‹ Éducation morale populaireChapitre 27 sur 38 · LES ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

LES ECCLÉSIASTIQUES

Les prêtres sont les interprètes de la volonté de Dieu , ils sont les médiateurs entre nous et lui. Remplis de science et de vertu , ils répandent la vérité avec zèle et discernement, ils

s'opposent à la propagation de Terreur, au triomphe des mauvaises mœurs. Ils renoncent aux douceurs de la famille, afin d'avoir pour famille tous les enfants de Jésus -Christ. Les pauvres ont recours à eux pour des secours; ceux qui sont dans l'embarras pour des conseils les malades pour des encouragements.

Us annoncent aux puissants de la terre la vérité , au nom de Dieu ; ils instruisent les ignorants , prennent la défense des opprimés, réconcilient les ennemis.

Du haut delà chaire^ ils enseignent les devoirs de tous , et dans le confessionnal ils en font l'application au cas particulier de chacun. Ce sont eux qui, par le baptême , nous ont rendus les frères de tous les chrétiens, eux qui nous assisteront au lit de mort, eux qui, après notre mort, prieront encore pour nous et nous seront en aide. Combien il leur est dû de respect ! que leur mis- , sion est divine !

LES FBMMBS.

C'est aux femmes que nous devons la vie , notre première nourriture , les premiers secours affectueux , et nous n'aurions pas pour elles tous les égards imaginables !

Leur constitution, leurs habitudes les rendent plus délicates que nous ; elles sont sujettes à plus de maladies ; elles ont moins de distractions. L'homme est leur protecteur naturel. Combien il est méprisable celui qui, au contraire, se fait leur tyran , celui qui les afflige , celui qui ne leur prodigue pas tous les égards, tous les soins!

La sensibilité de leur àme les rend compatissantes pour toutes les misères; vous le%, voyez assidues au chevet des malades , et là où est une femme , le pauvre ne souffre point. Celui qui abuse de leur sensibilité pour leur préparer la

remords et le déshonneur est un lâche.

Qui de vous ne se sent ému en pen-« sant à sa mère , à ses sœurs? Pensez à elles . dans yos rapports avec les autres femmes^ et demandez - vous ce qu'il TOUS semblerait d'un chagrin qui leur serait causé , d'un outrage qu'il leui* serait fait.

Rappelez -JYOus, mes amis, que de votre règle de conduite avec les femmes résulteront ou les moments les plus heureux , ou les tourments les plus horrî-* bles , et les remords les-plus cuisants de votre vie entière. Mes amis , un jour vous me comprendrez mieux , et vous direz : « Il avait bien raison. »

UIS AlBUX ST LA POSTÉjRITi:

Tu descends d'une noble famille , et tu en conçois de l'orgueil. Insensé !

Est-ce que par hasard le mérite de teê

aïeux est le tien? Et, s il ne t'appartient pas , comment peux-tu en tirer vanité?

Tes aïeux se sont illustrés par leur courage à la guerre , par leur sagesse dans les conseils, par leur intégrité dans la magistrature ; ils se sont rendus vénérables dans FÉglise ? Honore leur mémoire , mais sans prétendre que les contemporains respectent en toi les vertus que possédèrent tes aïeux et que tu n'as pas. Lu vertu ne se transmet pas avec le sang. Tu sors d'illustre maison?

La société exigera de toi plus d'élévation dans les sentiments et plus de bonté ; autrement elle te mésestimera à juste titre. Uhonneur remerU à qui Va gagné.

Nous devons cependant à ceux qui nous ont précédé dans ce monde , de nous montrer reconnaissants pour tout le bien que nous en avons reçu, au lieu d'insulter à ce qu'ils ont fait de mal.

L'étude de l'histoire ne nous révèle que

trop d'abus , d'actions blâmables , de crimes parmi nos aïeux; ils avaient des préjugés dont nous nous sommes délivrés , notre savoir est supérieur au leur, notre manière de vivre plus confortable. Bénissons la Providence qui fait sans cesse progresser le genre humain vers la justice et la vérité , mais ne méprisons pas pourcek ceux qui vécurent avant nous. A quel point en serionsnous encore, s'ils n'avaient point fait tant de belles découvertes, s'ils ne nous avaient enseigné tant de vérités ? Des villes bâties, les fleuves contenus dans leur lit , des routes ouvertes , des théâtres pour le délassement , des fortifica* tions pour la défense , des églises pour le culte , des écoles, des lois, des préceptes , tout cela nous le tenons d*eux.

