DEVOIRS DU CI70TBM
Quatre forgerons ont élevé une forge ensemble, mettant en commun letra-
vail et le bénéfice ; trois sont assidus au travail , mais le quatrième ne leur ressemble guère : c^est un fainéant et un ivrogne.
l"" Il manque aux conventions établies.
2^ U n'apporte pas ses bénéfices à la masse.
3t^ U veut rester les bras croisés , et cependant il prétend avoir part dans le bénéfice commun.
4^ Il vole à l'un son marteau, il dit des injures à l'autre , il donne des coups aa troisième.
6^ II a vu le feu prendre à l'atelier , il a appris qu'une pratique allait faire faillite , et il n'en a rien dit à ses associés.
6"* Il est en état de voir que ceux-ci pourraient mieux s'y prendre dans leur métier , qu'ils consument trop de fer et trop de feu , et il ne leur enseigne pas des procédés meilleurs.
Pensez-vous que sa conduite soit bonne?
Elle est on ne peut plus mauvaise.
Outre le tourment et le préjudice actuels^ il leur donne à craindre de nouveaux tourments et de nouveaux pré«judices pour l'avenir. Par son mauvais exemple, il dégoûte les autres de l'envie de travailler , d'autant plus qu'ils voient un fainéant vivre de leur travail. Ceux des travaux qui exigent la réunion de quatre personnes, il les rend impossibles. Les avantages de l'association sont en partie perdus; au lieu de la bonne amitié et de la concorde , il met entre eux la dispute et le désaccord.
Maintenant, au lieu d'une forge et de quatre forgerons , imagine la société civile et tous les citoyens , et tu comprendras le rôle qu'y jouent les méchants. Moi, au contraire, qui veux être un bon citoyen :
l"" J'obéirai aux lois. N'ont-elles pas
été faites pour le bien de tous, et le bien de tous n'est il pas afissi le mien?
2"" Je travaillerai de mon mieux à la conservation et au perfectionnement de la société,
3"" Je paierai les impôts nécessaires pour la sécurité et l'utilité communes.
4° Je servirai en outre de ma personne , en acceptant les magistratures môme gratuites , pourvu qu'elles soient utiles à l'Etat , en administrant les affaires de ma commune , en combattant pour le maintien de la tranquillité publique. Certainement la conscription est un grand poids ^ mais comment pourrait-on le diminuer? Si tous les hommes étaient bons , si tous connaissaient la justice et la pratiquaient: s'ils s aimaient tous entre eux , on n'aurait pas besoin de soldats. Faisons donc notre possible pour qu'un jour il en soit ainsi. En attendant ^ le citoyen qui, sans motifs valables, essaie de se sou-
straire à la copscription , trahit un de ses devoirs et porte préjudice aux autres , puisqu'ils doivent servir à sa place.
Comme bon citoyen , mon devoir est aussi de révéler les mauvaises actions qui peuvent nuire à tous. Vient-il à ma connaissance qu'un marchand se serve de fausses mesures; qu'un juge s'est laissé influencer par son amitié pour quelqu'un ou a vendu I4 justice; qu'im maître ^ employé de m£|uvais moyens pour obtenir sa p}acp , et gâté la jeunesse au lieu de l'élever : si je me tais , les bons souffrent et le méch^iit triomphe. Majs celui qqi , ^u lieu des actes, s'attaque aux inteptions ; celui qui cherche une interprétation cfipainelle aux actions d'autrui , et les dénonce , non dans l'intérêt du bien , mais pour rendre le subordonné suspect au supérieur, le sujet suspect au gouvernements et fomenter ainsi la discorde et
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là hbihfe, (Dêltii-là est uri espion, il [est ihfânie , et doit faire horretif •
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Un travers qu'un honnête hotiifale doit éviter, c'est de blâmer sans cesse le gouvernement, a Hum ! sous l'autre ^buvernemeiit ! Qui pourrait vivre sous dé telles lois! quel énorine biidget!
quels temjps! ces juge^ soiit autant de misérables! »
boùceniënt, doucement, baon ami; et si cels lois n'existaient pas? Et saiis l'àrgeht du budget comment entretenir les routes, les écoles, les hôpitàut?
comment payer les fonctionnaires? Ces juges t'ont donné tort, |)arce (Jue ta ^àttie adverse avait raison. Dans tout gouvernement il y a du bon et du mauvais , excepté dans ce royaume de Dieu doht nous dèinàndons chaque jour la venue
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dans nos prières. Murmure^ tempête^ jette les hauts cris; qu'y as-tu gagné?
Tu n'en que plus sensible au mal, comme celui qui souffre de la fièvre, et tu t'es mis toi-même en danger.
Crois- moi, celui qui gouverne en sait plus que toi ; et il n'y a point de gouvernement qui veuille le mal uniquement pour le plaisir du mal. Quand tu n'étais encore quen jaquette, tu trouvais ta mère méchante parce qu'elle t'empêchait d'approcher du feu ou du bord de l'eau , qu'elle ne te laissait pas manger tout ce que tu voulais. Le gou-vernement te paraîtra d'autant moins mauvais que tu seras plus honnête homme, et que les magistrats, les juges , la force armée , auront moins à s'occuper de toi. Persuadons-nous que nous sommes sur un bâtiment en mer.
Le pilote connaît son métier; s'il s'amusait à écouter les caprices de chaque passager à qui il tarde d'arriver , il jet-
terait le bâtiment à droite ou à gauche , souvent au milieu des écueils , et le bâtiment finirait par sombrer. Laissons donc faire le pilote. Mais comme de la marche régulière du bâtiment dépendent nos moyens de subsistance , notre sécurité et notre vie , il convient que nous y prenions intérêt 5 que nous obéissions aux ordres du capitaine , et qu'à l'occasion nous l'aidions de toutes nos forces.
J'ajouterai pourtant que l'équipage , pour se bien diriger et faire bonne route , doit regarder là-haut.