‹ Éducation morale populaireChapitre 25 sur 38 · DOMESTIQUES ET MAITRES · texte numérisé non relu

DOMESTIQUES ET MAITRES

Le domestique est un homme d'une condition pauvre, qui, n'ayant pas de meilleur métier ^ se place auprès d'un homme riche pour faire les choses que celui-ci n'aimepoint à faire lui-même. C'est un contrat où les conditions sont réglées ; mais il y a toujours convention tacite que le domestique obéira dans la limite

de ses forces et sans manquer aux devoirs de rhonnête homme; et que le maître veillera sur la santé et sur la moralité du domestique.

Le bon maître sait que le domestique a été créé son égal ; en conséqut nce , il le traite avec humanité; il le regarde comme un membre de sa famille; il ne le renvoie pas pour un léger motif; il ne lui commande que des choses justes et honnêtes; il lui enseigne celles qu'il ne sait pas ; il ne le laisse pas manquer du nécessaire , ni même des aises et des plaisirs dont la besogne ne souffre pas. Il se garde d'user de trop de familiarité , ce qui porterait le domestique à manquer de respect; il se fie à lui sans pourtant fermer les yeux sur sa conduite ; il ne lui donne pas de mauvais exemples; il ne l'abandonne ni dans ses infirmités , ni dans la vieillesse^ et il a pour conviction : les bons maitres font les bons valets.

Le domestique honnête homme sait qu'il ne doit point obéissance à son maître quand celui-ci lui commande quelque chose qui peut porter préjudice à sa moralité , ou mettre sa vie en péril. Pour le reste , il est soumis , respectueux, fidèle même dans les plus petites choses. Il retient sa langue ; il garde et défend son maître dans sa vie , dans ses biens, dans son honneur. On a vu des domestiques , et les exemples sont nombreux , ne pas vouloir quitter leurs maîtres tombés dans le malheur , continuer- à les servir , et même les nourrir par leur propre travail.

Ces recommandations s'appliquent également à ceux qui sont employés dans une boutique ou qui cultivent un champ pour autrui. J'ai connu un excellent vieillard qui disait aux maîtres :

« N'employez pas celui dont vous vous méfiez ; ne vous méfiez pas de celui que yous employez ; » et aux domestiques :

« Ou sers comme un êerf, ou fuis comme eerf. »

Lvn.

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