‹ Éducation morale populaireChapitre 19 sur 38 · LA FAMILLE · texte numérisé non relu

LA FAMILLE

Un père, une mère et leurs enfants forment une famille . L'union du mari et de la femme reçoit le nom de mariage.

Le mariage est un contrat civil , sanctionné par un sacrement. Le mari et la

femme se promettent fidélité ron à l'autre , de s'estimer ^ de se rendre heureux réciproquement , d'avoir et d'élever des enfants pour le bien de la société et pour le royaume à venir de Dieu ^.

^ Voici un tableau des principaux degrés de parenté :

Louis Dupré. Antoine ZeMoitc, Joséjpbïne Leblanc, fils de fils de femme Tavemier.

Henriette XeNonc, Charles Xe^toiiC fille de

femme Dupré. Piesve LOfianc.

Tous trois enfants de Paul Leblanc et Marie Gilet,

fils de Jacques Leblanc.

Dans ce tableau , ou , comme on dît, dans cet arbre généalogique, Jacques Leblanc est le grand-père de Charles, Henriette et Pierre. — Paul et Marie sont époux, et père et mère de Charles, Henriette et Pierre , qui sont frères et sœur. — Antoine est fils de Charles ; Louis et Joséphine sont neveu et nièce de Charles. — Le mari d'Henriette et la femme de Pierre sont beau-frère et belle-sœur de Charles. — Louis , Antoine , Joséphine , sont cousins et cousine entre eux.-— Charles est oncle de Joséphine et Louis, comme Henriette et Pierre sont tante et oncle d"* Antoine. — Les enfants de Louis et Joséphine seront petits-neveux de Charles; cousins, au second

Prendre femme avant d'avoir assuré des moyens d'existence pour soi , pour elle, et pour les enfants qui peuvent naître, qu'est-ce autre chose qu'augmenter le nombre des êtres souffrants et qui sont dans le besoin? Il vaut mieux dire : Malheureux que je suis I que Malheureux que nous sommes !

On ne se décide pas à un acte si im« portant que le mariage^ on ne contracte pas ce lien indissoluble , sans le consentement de ses parents et sans avoir bien examiné si la compagne dont on fait choix possède les qualités nécessaires pour faire le bonheur d'un mari.

Il y a des gens qui ne regardent qu'à une grosse dot , d'autres qui courent après une coquette ; ils s'en repentiront plus tard. La dot indispensable, c'est la

degré, d^Antoine, et cousins, entre eux, au troisième degré. — Jacques est beau-père de Marie, qui est sa bru ou belle-fille ; et Paul est gendre ou beau-fils du père de Marie,

vertu , ensuite vient la douceur de caractère, le reste n'est qu'accessoire.

Un mari énumérait à un philosophe tous les avantages que sa femme lui avait apportés en dot : beauté , richesse, esprit, naissance, parenté, éducation; et le philosophe à chaque avantage nouveau posait un zéro. Le mari termine en disant que sa femme est douce de caractère , le philosophe alors pose un 1 devant tous les zéros , qui acquièrent ainsi une valeur immense.

Heureux le ménage où le mari et la femme vivent en parfaite harmonie; mais là où manque le bon accord, c'est un enfer.

Le mari et la femme sont égaux. La femme ne doit pas se regarder comme l'esclave du mari , mais comme sa compagne. Cependant , comme elle est plus faible et qu'elle a en général moins d'expérience , elle lui doit la déférence qu'un frère cadet a pour son aîné. Tous

-^ 149 «^ les deux doivent se chérir , avoir confiance entière Ton dans Tautre , se faire de mutuels sacrifices , se prêter assi stance dans les besoins^ dans les maladies, échanger leurs consolations dans le malheur, c'est le moyen de doubler leurs jou issances et d^alléger leurs maux .

Le mari doit à sa femme amour, estime et protection; il doit pourvoir à sa subsistance et à celles de leurs enfants.

La femme doit être fidèle à ses devoirs , sans détours , patiente et modeste , se rappeler que les hommes gagnent le bien et que les femmes le conservent; ses tendres soins, ses attentions affectueuses , doivent payer son mari de la protection qu'elle eu reçoit.

Le soin que les parents prennent de leurs enfants leur donne sur eux une autorité qui est en outre confirmée par les lois. La loi veut que les enfants , jusqu'à l'âge de vingt et un ans, se considèrent comme mineurs ou en tutelle ,

c'est-à*dire ne puissent contracter au^ can engagement sans le consentement de leurs parents, ou, à défaut de ceuxci, dun tuteur. A la mort des parents, le fils leur succède par droit d'hérédité, c'est-à-dire qu'il entre en possession de leurs biens, sous les conditions exprimées dans leur testament, ou fixées par la loi.

ÉDUCATIOir.

Celui qui ne donnerait à ses enfants que la vie leur donnerait trop peu. Un père et une mère sont l'image de DieU) et Dieu ne s'est pas contenté de créer le monde ; il veille à sa conservation et le dirige. De leur côté, les parents doivent élever leurs enfants de manière à les rendre robustes ^ sociables, instruits.

Vous les voulez robustes , faites-leur prendre l'habitude d'une viesobre, d'un

exercice modéré, du travail. Tenez-les à l'abri des accidents , mais sans leur en inspirer trop de frayeur, développez plutôt en eux le courage.

Pour les rendre sociables, faites-leur prendre l'habitude de plaindre, de secourir leurs semblables , de ne pas faire à autrui ce qu'eux-mêmes ne voudraient pas qu'il leur fût fait. Exercez-les à la patience, assurez-leur une profession, un métier.

Occupez-vous de leur instruction, avec cette pensée toutefois que le monde a plus besoin d'honnêtes gens que^ de docteurs. L'instruction vraie, indispensable, celle que vous seriez coupable de négliger, consiste à leur enseigner les principes de la religion, à lire, écrire, calculer, à lespréserver des erreurs, des préjugés, des croyances superstitieuses*

Voulez- vous les former à la vertu , veillez sur leurs passions naissantes et dirigez-les vers le bien. Ne leur passez

-^ 153 «^ aacan défaut. Inspirez-leur Famour des œuvres uliles et nobles, en leur signalant ceux qui font le bien et quelles conséquences découlent d' une bon ne action . Dispensez à propos l'éloge et le blàme; veillez sur leurs liaisons avec des camarades. Aimez-les d'un amour impartial, avec tendresse, mais sans aveuglement. N'exigez pas d'un enfant de fc conduire en homme, maisde se souvenir qu'un jour il deviendra un homme.

Dans votre lâchevousréussirez mieux

en employant les exemples que les paroles, et surtout en leur apprenant à craindre Dieu.

Pères et mères, le meilleur héritage que vous puissiez laisser à vos enfants, c'est une bonne éducation. Inspirezleur la soumission, faites qu'ils vous aiment et aient confiance en vous, qu'ils aient en eux un moyen de pourvoir à leurs besoins. Vous vous épargnerez à vous-mêmes une foule de chagrins.

parce que, mieux l'homme a été élevé, meilleur il est, et vous pouvez compter que, dans votre vieillesse, ils vous paieront par leur amour et par leur assistance.

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