CRI D'ALARME
Tout récemment, (1) le supérieur ecclésiastique de l'un de nos collèges classiques disait, dans un dis- Cours prononcé à l’occasion d’un conventum des anciens élèves, des paroles significatives qui dévoilent la source même du mal dont souffre notre SYS- ‘me scolaire, et qui est la cause de l’agitation qui se fait partout sentir, répandant dans les esprits le malaise et l'inquiétude.
Les paroles du vénérable Religieux ont trait à l'insuffisance des ressources pécuniaires dont disposent nos maisons d'éducation, Pour pouvoir s’outiller aussi parfaitement qu’il le faudrait, suivant les exi-
\) Za Pulrie, 2 juin 1909,
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gences actuelles de la science pédagogique, surtout en ce qui concerne la préparation professionnelle du personnel enseignant.
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C'est là, dit-il, notre côté faible: la science péda- “gogique. Le talent et le dévoucinent ne font pas “défaut, mais bien les moyens pécuniaires pour “ former de bons professeurs ”.
Bien peu de personnes, même parmi celles qui ont le devoir de s'intéresser particulièrement aux choses
de l'éducation — journalistes, prêtres, instituteurs même quelquefois — savent, d’une manière quelque
peu adéquate, ce que l’on entend, aujourd’hui, par la science de l'éducation.
Il en est ainsi d’ailleurs pour la plupart des professions.
Le vulgaire n'a pas la moindre idée des études longues, étendues et complexes auxquelles doivent se livrer, durant plusieurs années, les futurs.médecins, les étudiants en droit, en génie civil, et même la simple garde-maiade des hôpitaux, avant de pouvoir obtenir le brevet qui leur permettra d'exercer légalement leurs professions.
De même, les profanes, et même bien des instituteurs, parmi ceux qui n’ont pas eu l'avantage de suivre les cours d’une école professionnelle, ne soupconnent nullement toute l’éterdue ct la complexité des études pédagogiques que comporte un cours professionnei, suivi dans une école normale bien à la hauteur des progrès de la pédagogie moderne.
En effet, la pédagogie a fait des progrès énormes, depuis trente ans surtout.
C’est l'Allemagne qui à donné le branle et les autres nations ont suivi.
Ces progrès ont consisté moins dans la découverte de principes pédagogiques nouveaux que dans l'organisation sérieuse d'écoles d'entraînement professionnel, dans lesquelles les principes anciens, sortant des livres où ils restaient lettre iorte, prirent des formes vivantes, et entrèrent dans la pratique des jeunes instituteurs formés par d'habiles maîtres.
Tant vaut le maître, tant vaut l'école,
C’est ce qu'on a partout compris: et tous les efforts pour améliorer l’enscignement se sont portés sur la formation professionnelle des instituteurs. Presque tous les pays se sont efforcés d'établir, depuis un certain nombre d'années, des écoles normales organisées sur des bases uniformes: chacun tâchant d’imiter ce que ses voisins réalisaient de mieux sous ce ‘apport.
Le règlement que puhlie chaque année le Département de l'éducation av la province d’Ontario, à l’usage de ses écoles normales, renferme, sur ce sujet, les indications les plus intéressantes et les plus suggestives.
Ontario a sept écoles normales où se donne le diplôme du second degré ; deux facultés d'éducation, attachées aux universités de Toronto et de Kingston, pour conférer le diplôme du premier degré ; et une
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demi-douzaine d'écoles professionnelles dites 02 dèles, où se donne Je diplôme de troisième classe, Nul instituteur ne peut être diplômé par un “imple examen de compétence ; le stage et l'entrainement de l'école professionnelle sont toujours ref quis, quel que soit le degré d'instruction du candidat. Toutes ces écoles professionnelles sont exclusivement destinées anx études et à l'entraînement péda- | gogiques.
| Comme pour l'étude des professions libérales dans les universités, nul n'est admis dans ces écoles de
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pédagogie, S'il n’a passé avee succès les examens attestant qu'il possède les connaissances scientifiques suffisantes, et variant suivant le degré du brevet auquel il aspire.
Cette mesure montre l'importance que l’on attache aux études et à l'entraînement professionnels, auxquels le futur instituteur devra se livrer exc'nsivement, durant son séjour à l’école pédagogique.
Le programme des études professionnelles des écoles normales d’Ontario, dont nous nous occupons présentement, est très précis, très étendu, très détaillé.
On y indique même aux professeurs combien de leçons ils devront donner sur chaque spécialité : Science de l'éducation et psychologie, soixante-dix lecons ; organisation et gouvernement de l’école, soixante leçons :; histoire de l'éducation, trente-deux lecons.
Puis vient la méthodologie spéciale : Méthode de l’enseignement des mathématiques, trois lecons par semaine ; méthode de l'enseignement de la langue,
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sept leçons par semaine : méthodologie des sciences, des arts, de la musique, du travail manuel, de la culture physique, ete,
Le règlement détermine encore que les futurs maîtres donneront chacun,
au moins vingt-cinq le- Cons, aux élèves de 1
‘école d'application, en présence d’un professeur de pédagogie et d'un groupe de condisciples ; et qu’ils observeront ct critiqueront, moins quarante lecons donnée:
ou des professeurs,
au par des condisciples
Quand on sait que ces écoles professionnelles sont sérieusement contrôlées, que chaque professeur est un spécialiste qui a lui-même été entraîné, non sculement comme instituteur, mais encore en vue de l’enseignement spécial qu’il doit donner à l’école professionnelle ; que les élèves-maît es n'obtiennent leur brevet qu'après avoir passé un examen uniforme, préparé et corrigé par une commission prise en dehors des professeurs, on ne peut que féliciter les jeunes maîtres qui ont la bonne fortune de pouvoir s’outiller ainsi, et se munir d’une si utile formation, avant que de mettre hache en bois dans la difficile carrière de l'éducation,
Heureux les enfants confiés à de tels maîtres, sf, à la connaissance de teur profession, ils joignent, la flamme du zèle que comporte leur noble mission !
Heureuse la nation qui voit les générations entières de ses futurs citoyens ainsi élevés suivant les vrais principes de l’art pédagowique !
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