Soyons -en reconnaissants , et que cette reconnaissance consiste à transmettre à ceux qui viendront après nous

la masse de bienfaits que nous avons

reçus de nos aïeux , en y ajoutant seloa notre pouvoir ; car , en effet , tous les hommes qui passent sur la terre ne forment qu'une famille dans quelque siècle qu'ils soient appelés à yivre.

Lors donc que nous commençons une entreprise j ne nous en laissons pas dé«tourner par cette pensée que Futilité n'en sera pas pour nous. L'utilité ea sera pour nos descendants qui nous bé^ niront. Quand ce noyer que je plante donnera des fruits , je serai poussière.

Qu'importe ? moi aussi je récolte les fruits d'arbres que je n'ai pas plantés.

L'instruction que je donne à ces petits enfants qui me sont confiés , ne profitera qu'à la génération à venir. Néan« moins^ c'est mon devoir de les élever; car les hommes qui sont encore à naître sont aussi mes frères.

En portant nos regards dans l'avenir, nous nous sentirons plus forts contre l'ingratitude des contemporains^

contre le mauvais succès que pourront avoir nos projets pour le bien, et contre la calomnie qui s'atCachera à nos bonnes intentions. Le bien n'est jamais perdu.

S'il ne sert pas aujourd'hui et à nous, il servira dans l'avenir à d'autres, à nos enfants et à nos frères.

LES AlflMAUX.

Eh quoi ! nous aurions aussi des devoirs envers les animaux ?

Certainement; ne sont^ls pas aussi des créatures de Dieu? Ne lit*on pa« dans l'Ecriture : Le juste respecte la %>ie de ses hétes de somme ? Quand Dieu donna àlhomme l'empire sur les animaux, certainement il ne lui accorda pas la permission de les faire souffrir sans nécessité. Tu fais donc mal si tu ne pourvois pas à la nourriture et à la conservation de ceux qui te servent, si tu

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leur imposes des fatigues au-dessus de leurs forces, ou bien encore si tu prends plaisir à les tourmenter. Et comme tout péché porte avec soi sa punition, celui qui est sans pitié pour les animaux, s'habitue à la dureté de cœur, et finit pardevenircruelaussi pour les hommes.

Mon ami , tu n'es peut-être pas encore en état de rendre service à tes semblables, rends du moins service aux animaux, et commence à goûler la douceur de faire du bien. Henriette rencontra un agneau égaré; elle le reconduisit à la bergerie. Elle vit un chien qui boitait, elle le soigna. Elle a empêché un petit méchant de jeter bas un nid d'hirondelles qui est au-dessus de sa porte.

L'hiver , elle sème à terre les miettes de son pain pour les petits oiseaux affamés.

Henriette ne peut pas même souffrir qu'on ne respecte pas les objets inanimés. Les belles plantes, l'herbe verdoyante , elle les regarde avec complai-^

sance , et elle ne voudrait pas les voir gâter. Un jour elle vit une touffe d'œillets qui se fanait et penchait la tête; elle courut l'arroser ; les œillets redevinrent beaux. Henriette se réjouit en pensant que ceux qui verraient les œillets auraient du plaisir et eh remercieraient le Seigneur.

CHOIX d'un État.

Pour le moment, mes amis, vous avez quelqu'un qui pense à vous. Mais plustardl'instantviendra de vous choisir un état , dans lequel vous puissiez vous suffire à vous-même et rendre service à la société. Votre bonheur à venir dépend en grande partie de ce choix; vous ne pouvez donc y songer trop mûrement.

Avant tout, recommandez - vous à celui qui est la source de toute lumière,

ftfln qu'il daigne vous faire eonnattre l'état qui est Térilablement votre lot.

Prenez ensuite avis de vos parents ou de votre tuteur. Ils ont l'expérience du monde, ils connaissent votre capacité, votre caractère, vos dispositions. Ils sont hons , ils vous aiment; ils ne voudraient pas faire violence à votre goût, mais seulement le diriger. Ils vous donneront un conseil. Il vous mettront sous les yeux les avantages et les désavantages des différents états. Vous trouverez parfois qu'ils raisonnent de travers, parce qu'ils raisonnent dans un sens contraire à ce que vous désirez ; mais persuadez -vous bien que la jeunesse voit les choses d'un autre œil queTâge mûr. Elle s'attache aux roses apparentes, elle ne regarde pas aux épines cachées.

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