nos coreligionnaires de la province-sœur, il faut se rappeler que, sur ce point de l’enseignement supérieur, le système d’Ontario diffère de celui de Québec.
ëïn Ontario, comme dans la province de Québec, les écoles primaires sont administrées per des commissaires élus par chaque municipalité : l’une protestante, l'autre catholique ; mais les “high Schools” sont sous la juridic-
tion d’un Bureau unique, élu par les contribuables de chaque comté.
Ces “High School Boards ‘ sont chargés de lever les impôts sur tous les contribuables du comté, catholiques et protestants, et d’administrer ces fonds et les écoles supérieures auxquelles ils sont appliqués.
Or, suivant la loi, il ne doit pas y avoir dans la province. de “ high Schools ” séparées, pour les catholiques : protestants et catholiques sont SUpposés fréquenter ensemble ces écoles supérieures, qui doivent, dès lors, être toutes neutres ou pratiquement teintées de protestantisme,
Les contribuables d'Ontario payent donc deux taxes scolaires : l’une aux Commissions protestantes ou catholiques des municipalités, pour les écoles primaires, et l'autre à l'unique “ITigh School Board ” pour le maintien du “high School ” de chaque comté,
Voilà comment les catholiques d’Ontario sont forcés de payer une taxe annuelle pour les écoles supérieures ; €t Cependant, leur conscience ainsi que la proscription des évêques. interdisent à leurs enfants l'entrée de ces écoles,
La majorité protestante, à l'instar des pauvres nécessiteux, va donc, chaque année, puiser dans le sousset des contribuables catholiques, une portion des fonds qui sont employés uniquement à l’éducation des enfants protestants.
La ficrté anglaise, qui se targne de “fair
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play ”, ne souffrirait pas longtemps, il nous semble, qu’on lui reprochât en face cette flagrante iniquité.
Et c’est grâce au manque d'union entre catholiques de races et de langues différentes, que cet état de choses a pu s'établir et subsister depuis un si grand nombre d’années.
Quant aux écoles françaises, leur condition est peut-être plus déplorable encore ; car c’est dans les écoles primaires même que le gouvernement s'efforce de restreindre de plus en plus l'usage et l’enseignement de la langue française.
Nos compatriotes vont avoir là un be:.
champ pour renouveler les luttes héroïques qui, autrefois, ont fait triompher définitivement la
cause du français dans la province de Québec. Ils trouveront le salut dans leur constante union sur le terrain national, en dehors des partis politiques, et groupés autour de chefs pleins d’intrépidité et de désintéressement.
En terminant cet avant-propos nous éprouvons le désir d'offrir nos très humbles actions de grâces à l’Auteur de tout bien, qui nous a fourni l’occasion et les moyens de publier ce modeste ouvrage, dans le seul but de l’utilité de la société et de la Religion.
Dans le monde matériel, aucun mouvemen* ne se perd. Mise en branle par un premier moteur, une molécule déplace la molécule voisine, qui déplace à son tour celle qui la touche
immédiatement, et ainsi, de proche en proche, le mouvement se communique et s'étend à travers les espaces.
Ne pourrait-on pas dire qu'il eu est de même du monde moral, et que le plus petit, le plus humble, le plus obscur, peut, s'il le veut, devenir le point de départ d'un mouvement plein de fécondité.
Yves Le Querdec J) à dit: “Le devoir ne consiste pas à faire grand, mais à faire ce que l'on a à faire, si peu que ce soit. Notre travail dût-il être vain, nous devrions encore continuer l'effort. Au fond, nous ne SAVONS PAS. Le résultat est souvent contraire à Ce que nous attendions. Mais souvent aussi pour être autre, il n’est que meilleur, Les choses entreprises avec le sentiment du devoir réussissent toujours, une main attentive et bonne les conduit. Tout n'est que mystère dans les grands destins et les résultats. Seul le principe est clair qui est le devoir, et Ja tin seule est bonne, car elle est en la main de Dieu ”.
Nous trouvons dans ces quelques lignes ]a parole qui condamnerait toutes nos inerties et toutes nos abstentions, et qui expliquerait tous nos efforts, même ceux dont les résultats paraissent les plus incertains.
(1) Journal d'un évêque.